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 Se brûler les ailes... [14 octobre 2010]

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Melicerte Kerozène
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MessageSujet: Se brûler les ailes... [14 octobre 2010]   Ven 3 Sep 2010 - 11:38


- Coupez la lumière.

La nuit s'épaissit un peu plus lorsque le sergent Mac Magnus éteint le plafonnier, ouvre la fenêtre et jette sa clope sur le trottoir humide. Plongés dans l'obscurité anonyme de la fourgonnette banalisée, nous sommes deux ombres parmi les ombres.
J'ouvre la boite à gant et laisse débarouler le merdier qu'elle contient sur mes genoux, à savoir des papiers gras, une canette vide, un résidu de plat à emporter, des pièces métalliques et une quinzaine d'ampoules pour phare, avant de mettre la main sur la paire de jumelles à infrarouges.

- Bon voyons ce que ça donne.

Le lecteur optique calcule l'intensification nécessaire à un verdissement adéquat de la situation. Je braque les lunettes sur la rue et parcours les environs avec méthode. Rien, rien, rien. C'est trop calme diraient certains.
Je modifie mon assise sur le siège inconfortable pour détailler la structure sur le coté. La vieille bâtisse en brique ne présente aucun signe de vie. Vieux manoir retranché derrière un jardin sauvage, lui-même contenu par une grille en fer forgé qui a sans doute connu de meilleurs jours.

- Les gars du GREM ont dit vrai, ce taudis a l'air désert. Parfait, idéal pour installer le matériel de surveillance...

Le sergent tapote distraitement sur le volant. Je l'entends farfouiller dans sa poche de poitrine pour tirer une autre cigarette et froisser l'emballage vide qui atterrit vers la boite à gant (poubelle officielle de ce van sans âme)… c'est-à-dire sur mes cuisses.

- Hé connard ! Regarde ou tu jettes tes merdes !
- Désolé lieutenant, la force de l'habitude.
- Tsss.

Le S2AM… tous des brutasses dont la devise est sans doute "ne passe pas derrière moi" qui s'applique à tous les niveaux, équipement, chiottes, femmes, charpie de tango laissée après la fusillade, etc. S'il continue à me faire crisser les dents, je vais lui jouer un air de Midnight Tango dont il se souviendra tous les matins en se regardant dans le miroir.
Mais pour le moment…

- Bon ça à l'air ok. Transmettez au major, on passe à la phase deux et prévenez les gars derrière pour leur dire qu'on se déploie.
- .. vos ordres…mâchonne t-il en même temps que le filtre de sa clope qu'il s'applique à allumer.

Il cogne trois fois contre la cloison métallique qui nous sépare de l'arrière du fourgon et attrape une radio sur le coté pour établir la communication.

J'ouvre la portière et descend dans le noir. L'air frais d'un début d'automne vengeur me fouette le visage au moment où je prends pieds sur le trottoir. Il y flotte l'odeur douceâtre de l'essence qui semble impregner le moindre recoin de ce van. Par précaution, j'attrape le MP5 entre les deux sièges et le passe en bandoulière.
Les bourrins sont censés me couvrir avec mon équipe pendant qu'on bricole là dedans, mais j'aime sortir couverte, surtout pour ce genre de mission. Je fais quelques pas en direction du portail. Il n'est pas cadenassé et s'ouvre sans même grincer. Tiens curieux ? Pendant ce temps, la porte arrière du van s'ouvre et…

- VLAAAAM !! –

Air chaud, une boule de feu orange qui me poignarde la rétine, le souffle dévastateur, giclée tiède sur le visage et un impact sourd dans la poitrine… non le dos… non les jambes. Putain ma tête ! J'ai la gorge irradiée de chaleur, les tympans meurtris et les yeux en train de jaillir hors de leurs orbites.
Je n'arrive plus à bouger. Mes doigts glissent. Mon bras est mort ! Non, je suis juste allongée sur le ventre, empêtrée dans mon équipement. Des tremblements agitent ma carcasse fumante, je tente de trouver quelques larmes pour humecter mes globes secs.
Lorsque je parviens à distinguer l'envers et l'endroit, je tente de ramper sur la paroi pâteuse qu'est devenue le sol. Mon esprit analytique prend lentement conscience que je viens de survivre in extremis à l'explosion de notre véhicule parti en torche, nappé d'une fumée épaisse et de débris calcinés craquants. Suis-je la seule ?

- Hac Hagnus ! Pas de réponse.

Ma gorge me brûle !! Je parviens à rouler sur le dos et à ne pas gémir lorsqu'une déchirure vive se révèle entre mes omoplates. Merde, merde merde ! Qui a fait ça ? Qui pouvait savoir ?! Quand ? Comment ?! Putain ! Il faut que je décampe d'ici. Que je prévienne le QG. Et surtout, que je me retappe !

Tremblante, à gestes lents, je parviens à me couler dans les ombres du jardin. Mes doigts gourds cherchent la seringue de diazepam dans ma sacoche pour me calmer.
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Ayu Horrow
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MessageSujet: Re: Se brûler les ailes... [14 octobre 2010]   Ven 3 Sep 2010 - 20:12

Personne ne savait ce qu'il faisait là et surtout pas Sey, toujours est-il qu'encore une fois et ce un an ou deux depuis sa dernière visite, Ayu s'était rendu dans le manoir où il avait passé sa petite enfance pour une raison que lui seul connaissait et qu'il refusait de dévoiler. Sey en était donc à attendre que l'esprit daigne lui rendre son corps et son apparence tout en cherchant à connaitre les raisons qui motivaient son colocataire psychopathe et comme il fallait s'y attendre, il n'y en avait aucune qui lui sembla valable. L'intérieur de la bâtisse avait prit un sacré coup de vieux depuis la dernière fois qu'ils y étaient venus et à bien y réfléchir il n'était certainement pas normal que quelques années avant elle eut été en assez bon état pour qu'on l'ait cru inhabité depuis la veille à peine... Après tout elle accusait tout de même les trois cent ou quatre cent ans... Elle devait donc être aussi hanté que les rumeurs le disaient, après tout rien d'étonnant... Entre les rituels de magie noire qui avaient été pratiqués ici et le fait qu'ils soient à Heaven... C'était déjà suffisant a tout expliquer...

L'esprit était monté à l'étage, s'arrêtant parfois dans une pièce, observant un mur, une tapisserie, lesquels ne ressemblant évidemment plus à grand chose mais Ayu semblait les trouver à son gout. Après un temps qui sembla interminable au pauvre Sey qui prit finalement la décision de ne plus chercher à comprendre les raisons qui motivaient l'esprit, attendre qu'il ne lui rendre son corps était encore le plus sage à faire. Mais c'était sans compter sur d'autres évènements qui allaient venir troubler le calme de la rue.

Ayu s'était adossé à un mur et avait sortit une petite bouteille dont le contenu s'il évoquait une boisson alcoolisée n'était qu'un simple jus de fruits. Il avait porté le goulot à ses lèvres mais avant d'avoir pu avaler la moindre goutte de son contenu avait été interrompu par un bruit qu'il connaissait plutôt bien et pour cause. L'esprit n'avait pas eut besoin de se diriger vers la fenêtre pour apercevoir une forte lumière accompagnant le bruit. Une fois devant les vitres sales il distinguait sans mal quelque chose de volumineux qui semblait cramer... Si quelqu'un de distrait comme lui l'avait remarqué... Alors c'était le cas de tout ce qui vivait dans le périmètre...


-Personne n'est donc au courant que le seul à avoir le droit de tout faire sauter c'est moi?

Râla l'esprit qui descendait déjà afin de se rendre à l'extérieur (quoique sauter par la fenêtre ait pu être une option envisageable.) Il poussa la lourde porte en chêne qui grinça comme pour signaler sa sortie à qui eut été proche et se dirigea vers le mur afin de quitter l'endroit par un endroit moins animé, sauf qu'un mouvement attira son attention dans un coin du jardin mal entretenu... Il resta un instant immobile, tentant d'identifier la chose... Sans doute un chat errant... Ou pas... Ouais ce chat errant était bien grand... Ayu s'approcha donc, gardant tout de même ses distances pour le cas ou il s'agisse d'un piège...

-Hey... C'est mon jardin, viens pas crever dedans toi!!!!

Tout en finesse bien sur.
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Melicerte Kerozène
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MessageSujet: Re: Se brûler les ailes... [14 octobre 2010]   Lun 6 Sep 2010 - 17:04

Je n'ai pas encore foutu la patte sur la seringue de diaz et j'ai toujours le palpitant qui fait des bonds lorsqu'une exclamation autoritaire achève de me crisper jusqu'aux fibrilles de mes nervures.
J'ai déjà encaissé du lourd et c'est bien involontairement que je lâche une rafale de 9mm en direction du manoir. Un tir maladroit. Les balles ricochent sur les briques, esquintent sans doute un peu de plâtre mais franchement, en terme balistique, c'est ce qu'on appelle un carton blanc.
Je relâche la pression de mon index. Et merde ce truc est en automatique ?! Où est la commande pour régler la cadence déjà ? Je tente de palper les contours du Mp5 de la main gauche tout en me décalant de quelques pas de coté pour me planquer "un peu" mieux.
Mes oreilles bourdonnent encore alors j'ai du mal à estimer si la détonation était très audible mais ce qui est clair, c'est que je viens de révéler ma position et…

Mais qu'est ce que je raconte moi ! T'es déjà repérée ma vieille !! C'est pour ça que ce gonze est sorti de cette baraque prétendument déserte pour me alpaguer. Mon cerveau fait tilt : c'est un piège. Bravo Kéro, 10/10 en jugeote des situations post-attentat. Ça mérite une médaille ça.

Merde, qu'est ce que je fais maintenant ? Si ça se trouve, y'a une dizaine de péquins en embuscade qui m'attendent pour m'en foutre plein la tronche. Mais alors pourquoi il s'est montré lui ? Peut-être parce qu'il ne savent pas si je suis en état de me défendre. Bon sang. Il faut que je sois d'une impeccable subtilité. Je serre les dents.

- Restez où vous êtes ! Je suis armée et entraînée ! Et… je n'hésiterai pas à faire feu !!

Alors là, bravo, 100% psychologique. Sûr qu'ils vont tous chier dans leur froc. J'ai toujours été nulle en action.

Je me replie sur moi-même dans l'attente d'une réponse, tripatouillant la sangle du pistolet mitrailleur à m'en râper les phalanges. Je sens une coulée tiède dans le dos. Je dois avoir une plaie, quelque chose qui saigne et qui va nécessiter un examen le plus tôt possible. Cette situation ne doit pas s'éterniser ou je vais tomber à cause des pertes de sang.
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Ayu Horrow
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MessageSujet: Re: Se brûler les ailes... [14 octobre 2010]   Mar 7 Sep 2010 - 14:59

Eh bien, quelle réaction... Ayu était davantage habitué à provoquer du mépris ou des rires moqueurs que de la nervosité en même temps après s'être fait sauté la tête même lui aurait été nerveux... Enfin je pense... La seule fois ou c'était arrivé après que sa propre explosion lui soit revenue en pleine tronche il avait juste tenté de tuer ensuite celui qui l'avait sauvé pour l'avoir dessapé... Le reste c'était que des détails... Bon... Cette étrangère venait de délabrer encore plus le manoir... Cependant, Ayu se garda bien de lui faire la moindre remarque, pas qu'il n'en eut pas l'intention, mais ce gros trouillard de Sey commençait à flipper.

"Casse toi Ayu!!!! Cette femme est armée!!!! Je tiens à mon corps!!!

Mais bien sur il en fallait bien plus pour faire réagir Ayu qui restait planté comme un piquet, indifférent aux risques qu'il courait... Après tout il était un esprit... Même s'il se faisait tirer dans le crane à bout portant il n'aurait pas la moindre égratignure... Bon par contre Sey ça serait autre chose mais on ne peut pas toujours éviter les pertes n'est-ce pas? Bon et après? C'était bien beau de faire face à cette nana mais si c'est juste pour la regarder sans rien faire ni rien dire avec la menace d'un joujou mortel qui peut tuer son colocataire humain à tout moment... Il pouvait très bien l'achever ou bien... La trainer jusqu'au QG et l'enfermer afin d'obtenir quelques infos... Après tout elle était une ennemie... L'esprit fut alors interrompu en pleine réflexion par le sujet de ses pensées... Mais bon sang les gonzesses ça sait pas se la fermer?

-Ta gueule fillette, je réfléchis!!

Non mais... Aucun respect... Sey lui pensait surtout que Ayu était de plus en plus cinglé et tentait désespérément de reprendre le contrôle de son corps mais en vint.... Ayu avait l'avantage quand il reprenait son apparence...

Se décidant enfin à prendre une décision avant que la femme soldat ne se décide à rebondir sur ses paroles et à le transformer en tas de viande bien saignant, l'esprit se précipita derrière elle. Ca n'était pas très dur après tout... Il était bien plus rapide que la majorité des humains... Et aux dernières nouvelles les soldats sont des humains.... La lame noire du sabre de Ayu vint caresser la gorge de l'autre tandis que de sa main libre il venait bloquer sa main armée. Si il n'était pas assez fort pour réellement la maintenir, il était dans une position idéale pour lui faire exploser le bras au moindre mouvement suspect.


-Dommage, je suis mieux entrainé que toi fillette, balance tes jouets et on va aller faire un petit tour tout les deux.... Tu peux aussi choisir de me résister et de mourir... A toi de voir...

[Sorry c'pas terrible mais ait eut du mal sur ce post, ne connaissant pas la position exacte de ton perso. Comme mes stats sont plutôt élevées j'ai donc joué là dessus]
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MessageSujet: Re: Se brûler les ailes... [14 octobre 2010]   Mar 7 Sep 2010 - 16:32

J'ai senti un très net courant d'air, juste avant que le rasoir glacial ne se plaque contre ma gorge ! Une goutte de sueur glacée roule le long de ma gouttière nasale et humecte ma lèvre supérieure d'une fine pellicule salée.
Tout à coup, je deviens très raide et très froide : ça, c'est la peur. Je suis pétrifiée. Tout à coup, mes blessures, les brûlures qui me démangent la peau du visage et les contusions, tout ça passe dans un anodin second plan.

Il n'y a plus rien !

Tous mes sens, toutes mes pensées, toutes mes sensations sont focalisées sur ce contact terrible : la lame si fine et ma gorge si fragile. Je ne me débats pas lorsque mon agresseur me saisit l'avant bras. A sa voix, je reconnais mon précédent et jusque là unique interlocuteur. A son inimitable manière de me traiter de fillette aussi ! Je serre les dents, c'est une position critique, pas le moment de se vexer pour si peu.

Très lentement et sans rien dire, je fais glisser la sangle du mp5 de mon épaule et l'attrape par le canon, bras tendu, pour bien montrer que je ne vais pas m'en servir. Tout aussi doucement, je le dépose dans l'herbe sur le coté et remonte entrecroiser mes doigts sur ma nuque. Aller respire calmement par la bouche, tâche de maîtriser les vestiges de ce qui faisait la régularité de ton rythme cardiaque.
C'est une position très inconfortable surtout avec cette plaie dans le dos dont je n'ai toujours pas pu mesurer la gravité mais je ne crois pas avoir trop d'option là !

J'ai perdu cette manche. Saleté, le coup était bien préparé. Mais une question reste en suspens dans mon esprit cartésien… comment ai-je pu être à ce point azimutée pour ne pas remarquer le déplacement de ce type ?! Je suis sûre qu'il était vers le porche un instant plus tôt et le voilà dans mon dos avec son tranchoir et ses sarcasmes.
Fallait que je sois vraiment sonnée... à moins que... à moins qu'il n'y ait cobras sous le gravier. Bon sang c'est très possible ! Les ennemis numéro 1 sont des créatures à mi chemin entre le délire phantasmagorique et des réminicences mythologiques. Les gars du Grem se sont fait berner, et moi avec. Peut-être qu'en tant qu'officier ils ne me tueront pas tout de suite. Oui... j'ai sans doute le grand espoir d'être torturée avant. Fort minable, pensé-je soudainement.

[hrp : ça me va très bien ^^ Bon vu que je suis immobilisée, tu peux me manipuler à loisir et me faire bouger ailleurs si tu le souhaites.]
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MessageSujet: Re: Se brûler les ailes... [14 octobre 2010]   Mar 7 Sep 2010 - 19:49

C'était facile... Bien trop facile, au point que Ayu se demanda un instant s'il ne s'agissait pas d'un piège, avant de chasser cette idée bien vite pour s'auto-congratuler lui même. La femme soldat était à priori désarmée, avant de s'en assurer l'esprit devait cependant immobiliser sa proie. Bien sur, n'ayant à la base prévu qu'une simple excursion dans le manoir, il n'était pas vraiment équipé. Il déboucla donc sa ceinture et s'en servit comme d'un lien qu'il passa autour des poignets de l'autre, les immobilisant derrière son dos. Il tâtonna ensuite pour trouver quelque chose qui pourrait servir d'arme, avant de carrément vider les poches de la fille au cas ou un objet d'apparence anodine puisse se révéler dangereux dans ses mains. Il était maintenant prêt à partir et à guider sa proie jusqu'au QG, il devait même faire vite, il n'avait que trop tardé et avec l'agitation qu'il y avait eut c'était un miracle qu'ils ne soient pas entourés de badauds et autres soldats...

Avant de partir, Ayu devait cependant masquer la vue de sa prisonnière afin qu'elle ne voie pas le chemin qu'ils empruntaient. Il arracha un lambeau de tissus des vêtements de sa proie, lesquels étaient de toutes façons irrécupérables puis lui passa ce bandeau improvisé devant les yeux, la rendant aveugle. Pour finir il attrapa le "jouet" de la femme soldat puis le transporta avec précaution, n'y connaissant rien dans ce genre de machin. Les membres de la résistances gagnaient une arme et lui évitait de laisser trop de traces.

Rejoindre le QG fut assez long... Ayu n'était déjà pas habitué à emprunter des chemins classiques tels que les rues mais avec une prisonnière aveugle et blessée il devenait impossible de passer par les toits et de franchir les murs... Il prit donc nombre de ruelles peu fréquentés afin de ne pas risquer de faire face à un soldat et après une longue marche arriva enfin face au QG.

Encore une fois la chance était du côté de Ayu qui ne croisa personne dans les couloirs. C'est que ici aussi il se faisait passer pour ce qu'il n'était pas. S'il croisait quelqu'un il ne manquerait pas d'être interrogé sur les raisons d'une telle initiative.
Au lieu de se rendre au coeur du QG, il emprunta un escalier qui menait aux sous-sols, inutilisés depuis un moment mais où il avait eut la surprise de découvrir des pièces aménagés en ce qui semblait être des cellules, le genre clichée, équipée de lits inconfortables et de chiottes insalubres. Sans doute un aménagement du dernier chef, quoi qu'il en soit il poussa la demoiselle dans l'une d'elle et reprit la ceinture. Il quitta ensuite la pièce en s'assurant de bien verrouiller la porte avant de glisser un "Bonne nuit Princesse" sur un ton ironique. Il abandonna ensuite sa prisonnière pour rejoindre son propre appartement, la laissant dans le noir et sans soin. Après tout il n'avait pas besoin de la torturer maintenant, la laisser mariner dans l'obscurité et sans savoir par qui et pourquoi elle avait été emmenée serait surement une épreuve assez difficile. Il reviendrait le lendemain... Du moins s'il ne l'oubliait pas....
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MessageSujet: Re: Se brûler les ailes... [14 octobre 2010]   Mer 8 Sep 2010 - 7:18

Hé j'ai mal ! Vas-y mollo toi ! Mes exclamations meurent dans ma gorge, comprimées par le mutisme que je m'impose mais un gémissement parvient à se tortiller hors de mes lèvres lorsque mon agresseur me relève d'autorité pour se mettre en route.

Mais où va-t-on ? J'ai l'impression qu'on marche pendant des kilomètres. Privée de la vue, mon ouïe devrait s'en trouver intensifiée mais mes oreilles ne cessent véritablement de siffler que lorsque l'on pénètre enfin dans un autre bâtiment.
Je n'ai aucun moyen de savoir où je suis, apparemment on a tourné dans tous les sens, évidemment pour me désorienter. Si ça se trouve, on est tout simplement revenus à la case départ… non je le saurais, il y aurait l'odeur d'essence brûlée et les crépitements. On est ailleurs, dans un intérieur humide qui sent légèrement le moisi et le café froid.

J'ai bien failli m'étaler quand on a pris l'escalier ! Ce foutu terroriste ne se soucie absolument pas de mon confort. Il se contente de me piloter d'une main ferme dans ce que je déduis être un genre de repaire.
Et puis finalement… de l'air sur le visage, un "bonne nuit princesse" et tchao tango. Liberté aux poignet dont je profite immédiatement pour arracher le bandeau qui me couvre les yeux. Les verrous cliquètent, voilà, c'est terminé.

Il me faut deux bonne minutes je pense, à papillonner dans l'obscurité avant de reconnaître les limites de ma cellule. Une petite pièce carrée et bétonnée. J'identifie un lit et ce que je prends pour un lavabo avant que l'odeur ne me fasse battre en retraite.

"Grand standing quatre étoiles avec option monastère…"

J'ai l'impression de puiser dans mes dernières forces pour me hisser sur la planche rêche maintenue d'équerre par deux chaînes. A l'armée, on vous apprend à dormir à chaque fois que le moment y est propice. Il faut saisir toutes les occasions possibles pour se régénérer, "surtout, surtout, avait insisté l'instructeur, quand vous êtes aux mains de l'ennemi !".
Seulement le manuel ne prévoit rien en ce qui concerne les blessures. Je ne peux pas m'allonger sur le dos ; trop douloureux. Je m'assois comme je peux et tente de palper mes blessures du bout des doigts. Ça fait un mal de chien !
Je ne crois pas qu'il y a de morceaux dedans mais je manque de m'évanouir en approchant de l'épicentre donc je n'ai aucun moyen d'en être sûre. Si la plaie est sale, elle s'infectera dans un délai de 6h à 12h. Ensuite si ce n'est pas soigné… fièvre, faiblesse, diarrhée et sans doute la mort.
A cette idée, ma gorge se noue. Je n'ai aucune envie de mourir et encore moins de cette manière !

Cœur battant, je lance un regard méchant à l'obscurité ambiante dans la direction que j'estime être celle de la porte. Si ce type reviens là, je lui saute à la gorge même s'il doit me découper en deux avec son machin… au moins je saurais pourquoi, quand et comment j'y passe. Ce sursaut de vigueur me redonne un peu de lucidité et de maîtrise mais amplifie aussi la douleur qui se répand de mes épaules aux reins.

Du calme, du calme. Faisons l'inventaire de ce qu'il me reste.

J'ouvre la fermeture éclair de ma combinaison pour m'assurer que l'alpha est toujours collée entre mes seins sous mon soutien gorge. L'artefact est bien en place, mon sésame pour entrer et sortir de cette maudite ville. Quand au reste… plus d'arme, plus de matériel médical, plus rien. Même pas un petit canif pour graver le temps qui passe… si tant est qu'on me permettre de distinguer le cycle jour/nuit.

Bon sang j'ai froid.

Je referme mon uniforme et remonte le col jusqu'au nez. Ça ne change pas grand-chose. Aux tremblements qui m'agitent et aux ondes de souffrance qui inondent mon dos de sueur glacée je comprends que je ne pourrai pas dormir.

J'ai froid.

La porte de la cellule me paraît infiniment distante. Je ne sais pas si je parviendrais à traverser l'espace qui m'en sépare pour attaquer mes ravisseurs. D'ailleurs, je ne sais même pas s'ils viendront.

Allons, bien sûr qu'ils vont venir ! Mais quand ?

Je me rappelle avoir déjà vécu ce genre de chose. De l'autre coté des barreaux. Je me souviens des piqûres de stimulant qu'on injectait aux sujets la nuit pour les empêcher de dormir et des vapeurs d'éther qu'on leur administrait à petite dose la journée pour les rendre encore plus vaseux.
Je me souviens des séances d'interrogatoire à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit. Ce couloir volontairement très long. Cette ampoule nue qui grésillait par intermittence. Et toujours garder un uniforme impeccable. Répéter les mêmes questions à chaque fois et noter scrupuleusement les réponses même si elles sont identiques.
En tant que scientifique, je ne participais pas directement au traitement des prisonniers, mais je m'assurais de leur suivi médical. Je savais exactement à quel moment le supplice dépassait la résistance d'un sujet.

Bon sang… je ne donnerai pas cher de ma peau là.

J'ai froid. J'ai mal.

Est-ce qu'on va m'apporter à manger ? Peut-être qu'ils vont simplement me détenir pour faire du chantage. Obtenir de ma libération des conditions avantageuses. Si c'est le cas, je suis foutue.
Je fais correctement mon travail mais personne ne m'apprécie vraiment et c'est réciproque. Je ne suis pas indispensable au labo, je ne dirige qu'une équipe réduite qui sera sans doute remise au commandement d'un autre sans qu'ils remarquent la transition.
Ils n'hésiteront pas à me sacrifier. Je le sais, je ferai pareil.
Bon évidemment, ils vont lancer des recherches, traquer les responsables de l'explosion… et quand ils interrogeront les cadavres, ils… non quand ils compteront les cadavres, ils verront que le mien n'est pas là. S'ils arrivent à reconstituer les morceaux...

Je suis glacée. Est-ce que j'ai déjà de la fièvre ? Je ne crois pas.

Est-ce que cette foutue porte va mourir… s'ouvrir un jour ?

Je n'ai pas la dent creuse du GREM pour me suicider, je n'ai pas les biceps du S2AM pour m'en tirer à la résistance… je suis juste une biochimiste en train de claquer des dents, recroquevillée sur le flanc sur cette planche, en proie à des incertitudes, à des peurs et des questions incessantes.

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Se brûler les ailes... [14 octobre 2010]
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