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 [CLOS] Péché pas mignon (Graëchen Doe) [24/12]

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Melicerte Kerozène
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MessageSujet: [CLOS] Péché pas mignon (Graëchen Doe) [24/12]   Jeu 13 Jan 2011 - 17:25

24/12 aux alentours de 18h -5°c

Ce qui est bien en hiver, c'est qu'on peut prendre l'air renfrogné sans que ça gène quiconque. Mieux même, on a droit des airs comptissants en entrant dans les commerces. Par exemple quand on pointe un index engourdi sous le nez d'un boulanger pour lui commander un truc gras et chaud à se coller dans le ventre. "Quel temps hein !". Ouais, ouais c'est ça. Passe la monnaie et garde ta philosophie de comptoir pour égayer ceux que ça intéresse.

Et moi, massacrante jusqu'à la pointe des cils, je fracasse à grandes enjambées l'élégante pellicule de glace qui s'est formée entre le trottoir et la rue, les doigts crispés autour d'un sachet en papier déjà translucide de beurre. Les filles vigiles de leur ligne vous diront que l'hiver autorise quelques mignardises pour compenser la dépense d'énergie causée par le froid. On peut être sous les drapeaux et garder sa coquetterie nan ?

D'ailleurs en parlant d'engagement… c'est LE sujet qui fâche en ce moment. D'un geste ample, j'enroule mon écharpe synthétique sponsorisée par l'armée de terre autour de mon nez coulant. C'est un de ces soirs où il gèle à fendre la pavasse. Il fait nuit depuis deux heures, une brume grisâtre nimbe les lampadaires de halos fantomatiques. Pas grand monde dans les rues. J'avance.

Un rire de mioche interrompt mes pensées. Une petite voix juvénile qui demande fébrilement à sa mère ce que va lui apporter son "papa noël" demain. Un instinct sardonique me pousse à lui répondre : "Pour ça, faudrait qu'il passe la barrière mon choux. Et dans les deux sens. S'il ressort, alors il a une capacité parapsychique et je le coffre pour le charcuter de la hotte au nombril". Mais comme il fait froid, je m'abstiens.

Un soupir de buée. Nan mais, j'en ai marre. J'en ai ma claque du service, des impératifs et des luttes de pouvoir au sein du SRDP. Sans compter Lacharogne et ses batonnets surgelés qu'il glisse toujours dans MES roues. Qu'on me file un père noël et je le flingue. Là, pour me détendre. Après je demande plus rien de l'année.

Alors que je tourne à l'angle d'une placette sans intérêt, je tombe, non pas sur un, mais sur une bonne dizaine barbus méphistophéliques ! Oui ! Une armée de petits pères tout contents. Depuis les sourires figés aux bedaines suspectes, ils sont tous rigoureusement identiques. Immobiles, sans vie, dégoulinant de bonheur, transpirant de connerie. Tous à 2 €. Je couve le plastique moulé d'un œil mauvais avant de relever la tête. Il y a d'autres étals dans la ruelle. Un haussement d'épaule me traverse. Quitte à traîner mes ruminations quelque part, pourquoi pas dans un marché ?
Je m'engage dans l'enfilade des éventaires. Les odeurs de friture et de vin chaud me rappellent confusément le motif de ma sortie et de mon errance, le tout enrobé d'une pagaille de souvenirs d'enfance.

M'arrêtant devant un camelot qui propose une série de figurines colorées d'un genre plus gothique, je vérifie d'un geste que personne n'a tenté de me joindre. L'écran du motorola reste vierge. J'ai paramétré le téléphone du labo pour qu'il renvoie les appels sur mon portable, donc c'est le calme plat. C'en est presque désespérant de voir que personne ne se soucie de ce que je fais le 24 décembre.
Bon c'est vrai, je n'attends pas de coup de fil de mes estimés "collègues", ma côte de popularité s'enroule en berne à mesure que le cortège de leurs reproches envahit les rapports.
Depuis le mois de novembre, j'en suis à deux rappels à l'ordre et une mise à pied. Tête brûlée moi ? Non, même pas. J'en viens juste à m'interroger sur mes choix de vie et les conséquences de mes rencontres hasardeuses. D'abord Graëchen Doe. Fascinante, envoûtante, endocriniennement perturbante. La belle affaire ! Elle ne m'a jamais contactée. Je commence donc logiquement à l'oublier, ce qui ne se fait pas sans une étrange sensation de gâchi.
Et puis cet étrange duo. L'enfant et la pieuvre-mère. Je boutique du louche. Assez pour passer le reste de mes jours à l'ombre. C'est sans doute ce qui me rend nerveuse… irritable… vaguement déprimée… et affamée.

Je froisse l'emballage dans la poche de mon gros manteau noir et mords à belles dents dans le croissant.
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MessageSujet: Re: [CLOS] Péché pas mignon (Graëchen Doe) [24/12]   Jeu 13 Jan 2011 - 20:07

[HRP : pas bien long mais avec un semblant (au moins) de consistance. Si il te manque des choses, je rajouterai avec plaisir ! ]

Le marché. Ce que je pouvais bien y foutre ? Mes courses. Cependant, la différence entre les commissions d'une pseudo-reine dans mon genre et des pseudo-citoyens lambda dans le vôtre, c'est que moi, mes commissions ce sont des informations. Au marché, les gens parlent, les gens errent... Et puis c'est plus facile de fuir dans l'épaisse foule de gens que dans un cimetière ou un bar. Dernier avantage du marché ; je pouvais faire de véritables courses en même temps... Le marché, disais-je donc. Le marché noir, devrais-je plutôt préciser. Un marché noir où fanatiques de magie noire pouvaient tout trouver (têtes réduites, organes desséchés, poudre de perlinpinpin...), un marché noir où certains produits technologiques filtraient : téléphones, ordinateurs... Et aussi : un marché noir où des greniers vidés s'étalaient sur des étals. C'était ce genre d'étals que je regardais. Je cherchais quelque chose pour ma montre. Le tic-tac, que j'avais oublié ces derniers jours, était plus fort et plus douloureux que d'habitude. Je cherchais une coque, ou n'importe quoi qui puisse m'isoler du mécanisme. En vain.

Pour en revenir à Mélicerte. Je ne pensais - presque - plus à elle. Nous nous étions quittées, souvenez-vous, sur une horrible fausse note. Elle m'avait ulcérée, agacée, mise hors de moi... Mais avec le temps je m'étais calmée - et du coup je ne me souvenais plus de ce qui m'avait tant énervé. Je me souvenais juste de ses offres. Et c'était ce souvenir là qui était remonté le long de mes souvenirs, annihilant les autres. Il fallait que je la re-contacte, mais jusque là, je n'avais ni pris le temps, ni eu l'envie, ni cherché des excuses à ce silence... Hypocrite et complètement manipulatrice, d'accord, mais tout de même : polie ! Mais là, son existence était loin, très loin de mes pensées...

Et puis : le drame. Au détour d'un étal : une chevelure blonde, à moitié engouffrée dans un... Tiens d'ailleurs, croissant ou pain au chocolat ? Bref : elle. Elle devait se les geler autant que moi. C'est peut-être bête, mais ma deuxième pensée (juste après : "oh merde, mais késs-elle-fou-là ?") fut que ce croissant, à une heure aussi avancée de la nuit (dix huit heures trois), m'écoeurait à distance. Du gras, du sucré, de la pâte... Moi et mon anorexie notoire avions l'estomac tout retourné. (Gastro time ? ~) Je ré-ajustai mon sac-à-main sur mon épaule et m'avançais vers elle. Je ne me pressais pas : premièrement, elle remarquerait probablement immédiatement que j'allais vers elle, mais ce n'était pas une raison pour qu'elle croie que je la cherchais. Deuxièmement, marchez avec des tallons dans la neige et vous comprendrez ma douleur...

- Bonsoir, lui dis-je en regardant d'un oeil intéressé l'étal devant lequel elle stagnait.

Rien d'intéressant chez ce marchand : essaie encore.

- Joyeux Noël, dis-je alors en tournant la tête et en souriant sincèrement.

Je pariais deux tournées qu'on finirait ce jour au bar, à picoler, encore une fois... On fonderait les SAPFA (Scientifiques Alcooliques Pas Franchement Anonymes) que ça ne m'étonnerai guère... Me souvenant de l'hésitation mal polie et pas super agréable de notre dernière entrevue, je lui tendais une main gantée de cuir (dont je n'ôtais pas le gant parce que je ne voulais pas avoir les mains grasse de débris de croissant) et attendais qu'elle ait fini d'essayer d'engloutir ce "machin".

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MessageSujet: Re: [CLOS] Péché pas mignon (Graëchen Doe) [24/12]   Ven 14 Jan 2011 - 15:37

Je suis complètement prise au débotté quand "le bonsoir" surgit du coté du comptoir. Le temps de tourner la tête et mes yeux s'arrondissent de surprise. L'intégralité de mes fluides corporels se chahute et s'égare sans cohérence. Le sang qui s'agglutine n'importe où, la légère perlée de sueur qui monte déjà à mon front et la salive qui déserte totalement mon palais.

Graëchen Doe !

Alors maintenant je voudrais vous y voir : la langue subitement sèche au pire moment ; engluée d'une demi-bouchée de pâte feuilletée. Je n'arrive même pas à avaler ! Cette boule collante devient un véritable bouchon. Mais les secondes filent et avec l'habileté consommée d'une lutteuse, elle m'assène un "Joyeux Noël !" sans concession (que je sois d'accord ou non) et me tend la main. Son mots-à-corps me laisse pantoise. Le toquant en chamade, je tente naïvement de répondre… mais les joues encore pleines, l'accolade tourne à un lamentable :

- Mmh ! Mmh mmH mMh, tandis que je transfère le contenu de ma main droite dans la gauche pour pouvoir la saluer dans un délai convenable. Bon sang Mélicerte…

Bon sang.

Je ne porte pas de gants moi-même, mes doigts bleuis parviennent à peine à lui serrer sa main. Je n'en retire aucune sensation, ni chaleur, ni contact. Normal ? Aussi sec, je renfourne l'engourdie dans ma poche et me force à mastiquer consciencieusement sans donner l'air de me dépêcher.
Dans le fond, c'est un sursis confortable, le temps pour moi de me recomposer.

Graëchen. Mais qu'est ce qu'elle fait ici ? Sans doute la même chose que moi. Coïncidence ou préméditation ? Il me revient en mémoire que je lui ai plus ou moins fait le même coup lors de notre dernière entrevue. Mais elle avait quand même gardé le dessus. Des bribes de vieilles impressions remontent à la surface. Cette fille garde toujours emprise sur les choses… ou alors, quand elle ne le peut vraiment pas, elle semble s'en distancier d'un simple battement de cil irrité.

Je n'ai pas envie d'être dévalorisée mais je n'ai pas non plus envie qu'elle s'éloigne. Ceci étant posé, il ne me reste qu'à choisir le moindre des deux maux et à déglutir posément.

- Je ne vous pensais pas la proie des traditions. (Puis, garnissant mon regard d'une étincelle et mes lèvres d'un sourire). Ça faisait longtemps Graëchen, j'ai cru que vous m'aviez biffé de votre liste. Mais je suis heureuse de vous recroiser… que ce soit par hasard ou à dessein.

C'est un peu culotté comme entrée en matière mais personne, pas même elle, ne me fera prononcer l'allocution habituelle des fêtes. Ça m'énerve, tout simplement. L'air de ne pas y toucher, je promène distraitement mon index sur la planche rugueuse qui sert de présentoir à l'éventaire minable. Je ne sais pas encore si j'ai envie de lui sauter à la gorge ou de me gorger d'elle. Mais je ne veux pas faire ma capricieuse.

- Joyeux Noël à vous aussi.

Bon ok, je l'ai dit.
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MessageSujet: Re: [CLOS] Péché pas mignon (Graëchen Doe) [24/12]   Ven 14 Jan 2011 - 19:16

[Love *-* Je crois bien que Mélicerte (ou toi) est la seule à respecter le caractère de Graëchen ! <3]

M'enfin ! Mais voyons, ce n'était pas parce que je lui souhaitais un "Joyeux Noël" que j'allais lui offrir un cadeau... À moins qu'elle ne veuille un de ces stupides père Noël en plastique rouge, fabriqué par un enfant de l'âge d'Edmond (tiens, il faudrait que j'y songe pour occuper ce sale môme...) dans des conditions de travail déplorables... M'enfin, je n'allais tout de même pas jeter la pierre à ces fous furieux de Chinois, après tout, ainsi, ils dominaient le monde... Simplement, mes convictions écologistes me poussaient à ne pas trouver leur démarche hyper-réglo... Pour en revenir à Mélicerte et à sa remarque insolente : Noël n'était qu'une date à laquelle tous les prix flambaient, les gamins devenaient chiants, et les parents stressés. Plus que la nouvelle année puis les soldes, et tout redeviendrait comme avant : les passants raseraient les murs pour éviter de mourir ; l'Ombre reviendrait en force..

Aussi je ne relevais pas son insinuation que je n'avais rien de mieux à foutre que de la suivre dans un marché comme celui-ci. Bon, peut-être. On était la veille de Noël, les rares hommes (ou femmes) avec lesquels j'aurais pu m'amuser un peu étaient tous avec leur famille ; Edmond était branché sur son ordinateur, et de toute façon il était inconcevable pour moi de passer une soirée entière avec lui - bien que je le savais il m'aurait acheté un cadeau (je lui en offrirais peut-être un si j'avais le temps et une idée) - donc, j'aurais pu décider de la suivre pour m'occuper. Mais, par sincérité, je me dois de vous le dire : ce n'était pas le cas. Si je l'avais filée, j'aurais commencé mes réflexions précédentes par : " Le marché. Ce que je pouvais bien y foutre ? Je poursuis une militaire dans des boutiques parce que comme j'ai pas d'amis, j'ai rien de mieux à faire un jour de fête. " Et vous voyez, je n'ai pas commencé mon post ainsi.

- Je ne vous avais pas oubliée, cela dit j'ai un emploi du temps surchargé.

Ce qui était faux... Ou à moitié vrai. J'aurais, dans un futur plutôt proche, un emploi du temps surchargé. Il était vrai que j'avais eu quelques rendez-vous, et que j'avais poursuivi mes recherches, mais j'avais eu plein de temps à moi... Elle n'était pas obligée de le savoir. Et au pire, elle était trop polie - pertinente pour oser me faire la remarque que "mentir, c'est le mal"...

- Alors...? Que fait une militaire le soir de Noël ?

Pause. J'avais surtout retenu qu'elle était militaire, même depuis notre dernière entrevue, mon estomac se souvenait qu'elle aimait bien le poison... Une scientifique dans l'âme... Quel gâchis d'avoir cédé aux militaires... Dans MON camp, elle aurait facilement une place de seconde ; une espèce d'assistante avec le salaire du joueur de foot et un challenge au quotidien... Et si jamais pour une raison quelconque elle ne devenais pas seconde en chef, elle pourrait toujours gérer le département des sciences... Bref : vraiment, vraiment dommage qu'elle ne soit pas chez MOI. Mais ça, ça peut s'arranger... Non ?

- En dehors d'essayer de gober une pâtisserie en une seule bouchée...? dis-je en désignant son croissant.

Moi, voyez-vous, je n'étais pas spécialement polie - pertinente... Plutôt carnassière - mégalomane... Et puis c'était Noël, j'avais bien le droit de m'offrir un petit cadeau. Une moquerie sans grande envergure ne la tuerait pas. Ou alors, ce serait con pour elle. Ne parlons pas de malheur... Il n'y avait pas un fabriquant de poupées vaudou dans le secteur ? J'aurais bien aimé en prendre deux : une à l'effigie d'Edmond, pour moi, et une à l'effigie d'Alexander pour Edmond. Ca serait un cadeau de Noël sympa, vu qu'Edmond ne supportait pas ce qui était mon garde du corps - ridicule amant. J'aurais voulu lui demander, mais quand même, j'allais la laisser grignoter (Manger autant et être aussi mince... Ca se valait autant que pas manger du tout et être squelettique... Ahem.) et je ne voulais pas lui donner de mauvaises idées...


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MessageSujet: Re: [CLOS] Péché pas mignon (Graëchen Doe) [24/12]   Sam 15 Jan 2011 - 8:43

[J'aime beaucoup l'idée que Graëchen pourrait (voudrait) tuer ceux qui l'entourent sans sourciller et sans pour autant se départir de cette étrange affabilité]

Profitant de ce que la conversation m'offre comme répit, je dissimule mon trouble derrière mon croissant luisant en mordant dedans d'un geste presque vengeur. Un emploi du temps trop chargé. Oui, bien entendu, le mien l'était également ! C'est une dérobade convenue, mais une dérobade tout de même. Qu'est ce que je peux y faire ? Strictement rien.
Et de toute façon, qu'est ce que je lui reproche ? Nous ne sommes pas proches. Au mieux liées par une association sans complicité. Je sens bien qu'il manque encore une pièce à l'assemblage. D'ailleurs je ne souris vraiment pas à sa remarque pourtant anodine. J'ai assez de tracas pour me pardonner toute déviation sur la pente glissante de la gourmandise.

- Comme vous le voyez, je vadrouille hors service. Il n'y a pas de Noël sous les drapeaux. Qu'un péquin trouve l'idée lumineuse de faire péter une bombe quelque part et on se retrouve sur le pied de guerre avec assez de grenades pendues aux dents pour renchérir dans le sanguinolent.

Je roule un œil chargé d'ironie sur cette grignette en manteau de mystère. Chaque brutasse du S2AM est un petit grain dans le moulin de mes sarcasmes. Oh, je n'ai rien contre une dégelée de plomb de temps en temps. Mais il faut admettre qu'à l'exercice de la gâchette, je préfère celui de l'aiguille et du scalpel.

- La méthode… -un soupir- Tenez, là, ce marché. (Je lève la paume) Un endroit idéal pour infliger des dégâts énormes. A mon avis, les terroristes, quels qu'ils soient, gagneraient à ne pas tenter de faire dégénérer ça en conflit ouvert. On a déjà vu ce que ça donne…

Je pense évidemment à l'assaut des troupes contre le QG de la "résistance". Et me voilà bien prolixe, à déballer mon sac sans qu'on ne me demande rien. Voilà bien le genre d'effet que Graëchen a sur moi. Et si elle s'en rend compte… Je décide de faire quelques pas de coté pour initier un début de mouvement.

- Et de votre coté, comment avancent vos travaux ?

Je ne me souviens évidemment pas de chaque détail de notre dernière conversation mais des impressions persistent. Mon déplacement me porte maintenant presque à hauteur d'épaule Graëchen, assez pour murmurer quelque chose ressemblant à :

- Ma proposition tient toujours. (Puis tout haut). Vous passez le réveillon en famille ?

Bah oui, quitte à lancer quelques phrases convenues, autant continuer sur cette lancée. Je ne suis pas très à l'aise à force de tenter de le paraître. Graëchen est cette écorchure sous le palais qu'on voudrait guérir à coup de langue. Mais on ne peut pas. Et pourtant dans ce paradoxe qui franchit allègrement les bordures de ma trahison maintenant presque assumée, la langue, c'est tout ce qu'il me reste.
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Graëchen Doe
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MessageSujet: Re: [CLOS] Péché pas mignon (Graëchen Doe) [24/12]   Sam 15 Jan 2011 - 21:09

Non mais elle me menace ?! Cool... Dire ouvertement que ce marché n'est pas sûr pour les "terroristes" (j'espère quand même qu'elle sait dans quoi je trempe ; j'avais souvenir de lui avoir lâché le tout de manière très peu explicite) devant moi, je le prenais en tant que menace. Mais ça mettait du piquant (dans une sauce déjà garnie de harissa) dans notre "relation". Ca faisait longtemps que personne n'avait osé me menacer (me faire du chantage ou juste me conseiller de ne pas trop abuser de sa patience...) que ça me manquait. Je vivais dans un monde déprimant. J'abusais volontairement des gens, parce que c'était dans mon caractère. Les gens qui le comprenaient se laissaient mollement faire et étaient inintéressants. Les gens qui ne comprenaient pas me donnait à peine de fil à retordre et devenaient par la suite, inintéressants... Cruelle existence qu'était la mienne. Dans un monde où toutes les personnes que je connaissais étaient aussi stupides et immatures qu'Edmond (et c'est peu dire !), je me retrouvais maîtresse du monde sans effort. C'était mon ambition, peut-être, mais il n'y avait aucun challenge. Et le challenge, c'est le bien.

C'était pour ça, voyez-vous, qu'il y avait cette espèce d'atmosphère sexuello-sensuello-charismato-dépendante avec Mélicerte. Elle était un véritable challenge paradoxal à elle toute seule. Je devais encore la convaincre (la séduire, ou encore : "lui bourrer le crâne") alors qu'il était clair (du moins à mes yeux) qu'elle était tombée dans mes filets et qu'elle ne se débattrait pas. Si seulement il n'y avait pas eu autant de convenances dans les relations sexuello-amoureuses, on aurait déjà trois enfants et un chien (parce que c'est comme ça et pas autrement) qui nous serviraient de cobayes pour nos expériences scientifiques et sociales. J'adorais ça ; mais j'étais à quelques années lumière de le reconnaître, alors sous mon habituel sourire carnassier je n'ai pas cillé quand elle s'est approchée de moi. Pourquoi j'aurais cillé de toute façon ? J'ai préféré plaisanter (encore que seul Edmond savait que je ne riais absolument pas) :

- Oh, si je passais une seule soirée avec ma "famille", mon petit frère se suiciderait avant que je ne le tue, et le grand ferait probablement un poème de cette scène étrange...

Pause. Sourire sincère : un tic que j'avais à la vue du sang, rigoler. Cette idée - pourtant réaliste - m'exaspérait autant qu'elle me faisait rire. Il était peut-être temps que je me mette à lui parler des poupées vaudou. J'était à peu près sûre qu'elle pourrait m'aider. Mais plutôt que de m'attarder sur ma misérable vie de famille que si ça ne dépendait que de moi (et un peu moins de mon sens du respect fraternel) j'exterminerais vite fait, j'ai préféré parler "affaires". Comment dire clairement mon état d'esprit, en parlant "d'affaires", quand je la voyais ? Pour reprendre ma métaphore de tout à l'heure (et en faire une toile d'araignée) si je ne voulais pas d'enfants, je voulais bien un chien.

- J'ai fait une pause dans mes recherches, j'avais besoin de "collaborateurs" et j'ai pris le temps de les rechercher... Ce fut probablement une erreur d'oublier de vous inviter... Qu'en pensez-vous ?

Je parlais trop, je le savais. Alors pour éviter de faire ma crise d'adolescence (c'est-à-dire me rouler en position foetale dans la rue et gémir toutes les peines que je gardais enfermées en moi depuis... Pratiquement vingt ans) en retard, je préférais fixer son croissant et de me dire à quel point je haïssais manger. De là, si on était en dehors de ma tête, il était assez difficile d'interpréter le regard méprisant avec lequel je foudroyais un croissant... Un café... Moi, si je mangeais ce truc gras qu'elle tenait entre ses mains, je voudrais un café. En plus, malgré mon manteau j'avais froid. J'ai voulu lui proposer, mais je me suis souvenue qu'il ne fallait pas que je dépasse mon quota de mots... Je lui ai juste fait un signe de tête et me suis mise à marcher.

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MessageSujet: Re: [CLOS] Péché pas mignon (Graëchen Doe) [24/12]   Dim 16 Jan 2011 - 16:50

Tandis que nos pas glissent sur la neige sale, je me laisse étourdir par un tas de pensées inutiles et de squelettes de questions claquant des rotules sur le pavé mouillé de mes incertitudes. J'ai en tête des images mortelles comme le suc de la digitale. J'aimerais peindre mes paupières à l'aconit et raviver mes pommettes d'un soupçon de datura. Et puis l'embrasser à pleine bouche, elle et son cynisme venimeux dont je ne cesse pourtant d'apprécier le mordant comme un papillon piégé par une drosera.
J'aimerais planter mes dents quelque part profondément en elle et laisser couler une forme de nectar toxique qui me brûlerait la gorge et les poumons à la prochaine inspiration.

Woh !

Méli faut absolument que tu arrêtes les viennoiseries, ça te file un instinct romantique complètement éculé. Mais ce n'est pas tout. Il émane de Graëchen une forme de pulsion destructrice que j'aurais envie de résumer par "Your God is Dead, No One Cares !". Je l'imagine sur le fil acéré d'un rasoir. Et moi ?
Pour ma part, je suis encore mal définie. J'oscille un peu entre "Like Two Strangers" et "Mad About You". Tout dépend l'angle sous lequel je regarde la silhouette qui marche à coté de moi.

Et tout ça à cause de quoi ? Deux malheureuses phrases qui, dans une bouche parfaitement innocente, pourraient paraître parfaitement anodines. Ça et la manière dont elle a poignardé mon croissant du regard comme s'il s'agissait d'un fétiche diabolique (aucune allusion religieuse là dedans, je crois juste qu'elle voudrait que je lui en file un bout tout en détestant cette idée…). Pour mettre fin à une partie du problème, j'engloutis le tout une bonne fois pour toutes.

Je mâche, elle remâche ses mots. Elle se retient, je le sens bien, d'ajouter quelque chose. Un détail important ? Elle attend sans doute d'abord ma réaction. C'est assez simple, je suis habituée à un genre de procédure qui vous intègre dans un système sans que vous en fassiez partie. Telle est la politique du SRPD. Officiellement, il ne s'est rien passé, personne ne vous a envoyé dans un sous-sol, sanglé sur une chaise inconfortable. Et pourtant, c'est moi qui glisse la seringue d'une fièvre maligne sous la saignée de votre coude. Voilà pourquoi, à peine quelques pas me suffisent pour répondre :

- Me convier à une réunion ? Tout dépend, j'imagine, si vous voulez que vos associés aient connaissance de mon existence ou non.

Pour ma part, je n'avais pas compris jusque là que l'entreprise de Graëchen, quelque qu'elle soit, était collective. En fait je ne m'y attendais pas parce que je n'y avais tout bonnement pas réfléchis. Mais en un sens, c'est logique. Probablement.
Ma langue passe plusieurs fois sur mes lèvres pour nettoyer les résidus éventuels, une miette se fait déloger au coin de mon expression songeuse. J'époussette mon lourd manteau à revers saccadés de main.

Nous dépassons un stand de vin chaud mais je n'ai pas la tête à ça. Nous dépassons un autre éventaire de composants informatiques corrodés par la poussière, la crasse et le laisser-aller d'une génération de geeks qui bouffent au-dessus de leurs claviers.

Tiens, ce n'est pas un marché de Noël ?

- Vous n'ignorez pas que je suis liée par des contradictions. Cela peut jouer contre moi si je suis à découverte.

Voudrait-elle me mettre dans cette position vulnérable ? Elle s'en délecterait sans aucun doute. A cette idée, je ne sais pas pourquoi, mais j'ai comme une bouffée d'excitation qui me remonte du fond du ventre. L'instinct de la confrontation.

Pour rester intacte, je dois prouver mon utilité. Mais a-t-elle autant besoin de moi que l'inéluctable addiction que je suis en train de me découvrir pour sa personnalité lysergique diéthylamidée ? Serai-je juste une refourgueuse, un contact, un appui… ou a-t-elle en tête d'autres desseins ? Je me sens prête à changer. Mais pas à tout concéder.

Nous arrivons à une intersection. Ma main droite vole soudainement devant sa poitrine, index tendu à l'horizontale. Je coule un regard vers la physicienne et sourit :

- Essayons cette ruelle.

[hrp : je sais que tu n'as pas parlé de réunion mais c'est la transposition automatique de Mélicerte pour le mot "inviter" qui suggère pour elle qu'il y a évènement.]
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MessageSujet: Re: [CLOS] Péché pas mignon (Graëchen Doe) [24/12]   Dim 16 Jan 2011 - 19:01

HRP : y a pas de souci tu sais, je rebondis bien clairement sur les pensées des autres... Du moment que c'est bien formulé et que ça touche pas des plans secrets (ou alors que LE personnage n'en sait rien même si je fais des commentaires dessus) moi je m'en fiche. C'est pas comme si t'avais écrit, je cite : "je venais de comprendre que Graëchen faisait partie de l'Ombre et lui tirai une balle dans la tête." (Encore que ça suffirait pas forcément...) Ah et je voulais te remercier : alors merci.

Une ruelle d'un côté de ma tête, et de l'autre ce bras. Commençons par la ruelle. C'était une ruelle, donc un chemin étroit, sombre puisqu'il faisait nuit, avec, comme un peu partout dans ce quartier, des dealeurs sous chaque porche. La question que je me posais en voyant un type caché derrière un lourd manteau bien trop grand pour ses petites jambes maigres à la Inspecteur Gadget (Note de l'auteur : c'est ridicule, j'arrive pas à cautionner que Graëchen ait pensé ça, mais je ne trouve aucun autre qualificatif...) fut : "Mais qu'est-ce qu'il peut bien cacher sous un manteau de trois fois sa taille ?" Je me demandais ce qui allait arriver si j'écoutais Mélicerte. Premièrement, je ne me sentais pas vraiment "chaude" à l'idée de m'engager dans ce qui pouvait aussi bien être un coupe-gorge qu'un cul de sac avec une militaire. Elle pouvait : me tuer, me torturer, m'assommer, me capturer, abuser de moi (mais là j'y croyais pas...). Mais d'un autre côté, si "une puissance intelligente et invisible" (HUME) me forçait à entrer là dedans, je préférais qu'elle soit là. Enfin je dis ça, je dis rien moi...

Ensuite, parlons de ce bras... Première réaction : réprimer le sursaut (il ne faudrait pas qu'elle pense qu'elle pouvait me faire sursauter). Ensuite : essayer de me retenir de lui foutre un coup (elle n'aurait pas eu bien mal, mais si on devait s'allier, il valait mieux que l'on ne s'arrache pas trop de cheveux). Elle n'avait pas à me dire ce que je devais faire et où je devais aller. Je n'avais pas eu de mère (ou de père) quand il aurait fallu qu'on me fixe des limites et maintenant je ne les supportais pas. Ce bras, c'était une limite. J'ai grincé des dents ; je ne sais pas si elle l'entendit, mais moi, ça me fit mal. Et puis pendant une seconde je pris tout de même ça pour une agression. Ce ne fut qu'après, quand je vis son index levé que je préférais me planter mes ongles dans la paume. Deuxième raison d'avoir mal.

D'un plan plus général, je regardais la ruelle d'un oeil plutôt méfiant et en même temps agacé. Il faisait trop sombre pour que je puisse me faire une idée. J'avais tout sauf envie d'aller me fourrer là-bas. Je n'imaginais même pas ce qui pouvait y avoir là-bas... Je ne "voulais" pas m'imaginer ce qui pouvait bien la pousser à y aller. Son chef ? Probablement pas, mais quelle autre explication ? Notez tout de même que jamais je ne pensais qu'elle pouvait juste avoir "envie" d'aller "là-bas". En fait cette supposition ne m'effleura même pas l'esprit à cause de sa phrase. "Essayons". "Essayer" sous-entendait (enfin dites-moi si je me trompe) qu'elle "cherchait" quelque chose et que si on "essayait" par là, on avait une chance de "trouver". Et je voyais mal ce qu'une scientifique militaire loin d'être idiote pourrait bien aller chercher dans une telle ruelle, à part son boss. MAIS, si je sentais que quelque chose n'allait pas (probablement dans le vide - paranoïa mon amie) il fallait que je fasse des... Compromis. Alors soit. On ira. J'ai haussé les épaules et me suis engouffrée dans la rue. Ce n'était pas une bonne idée. J'ai retenu mon soupir.

- Pour en revenir à mes collaborateurs ; ne vous bercez pas d'illusions, si je vous parle d'eux, c'est qu'ils vous connaissent déjà.

Oh bien sûr qu'elle allait exploser. Intérieurement du moins, j'en était quasiment certaine. Souvenez-vous de ma "réunion" avec mes "collaborateurs" : où je leur expliquais que j'avais une "connaissance" utile... L'intérêt de lui dire c'était que quelle que soit sa réaction : elle était impliquée. La seule solution qu'elle avait pour se débarrasser de cet engagement était de me tuer. C'était pour ça que je glissais ma main dans mon sac : sur son arme. Ca me décevrait d'avoir à la tuer avec sa propre arme. Mais au moins, ça voudrait dire qu'elle se serait suicidée. Pauvre Mélicerte. D'autant plus pauvre que plus je l'imaginais morte plus je souriais. Tic à propos du sang, vous savez...

- J'estime qu'il serait juste que vous les connaissiez aussi. Vous ne pensez pas ?

Me mettant au milieu de la rue - pour éviter de me faire attraper par derrière et d'être tuée/prise en otage - je me tournais pour regarder sa réaction. À sa place j'aurais mal réagi, j'aurais au moins haussé le ton. Elle était, selon moi, prise dans un piège, qui pouvait la mener loin tout comme la faire tomber très bas. J'ai transformé mon sourire carnassier en sourire doux. Et à ma grande surprise, pour une fois, ce ne fut pas si difficile. Peut-être qu'à force de faire dans le social je m'humanisais un peu. Ou alors c'était juste qu'avec elle... Vivement que je puisse retrouver mon laboratoire : seule. J'ai même ressorti ma main de mon sac, sans son arme.

- Cela vous permettrait de ne pas être la seule à découvert, parce que pour le moment, vous serez le seul martyr si les choses tournent mal.

Je voulais lui dire dans quoi je trempais ! Je voulais qu'elle sache. Je voulais qu'elle ne prenne bien ! Je voulais qu'on collabore.

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MessageSujet: Re: [CLOS] Péché pas mignon (Graëchen Doe) [24/12]   Dim 16 Jan 2011 - 21:13

[Sans exagérer, je n'ai jamais fait de Rp où je savourais autant la tension et l'intensité. Merci à toi.]

Lorsqu'elle se bloque face à moi, je coule un regard difficile sur cette envoûteuse. J'ai les dents serrées et plusieurs muscles trop crispés pour se rendre utiles. Dans mon esprit dansent encore des données absconses relatives à ma petite expérience.

Je voulais savoir si Graëchen avait besoin de moi. Une idée simple en somme mais il m'apparaissait presque évident qu'une fille aussi déterminée aurait dû renâcler devant ma proposition abrupte. Si elle se foutait de moi, si je n'étais pour elle qu'un outil, clairement, elle choisissait de n'en faire qu'à sa tête. Dans le cas contraire… disons, un chiffre aléatoire sur une échelle de 1 à 10 dans le registre des concessions. Le tout était donc de déterminer en quelques battements de cils, si j'avais ou non une influence quelconque sur cette fille. De savoir si Graëchen allait composer ou ignorer.
Hélas, le bref instant d'hésitation qui s'en est suivi ne pouvait pas vraiment être imputé à une véritable méfiance. Je n'ai aucun moyen de savoir si elle est entrée sans se forcer dans cette ruelle glauque.

A moins qu'elle ne soit adroite à ce point…

Bon sang, je ne peux pas ! Je ne suis pas à la hauteur ! Le moteur s'emballe et la panique pointe son museau de fouine tandis que je me replie comme un rongeur au fond de son terrier.

Mais je ne dois pas me fermer. Je me force à respirer plus lentement. Puis-je faire machine arrière ? Non. Quand à aller plus loin… Je suis surprise que Graëchen ait déjà considéré ma coopération comme allant de soit. Surprise mais pas forcément irritée. C'est trop simple, forcément trop rapide et trop… naïf ! J'ai en revanche l'impression dérangeante d'être dévisagée entre les omoplates. Je sens qu'un traquenard se referme sur mon dos.

Est-elle vraiment ici par hasard ?

Je flanque un coup de pied dans un congère pour botter en touche cette pensée parasitaire. Pour discuter avec Graëchen, je dois être au maximum de mes capacités. Voilà pourquoi je tends à évoluer, voilà ce qui me pousse en avant : la contrainte, le danger, l'excitation et la passion.
J'avale quand même difficilement ma salive. Tous ces signes extérieurs d'énervement vont forcément être interprétés de travers. Elle ne peut pas comprendre l'importance de l'enjeu pour moi. Elle ne peut pas me connaître à ce point.

N'est ce pas ?

Soudainement, je ne sais plus du tout où je mets les pieds. Je tapote ma semelle crantée contre le bord du trottoir et plonge au fond de son regard pour y puiser… quoi ? De la force, du désarrois, de la honte ?
J'ai maintenant l'impression d'étouffer. Mon écharpe m'étrangle, mon larynx se resserre. Embrasser et s'intoxiquer au poison mortel… découper le chat dans le jardin de papa et maman… torturer des formes de vies anormales pour le simple goût d'une puissance presque sexuelle… pointer un dard contre mon sein et laisser Graëchen presser dessus. Nous sommes deux chimères. Nos bustes sont humains mais nos parties inférieures, reptiliennes, s'agglutinent et s'étranglent dans un entrelacs d'écailles luisantes de malveillance. Un nœud gordien, un noeud de vipères humides d'un venin verdâtre. Je ne sais pas où sont enroulés mes anneaux mais je sais que Graëchen est déjà étroitement enlacée autour de mon corps, de mes hanches, de mon bassin, de mon ventre mou. Et qu'elle serre… elle serre…

J'en prends mal aux molaires. Foutue panique.

Je refuse de montrer ça ! Jamais ! Alors baissant la tête, je me porte à nouveau sur le coté, à hauteur d'épaule dans cette posture que j'affectionne qui permet de murmurer sans se regarder.

Le devoir ou la passion. Mentir ou servir. Peu importe, c'est ma décision, je dois la prendre seule et quoiqu'il advienne, m'y tenir sans défaillir, sans montrer ce que ça peut impliquer comme faiblesses pour moi.
Trois raclements de gorge plus tard, j'adopte ce qui passe auprès de mes subordonnés pour mon ton de voix le plus affable – et donc le plus dangereux.

- D'accord, ça ne me pose aucun problème. Après tout, si nous devons collaborer, il va falloir instaurer un minimum de confiance…

Le revoilà, le loup des steppes aux côtes saillantes. Ce prédateur affaibli mais encore alerte qui pourrait tout aussi bien se coucher entre mes jambes, la queue battante, ou m'arracher la gorge sur un caprice : la confiance. Je déteste faire confiance. Je préfèrerais coucher avec un tuberculeux.

- Seulement… (Je toussote, les mots m'entaillent la bouche) pour ça je vais exiger quelque chose de vous. Vous ne saurez ni ce que c'est, ni quand ou comment je le demanderai. Ce sera ma propre mesure Graëchen.

Je me tourne d'un quart de tour. Mes yeux à nouveau vifs. Je sens la bête reprendre son pelage. Ça je peux le faire. Ma propre assurance vie. Ma portion de queue enroulée autour de sa chair. M'humectant les lèvres rapidement :

- Nous sommes des scientifiques toutes les deux. J'aurais besoin de ce repère.

En gros, je dois mener un autre "test". Et cette fois je dois le réussir. Nerveuse, je desserre mon écharpe et déboutonne le haut de mon manteau. Mes sourcils froncés démentent mon sourire séducteur :

- Alors de quoi s'agit-il ?

Inutile de préciser à quoi ce "il" se réfère, ce serait insultant.
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MessageSujet: Re: [CLOS] Péché pas mignon (Graëchen Doe) [24/12]   Lun 17 Jan 2011 - 20:09

HRP : désolée, c'est un peu 80% psychologie et 20% action... Pardon.

C'était doux, et savoureux. Ma petite proie ne se débattait même pas ; victime consentante. Mais le plus étrange dans tout ça, c'était que je me sentais moi aussi prise au piège ; c'était ça le plus malsain. J'ai eu envie de lui prendre la main, n'importe quoi. C'est connu : tout le monde craque... Moi j'allais finir par craquer, bien entendu. J'avais besoin de quelqu'un ; mais pas elle. Ou en tout cas, je ne voulais pas que ce soit elle. Alors pour éviter de me mettre à pleurer pour rien j'ai enfoncé mes deux mains dans mes poches. Je ne faisais confiance à personne, moi non plus. Sans mentir, j'avais envie de lui faire confiance, et par conséquent, ça faisait d'elle la seule personne au monde qui pourrait avoir à me consoler lors d'une crise de larmes. Si je lui faisais confiance pour le travail, je pourrais lui faire confiance pour ma vie privée, vous voyez... Et je ne voulais pas, pour le moment. C'était une militaire après tout et les militaires sont des ordures potentielles. Pires que moi !

- Je vais être honnête ; la confiance est loin d'être mon commerce...

Pas la peine de lui expliquer que je refusais simplement de lui faire confiance parce que je ne voulais pas me transformer en loque devant elle et perdre mon emprise sur les choses. J'avais des soucis psychologiques, comme vous l'aurez probablement remarqué. Premièrement, je n'avais pas d'ami(e), et la solitude me tuait. Deuxièmement, un certain nombre de personne voulait me tuer. Troisièmement, mes frères étaient des cas que je devais plus ou moins gérer. Quatrièmement, je devais aussi gérer l'Ombre. Cinquièmement, mes travaux me rendaient cinglée parce que je ne comprenais pas. Sixièmement, mon garde du corps me lâchait. Ce n'était rien dont je pouvais me plaindre. Ce n'étaient que de petites choses sans grande importance que je me créais. Mais le fait que je n'ai pas de soupape pour me calmer rendait le tout dur à digérer.

J'allais prendre quelques jours de congé pour remettre de l'ordre là-dedans. Mes problèmes n'étaient pas si insurmontables. Les ami(e)s je n'en voulais pas ; trop risqué. Donc il suffisait que je règle le reste... Les gens qui voulaient me tuer, et bien je les ferais tuer, je devais prendre les choses en main. Mais encore une fois tout ceci ne dépendait pas que de moi. Je pouvais aussi me débarrasser d'Edmond ; une visite à Edgar avec le mioche et normalement, je serais en paix - il faudrait que je déménage et que je change d'identité. Je ne pouvais pas abandonner l'Ombre donc ce serait une chose de plus à supporter ; sauf si je me trouvais un second digne de ce nom : Mélicerte Kerozène. Et pour Alexander ; une conversation s'imposait.

- Mais je vous donnerai ce que vous voulez...

J'imaginais assez bien plusieurs scénarii de ce qu'elle désirait. Une couverture si jamais elle se faisait chopper. Une couverture pour être couverte. Elle parlait de confiance, mais si jamais elle courrait des risques vis-à-vis de l'armée, elle n'hésiterait probablement pas... Bah, le temps que ça arrive, elle sera trop perdue dans mes toiles... Ou celles des autres. Mais là j'étais trop injuste avec elle : elle voulait juste un bouclier contre moi et ça se justifiait. Elle voulait des libertés ; soit. C'était naturel. Les autres possibilités ; sans importance.

Par contre, je voyais assez mal quel était le repère dont elle parlait. Scientifiques, et alors ? Si elle voulait ma montre, elle l'aurait ; si elle me tuait. Mais je n'allais pas creuser cette idée non plus. Je me suis rapprochée en peu d'elle ; touchant presque son corps du mien. Son souffle près de mon oreille, qui se logeait dans mon cou et me faisait frémir (frémissement qu'on pouvait interpréter par un tremblement à cause du froid).

- L'anéantissement de l'armée... ai-je murmuré.

Pause. J'ai tourné la tête pur la regarder directement.

- J'ai besoin de vous.

Ce que je ne disais pas c'était que si elle refusait, elle était dans la merde. À sa parole contre la mienne, la mienne l'emporterait probablement.

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MessageSujet: Re: [CLOS] Péché pas mignon (Graëchen Doe) [24/12]   Mar 18 Jan 2011 - 17:31

La pression qui monte en flèche est tellement palpable que je pourrais presque la saisir à pleines mains pour en faire quelque chose… de dur, de pointu, de contendant ou tout au contraire un objet lisse, aérien et élégant qui filerait entre les façades sales.

J'ai le choix en somme. Mais pour le moment, dans mes veines, il y a tellement de liquide qui glougloute à chaque systole que j'ai cracherais presque par les yeux. Une bouffée sanguine me saisit les joues.

Détruire l'armée. Non. Anéantir ! Elle est cinglée, c'est évident. Le fait que je le savais avant ne change rien à son magnétisme déboussolant. Anéantir l'armée ? Qui en serait capable ? Certainement pas moi. L'armée est une organisation nationale ! Pas un banal groupement de miliciens couillus.

Bien sûr, elle parle de "simplement" déloger les soldats de Heaven. Sans doute au prix d'un "simple" massacre éprouvant à l'issu duquel la moindre prunelle de militaire sera tout "simplement" trop saturée d'images traumatisantes pour qu'ils reviennent. Mais qu'elle veuille les chasser ou les exterminer, la réponse sera la même : les galonnés prendront ça comme un défi. Une insulte personnelle qui fera grincer du parquet et cliqueter des tasses de thé sur des soucoupes Louis XVIII.
Depuis leurs bureaux lambrissés aux sièges confortables, ils enverront tout. Et même plus. Ils seront fous, ces vieux chiens de guerre écumant de bave sénile. Ils n'envisageront pas une seconde de risquer leurs crocs émoussés dans la curée et c'est pour ça qu'ils n'hésiteront jamais à aller plus loin.

- Anéantir l'armée… je ne peux pas m'empêcher de le respirer. A mi-voix, pas plus haut qu'un soupir de peur de faire éclater cette idée encore trop savonneuse.

Je m'en rends compte, sous les insignes qui barrent ma poitrine, il y a un organe qui palpite déjà à cette extravagance. Je voulais un idéal ? Voilà un fatal. C'est évident, il n'y a qu'une issue étroite : l'embout rond et luisant d'entretien d'un fusil d'assaut.

Une autre évidence serait de dire que Graëchen est là, tout contre moi. Je sens son odeur, celle de sa peau emmitouflée. Une odeur que j'aimerais qualifier d'un nom d'agrume amer mais qu'en fait, je trouve indéfinissable. Cette fille qui me rend fébrile et qui malgré ses effets de style déroutants, fait encore naître un sourire sur mes lèvres gercées. Je baisse les yeux, gênée.

J'ai froid maintenant. Non. En fait…

Ma main remonte lentement vers ma tempe pour reloger une mèche entreprenante derrière mon oreille. Je la regarde à nouveau. Elle tremble ?
Avant d'y penser, je pose délicatement deux doigts sur son épaule droite. Jamais je ne me suis sentie aussi à nu sous un regard. Je frissonne, la pulpe de mes doigts glisse légèrement sur l'étoffe épaisse de son manteau.

- Et je devrais t'aider ? A peine un murmure.

Alors je dois être sûre. Plus le temps de repousser l'expérience. Cœur crevé, cœur ouvert, cœur sans frein tambour. Freine tes pulsions petite rouquine et gave toi de tes répulsions parce qu'à partir de maintenant, ce que tu aimes et ce que tu détestes sont une seule et même pièce de la mécanique.
Glissant adroitement ma botte derrière celle de Graëchen, je me coule tout doucement derrière elle par la gauche. Ma main est toujours ancrée de l'autre coté et ce faisant, mon bras lui entoure progressivement la poitrine sans vraiment la toucher. Juste en l'effleurant d'une manière qui, je ne sais pas pourquoi, me donne une démangeaison.
Maintenant, toute proche de sa nuque, il me suffirait de me pencher pour l'embrasser ou la mordre en cet endroit si vulnérable. Dans cette position en fait, je pourrais aussi la tuer, assez facilement même. Il me suffirait de remonter la main, d'attraper son menton et d'imprimer une violente torsion. Je pourrais aussi la faire pivoter face à moi et basculer dans le saphique. Je pourrais la contraindre à s'écraser contre le mur, je pourrais tremper ses cheveux avec le sel de mes larmes. Je pourrais…

Mais je ne bouge plus. Il ne m'a fallu qu'une pincée de secondes pour en arriver là mais j'ai l'impression d'avoir usé toute ma vie pour ça.

- C'est d'accord, soufflé-je dans le creux de son oreille.
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MessageSujet: Re: [CLOS] Péché pas mignon (Graëchen Doe) [24/12]   Sam 22 Jan 2011 - 14:51

Tutoie-moi... Tue-moi... Je n'aurais pas dû venir lui parler ; nous étions toutes les deux prises au piège de cette entrevue. Je ne voulais même pas imaginer comment ça allait se terminer... Morte au fond d'une allée sur un parterre de roses (le parterre de roses c'était non négociable...) ou alors attachée à un lit blindé de puces dans un petit motel glauque ? Les deux solutions - que j'avais refusé d'imaginer un peu plus tôt et que j'imaginai quand même - ne me plaisaient pas. Il fallait donc que je me tire de cette étreinte et fissa... Mais ça allait à l'encontre de ce que je désirais de faire ; c'était tellement... Suave ? Mielleux ? Si elle avait été un homme - ou alors si j'avais été un homme - je crois que je n'aurais pas bougé... Mais je n'étais pas un homme (et jusqu'à preuve du contraire elle non plus) alors, je bougeais.

Mais il y avait une raison plus importante que je me dois de vous avouer éhontément : je perdais le contrôle. Je l'avais, trop pas avant dans cette ruelle obscure, et maintenant, je le perdais. Et si les sensations agréable de cette chaleur, et désagréable de cette perte de contrôle se compensaient pour le moment, je savais que si je me perdais totalement, je ne me retrouverais jamais. Je ne pourrais jamais lui refuser quoi que ce soit si "je ne me refusais pas à elle" dès maintenant. Mais je n'étais pas un monstre ; je ne le ferais pas brutalement... Je l'ai regardée dans les yeux. Bon dieu que j'aurais voulu l'embrasser ; ou peut-être même la mordre (le sang... son sang...) et puis comme ça on serait quittes ! (Quittes de quoi... Là reste la question...) Je l'ai fixée, et puis j'ai senti que si je ne faisais pas marche arrière immédiatement, je ne le ferais jamais.

Le truc bien avec les chaussures à tallons, c'est qu'on passe son temps à se tordre les chevilles.

J'avais dit que je ne serais pas brutale ? Mea culpa. Car dure fut la chute. Je n'avais pas eu de meilleure idée. À dire vrai, je n'avais pas eu le temps d'avoir une meilleure idée ! Elle me tenait plus ou moins (j'ai pas vraiment compris comment donc je ne m'attarderais pas dessus) donc si je tombais, elle avait deux solutions ; tomber aussi, ou alors me vider son chargeur dans la tête. Je suis paranoïaque. Tout le monde veut ma mort, vous comprenez. Alors du coup, je l'imaginais très bien me tuer. Ce ne fut qu'au prix d'un grand effort que j'arrivais à me souvenir de notre "pacte". Ca n'avait rien d'officiel, c'était ça le problème.

Je n'étais pas tombée, mais j'avais eu ce moment de recul tout particulier des filles qui connaissent ce cauchemar à tallons. Juste quelques centimètres ; de quoi respirer. De quoi prendre une nouvelle bouffée d'air et pouvoir réfléchir.

- Aïe, dis-je hypocritement.

Je n'avais pas eu véritablement mal, mais je savais qu'en contre-partie je ne pourrais plus marcher à cinquante ans ; si je survivais jusque là, ce qui était plus qu'improbable. Mais à moi de passer au tutoiement.

- Tu imagines bien que ta parole ne suffira pas...

Sous-entendu : à moi elle me suffit, mais les autres ne sont pas complètement idiots non plus... En réalité, il était fort probable que sa simple parole suffirait aux autres de l'Ombre ; à moi, en tant que personne elle me suffisait, mais en tant que Chef Machiavélique de l'Ombre elle ne me suffisait pas. Toutefois, j'ignorais si c'était ma bonne humeur (toute relative) due à Noël, ou à ces quelques secondes où nous avions été si proches... Je me voyais mal lui faire signer un contrat là, maintenant. Encore que, si je voulais vraiment que l'idée que je venais de lui balancer germen il faudrait dès maintenant que je la garde. Que je la surveille étroitement. Je me heurtais à un problème ; moi qui avais pris l'habitude d'enfouir mes sentiments sous ma "carapace", je me retrouvais tout de même confrontée à... du regret. J'avais été bien, quelques secondes avant... Trop bien pour que la simple idée de recommencer n'aie une chance de survie... Du moins pour quelques heures. Je m'en mordrais les doigts jusqu'au sang dans une semaine, deux...

- Alors ? demandais-je injustement.

Juste "alors ?". Juste.

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MessageSujet: Re: [CLOS] Péché pas mignon (Graëchen Doe) [24/12]   Lun 24 Jan 2011 - 19:50

J'ai un tressaillement lorsque Graëchen trébuche entre mes bras. Un instant, je retiens ce petit corps pétri de contradictions et je réalise ce qu'il y a de fragile dans cette carcasse bouillonnante de machiavélisme.
Car cette fille est une éminence grise. Non rouge. Enfin magmatique avec des touches magenta dans le fond des yeux et des perles nacrées sur les lèvres.

J'ai un mouvement de recul au moment où elle retrouve son équilibre. Je ne suis pas du genre protectrice et dans la logique de cette idée, je déteste qu'on m'assiste. Donc je suppose qu'une fille aussi indépendante et volontaire n'a aucune raison d'aimer ça non plus.
Pourquoi je me soucie de ce qu'elle peut en penser ? Non pas parce que je viens de lier mon existence à la sienne. Non plus parce que dorénavant, ma poitrine se soulève pour réaliser ses desseins. Pas parce que dans le dessin global, je ne suis qu'un petit x dans une équation bardée de y masculins.

Non. Pas pour ça… mais pour un mélange d'une quantité infinitésimale de chacun de ces ingrédients. Je tiens cette petite chose frétillante d'impatience de répandre son poison tout contre moi. Une capsule de poison contre mon cœur. Comme un réactif instable qu'on viendrait de produire par l'alchimie de nos contacts chaotiques. Nitroglycérine, ni pas assez.

- Et bien…

Nos regards se croisent à nouveau avec, pour ma part, ce léger tressaillement gêné qui caractérise les ados quand ils veulent prendre la parole en même temps.

Sauf que là, c'est le silence qu'on se dispute. Je parlais de test un instant plus tôt. Qu'en est-il ? Je voulais mettre Graëchen dans une position qu'elle ne pourrait vraisemblablement pas tolérer. Je ne sais pas au final si elle en a perdu les pédales (et l'aplomb de ses talons) ou si elle cherchait une échappatoire. Peu importe, dans les deux cas ça revient au même.
Mais il faut aussi que je prenne en compte mes propres priorités. Car si je suis prête à me damner pour cette frimousse, je ne tiens pas spécialement à traîner ma pelure avec des raclures en tout genre. Quand on s'acoquine avec des anéantisseurs de militaires, on fricote sans doute avec des tarés. Ne le suis-je pas à ma manière ?

Elle s'impatiente. Sourcils froncés, je suis un peu blessée qu'elle mette autant de chicanes dans mon embrigadement à sa cause. Blessée mais pas surprise… forcément Méli, t'es pas en train de lui passer la bague au doigt là.

- Tu veux une marque de confiance. D'accord.

Comme je n'ai rien d'autre sous la main et que je me sens un peu perplexe moi-même, je déboutonne mon manteau d'hiver avec mes doigts gourds. La tiédeur de mon corps étonne ma main glacée. En dessous, je porte une veste en laine gris béton et une chemise d'uniforme de parade, celles qu'on porte pendant les revues… ne me demandez pas pourquoi je l'ai sur moi, toutes mes chaussettes sont sales en ce moment.
La fermeture éclair zippe, je m'attaque ensuite aux boutons du dessous.

Vaille que vaille, cœur battant, j'écarte les pans de mes vêtements ouverts aux vents et présente une parcelle de peau nue aux yeux de mon interlocutrice.
Juste là, entre la chair tendre de mes seins déjà hérissée de froid, coincé par un soutien-gorge austère ; l'alpha. Le talisman technologique qui nous permet à nous, les soldats, de quitter cette ville comme bon nous semble.
Je désigne le petit objet oblong d'un index recourbé, restant offerte au froid, au regard et à un coup mortel :

- Tout le monde sait que les militaires peuvent circuler librement sous le rideau. Voilà la clé du mystère, un simple prisme de résonance électromagnétique. Nous ne nous en séparons jamais, même sous la douche. Car si le contact direct avec la peau est interrompu ne serait-ce qu'un battement de cil, l'effet est perdu. Pour toujours.

Je gonfle la poitrine, voluptueuse de me prêter ainsi à ce jeu interdit. De franchir cette règle non-dite sous prétexte de briser un règlement trop strict.

- Prends le.

Bon sang… mais qu'est ce que je suis en train de faire ?!

- Mais magne… ça caille.
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MessageSujet: Re: [CLOS] Péché pas mignon (Graëchen Doe) [24/12]   Mar 25 Jan 2011 - 12:05

HRP : Niark, j'ai trouvé LA chanson... Mais arrête d'essayer de me coincer... ><"
Thirty Seconds To Mars - Hurricane
C'est pas vraiment approprié (à part les passages sado-maso (et c'est la version censured)) mais ça fait deux heures de j'écoute à fond en chantant (ma cantatrice de voisine doit être en train de pleurer)... Donc...
C'est peut-être un peu léger pour toi. Je ne sais pas. Quoi qu'il en soit, j'ai eu un peu de mal à enchaîner encore une fois...


Ne pas hésiter. Surtout ne pas hésiter. Quitte à ralentir la scène pour avoir le temps de songer, il est hors de question que ma main tressaille. Je me dis ceci, je prie pour arriver à garder ma contenance, mais je la vois bien se répandre à mes pieds, j'essaie de rester détachée, mais je le sais, elle doit le savoir aussi : c'est perdu d'avance. Premièrement, je dois avoir des yeux ronds comme des ballons de basket. J'essaie de songer le plus vite possible, j'essaie de continuer de respirer en silence. J'essaie de ne pas m'étouffer. C'est toujours aussi suave, c'est doux, c'est sucré, c'est plaisant, mais je vois le tout d'un autre oeil. Il est hors de question que je me décompose devant elle. Si je lui obéis, que va-t-il se passer ? On aura scellé le pacte, mais en même temps je lui aurais obéi... Est-ce que le jeu en valait la chandelle ? Peut-être. Ou plutôt oui. Mais un paramètre venait en compte : elle était presque nue.

Et là, j'ai repris ma contenance. Oui, et alors ? Elle se les gelait comme une grande pour MON BON PLAISIR. Je pouvais prendre tout mon temps. Et si elle était à moitié nue, c'était son problème. Elle ne devait pas être plus pudique que ça pour se déshabiller dans la rue glauque sus-décrite. Je l'ai regardée dans les yeux. J'avais bien envie de rester plantée là à rien faire. Malgré le fait qu'elle voulait que je me dépêche. Quand même, j'allais pas lui faire ça. J'ai tendu la main. Heureusement, ma main était gantée, donc si je la touchais, ce ne serait pas catastrophique pour mon rythme cardiaque... Pendant que je m'attardais sur cette pensée, ma main resta en suspens. Je vous l'avais dit, je savais très bien que je vacillerai. Mais je me suis repris et j'ai attrapé l'alpha. Prisonnière. Maintenant, elle est à moi, ai-je pensé.

J'aurais pu le jeter, mais j'ai préféré le garder. Je pourrais toujours le ressortir devant ses chefs, si jamais elle me trahissait. Ca me serait très utile pour la tenir en laisse... Si j'avais été à sa place, ça aurait été la dernière chose que j'aurais fait. Mais je n'étais pas à sa place. J'ai rangé le talisman dans ma poche droite. À côté de son arme. Mais qu'est-ce que j'allais bien pouvoir lui piquer à notre prochaine rencontre ? Je l'ai regardée avec un nouveau sourire, cette fois doux.

- Je t'aurais bien rendu la pareille...

Sous-entendu SANS me déshabiller en pleine rue parce que je suis frileuse et aussi parce que je sais me servir de mes mains, moi.

- Mais pour le moment je ne peux pas.

Ma montre faisait toujours tic tac. J'avais moins mal qu'avant, preuve que j'approchais de quelque chose, mais je n'imaginais pas dans quel état je tomberais si je l'enlevais. Pour le moment, elle devrait se contenter d'autre chose. Mais dès que je pourrais, je lui rendrais son dû. Je suis une femme de parole. Je me suis détournée, regardant la rue. On n'y voyait plus rien, et les rares lampadaires n'étaient pas d'une grande aide...

- Ah et j'ai une requête.

Non pas une condition, mais une simple requête. À elle de la rejeter ou non. Ca me faisait drôle de la considérer comme ma presque égale...

- J'aimerais m'occuper toute seule du cas de Jude Eoin.

Ce type me foutait en boule à chaque fois que j'y pensais. J'avais abandonné. Tant pis pour lui. Trois balles dans la tête devraient faire l'affaire. J'attendais d'avoir une occasion de le revoir. Je me suis tournée à nouveau vers elle. Serait-il possible que... non.. Si ? tiens, étrange, sensation étrange d'apprécier quelqu'un... C'était dérangeant, mais plaisant.

- Je suis contente que tu aies accepté... J'avais bien besoin de quelqu'un de droit pour m'épauler.

Il était grand temps que je lui dise tout. Enfin, uniquement ce qu'elle devait savoir, voyons...

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MessageSujet: Re: [CLOS] Péché pas mignon (Graëchen Doe) [24/12]   Mar 25 Jan 2011 - 18:31

[aaaah Jared ^^. Bon si tu te sens coincée sur ce coup, c'est vraiment involontaire.]

A-t-elle conçu l'ombre d'un soupçon en portant la main dans ce recoin d'intimité ? A-t-elle pensé que ce pourrait être un autre piège ou une façon de lui glisser un traceur dans la poche ?

Je ne connais pas le motif exact de sa légère hésitation mais je connais celui qui a brusquement comprimé mes abdominaux lorsque ses doigts gantés m'ont effleuré. Le souffle bloqué, les cils cristallisés… je ne m'aperçois que j'ai les lèvres entrouvertes qu'au moment où elle fait disparaître l'alpha dans son manteau.
Un soupir s'échappe de mon laxynx enflammé. Un léger picotement me parcourt l'échine. Je frissonne et rabats brutalement mes vêtements comme si elle venait de me violer. Ça me fait mal d'une certaine manière. Je viens de renoncer à ma liberté parce que je suis trop faible pour rester indépendante dans un milieu peuplé de Lacharogne et de Ayu.
Ça me fait mal de voir que je ne peux pas résister sans sacrifier ma précieuse fierté. Celle qui me faisait avant bomber le torse, orgueilleuse que j'étais lorsque je m'amusais à séduire des hommes faciles par le prestige de l'uniforme. Ça me fait mal de voir que je suis maintenant une petite chose sur une grande toile.

Je renifle et achève de reboutonner mes frusques. Tout ça n'a aucune importance. Je suis presque surprise de voir Graëchen sourire, comme si elle voulait s'excuser… ou me cajoler… ou m'enfoncer. C'est le genre de sourire qu'on a sur l'oreiller après un orgasme gorgé de dopamine et qu'on plonge ses yeux dans ceux de son partenaire, un peu complice et fièrement honteuse de s'être vautrée dans l'animalité. Rougissante à la pointe des oreilles, je détourne une fois de plus le regard ; vexée sans savoir par quoi.

- Pas grave, dis-je du ton morne de celle qui aurait voulu tutoyer les étoiles mais à qui on n'a offert qu'un croissant de lune en pâtisserie.

Partenaire hein ? Je suis heureuse que Graëchen me juge digne d'intérêt. Voilà pourquoi je voulais qu'elle prenne elle-même l'artefact. C'est son acceptation de ma personne. Maintenant peut-être que je compte pour quelqu'un… même si je ne suis que la pièce d'un échiquier au moins suis-je derrière les pions.

- Jude Eoin ? Voui bien sûr… je… bah peu importe.

Je secoue la tête, interloquée. Qui c'est celui-là ? Elle ne s'imagine quand même pas que je connais tous les soldats qui gravitent autour de la mission Haeven ? Bien sûr, on est 2 000 et tous les midis on bouffe ensemble !
Mon regard glisse le long des parois sales, enténébrées d'encre nocturne. Dans quelques heures, les mioches vont s'extasier devant leurs sapins en plastiques.

Et moi, où est mon ecstasy ?

- Je suis contente que tu aies accepté... J'avais bien besoin de quelqu'un de droit pour m'épauler.
Je retourne un sourire soudainement malicieux à ma compagne de décembre. Moi ? Droite ?
- Bon sang, j'espère que tu ne cherchais pas une paladine. Parce que je suis plutôt du genre à tordre les redresseurs plutôt que l'inverse.
Ce faisant, j'étire ma souplesse féline et tente d'avoir l'air convaincue d'avoir pris la bonne décision. Poisse, il fait de plus en plus froid.
- Thé noir ou vin chaud ?

suite
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