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 [CLOS] Assemblée Générale Extraordinaire. [24/12 dans la soirée]

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Graëchen Doe
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MessageSujet: [CLOS] Assemblée Générale Extraordinaire. [24/12 dans la soirée]   Jeu 27 Jan 2011 - 10:59

Elle n'avait pas compris. J'arrivais à saisir le fait que les gens n'étaient pas dans ma tête et ne me comprenaient pas toujours, mais ça m'agaçait fortement de voir que je devais toujours m'expliquer pour être comprise. Ce que je ne faisais jamais ; je baladais les gens d'idées en idées et ils ne comprenaient pas. Souvent ils faisaient comme elle ; ils se gaussaient, ils me prenaient momentanément de haut, mais ils ne se rendaient pas compte que je venais de prendre une décision, en disant ceci, et qu'ils n'y couperaient pas. Les gens aiment bien ça, se faire tondre, et ensuite se plaindre. Melicerte, malheureusement, était comme les autres. Elle apprendrait vite.

Ce que je voulais dire par "droit" était plus complexe qu'un simple toutou bien dressé qui ferait ce que je lui dirais sans sourciller. J'avais déjà eu Alexander, ça ne lui avait pas porté chance. J'avais Vostok, et ça ne lui porterait pas forcément chance non plus. En réalité, ça m'insupportait, et ces gens-là se retrouvaient toujours en position de se faire tuer. Non, moi, par "droit" je parlais justement de l'inverse. Quelqu'un sur qui je pourrais compter sans devoir tout faire moi-même. Quelqu'un qui me foutrait des baffes (gare au retour... gare...)... Quelqu'un d'efficace et d'utile. En somme : quelqu'un qui ne serait pas obligé d'executer une mission en venant me demander mon avis toutes les trois minutes...

Mais comme j'avais l'habitude des incompréhensions entre moi et le monde, je n'ai pas réagi. Elle comprendrait plus tard. J'ai fait comme si elle n'avait rien dit, c'était plus simple.

- Thé noir ou vin chaud ?

Bonne idée. J'ai froid. Sans parler d'elle qui venait de se rhabiller. Voilà, c'était exactement ça que je voulais dire par "droit" : initiative mais respect de mon avis. Tant pis, de toute façon, elle l'était. Pas comme les autres abrutis psychotiques de ma bande... D'ailleurs, quitte à prendre le thé autant aller là où on pourrait parler affaires...

- Je propose "vin froid" dans mon bureau...

Une proposition qui était rhétorique. Ou elle me suivait, ou elle se barrait... Et on la traquerait sans relâche.


* * * * *


Le lycée. L'endroit que j'avais le plus fui quand j'étais obligée d'y aller, mais auquel je revenais sans cesse depuis que j'étais à Heaven, surtout depuis ma "nomination". J'aimais bien cet endroit, c'était calme, confortable, gratuit, et surtout tellement inutilisé/inutilisable que personne n'avait envie de squatter. Depuis peu il y avait de temps en temps un type de l'Ombre qui passait... J'essayais d'ignorer ces allées et venus du mieux que je pouvais. Mais jusque là, je n'avais autorisé personne à rentrer dans mon laboratoire. Imaginez deux minutes ce que Vostok, le débile psychotique, aurait pu faire comme dégâts... J'ai poussé la grille en métal qu'on ne prenait plus la peine de fermer, à cause des allées et venues. J'ai refait le même chemin que la dernière fois, toujours avec ma manie de monter les marches sans donner d'accoups... Etrange sensation de déjà-vu, déjà-vécu. Est-ce qu'on allait se mépriser cordialement cette fois ?

Ce que j'ai remarqué tout de suite en arrivant à proximité de mon bureau, c'était la porte ouverte du "bureau" d'Edmond. Le ronronnement de ses ordinateurs, l'obscurité dans laquelle elle était. Passant devant, je vis qu'il n'y était pas. Il n'était pas là, mais il était dans le secteur. Sale gosse.

J'ai ouvert la porte de mon bureau, que je n'ai pas refermée à clefs cette fois. Les gens changent... J'ai posé mon manteau sur mon fauteuil et l'ai regardée, pendant que j'en levais mes gants.

- Vin blanc-rouge-rosé, porto, thé ... ?


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Dernière édition par Graëchen Doe le Sam 12 Mar 2011 - 19:03, édité 1 fois
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Melicerte Kerozène
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MessageSujet: Re: [CLOS] Assemblée Générale Extraordinaire. [24/12 dans la soirée]   Jeu 27 Jan 2011 - 16:10

Elle avait dit vin froid, c'était vain de croire qu'on allait se réchauffer. Et pourtant j'aurais tellement aimé qu'on aille s'encanailler quelque part. Je ne voyais dans l'instant aucune autre manière de passer confortablement la fin de la soirée que d'aller déglutir quelques lampées d'un breuvage amer dans une atmosphère confinée.
Je ne sais pas… j'avais envie de finir dans un pub, dans un lit ensemble à se frotter nos pieds gelés sous la couverture ou même dans un endroit étrange, à ramasser des coquillages tranchants sur des rochers noirs glissants. N'importe quoi du moment que ça impliquait des contacts, de l'adrénaline et un élément liquide. M'en fout, j'avais juste envie quoi…

Nan mais c'est juste parce qu'au fond de moi, je suis encore une gamine qui espérait un cadeau et qu'on vient de me renvoyer à l'école.

L'école, parlons en justement. Pendant tout le trajet où nous sommes restées l'une et l'autre silencieuses, étouffées sous nos écharpes et nos cols dans ce froid assassin… je n'arrêtais pas de me demander où est-ce qu'elle m'entraînait. Elle avait dit "bureau". Mais bureau, ça peut vouloir dire plein de choses. Je pensais à un laboratoire, une niche en sous-sol… à vrai dire j'avais presque totalement oublié cette école.

Bien sûr je la suivais. Ou plutôt, je marchais à coté d'elle, ce qui a mes yeux était important. Parce que pour une fois, je n'étais pas une simple suiveuse, je décidais en partie de mon destin. Elle avait bien parlé d'associés non ? Enfin, je me berce encore un peu d'illusions, je sais qu'au final si elle devait me loger une balle dans le cœur, elle n'hésiterait pas une seconde.

La question est, qu'en est-il pour moi ? Si je ne suis plus capable de tuer Graëchen, alors je suis à sa merci. Devrais-je m'en satisfaire ? Devrais-je envisager une nouvelle forme de mutualité basée sur la confiance, l'amitié ? Est-ce que je suis amie avec elle ? Bon sang, je n'en sais rien. Elle est ce petit mordillement de la lèvre inférieure qui rend perplexe. Elle est cette piqûre d'ortie qui démange. On sait qu'il ne faut pas gratter mais on ne peut pas s'en empêcher. Ça fait du bien quand on racle la peau avec les ongles mais ça fait mal quand on arrête. Alors on continue, on racle encore, on arrache cuticule après cuticule. On s'ôte de l'épiderme jusqu'au sang, on ouvre son manteau en plein hiver… qu'est ce que ça change ?

Tout ça m'occupait jusqu'à ce qu'on arrive en vue des grilles. Mes pensées étaient un peu confuses. Je crois que j'ai dû dire un truc idiot du genre "là ?". Oui là !

Nous sommes entrées. Et me voilà, dans les couloirs. Je me souviens du bâtiment de jour et je dois dire que la nuit lui retire tout ce qu'il pouvait avoir d'inoffensif et d'anodin. Chaque recoin devient une cache obscure. J'entends des bruits de grattements par une porte ouverte. Il y a des glougloutements étranges.

Je me souviens également de ce laboratoire aménagé en successions de salles. Cette salle est encore imprégnée des impressions que j'avais ressenties alors : un mélange de fascination coupable et de ressentiment extrême. J'avais explosé mon portable sous les talons de mes bottes pour me passer les nerfs… tarée, la rouquine.

Je me sens encore vulnérable mais je ne veux pas le montrer, alors d'un haussement d'épaules, je fait glisser mon manteau sur une paillasse encombrée d'ustensiles et pose mes fesses sur le rebord en faïence, jambes croisées mues par un lent va-et-vient dans le vide.

- Du vin, ça ira très bien. Rouge de préférence mais je m'accommoderai d'un blanc.

Ma voix est plus douce que d'habitude. Comme si j'avais peur de la faire résonner... je suis intimidée. Peut-être parce que maintenant, je suis sur son territoire. Le bureau de Graëchen... je suis déjà venue mais ce n'était pas pareil. Je me gratte le lobe de l'oreille ET me mordille la lèvre inférieure.
Qu'est ce que j'avais en tête toute à l'heure en me dénudant presque devant elle ? Tarée, encore une fois. J'aimerais croire que ce n'était pas juste une pulsion hormonale. Je pense que j'aimerais bien rester seule avec elle encore cette nuit pour éclaircir mes pensées. J'avale ma salive :

- Tu réunis tes associés ici ?

Façon de connaître ma place dans son organisation. Façon de savoir si je suis "spéciale".
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Edmond Doe
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MessageSujet: Re: [CLOS] Assemblée Générale Extraordinaire. [24/12 dans la soirée]   Jeu 27 Jan 2011 - 19:41

- Tu réunis tes associés ici ?

Reprenons tout d'abord ce qui mena Edmond à entendre cette question anodine posée par cette militaire étrange qu'il ne connaissait pas. Graëchen, dans son infinie sagesse - et persuadée que ce serait un bon moyen de faire noyer son pauvre petit frère - avait finalement confié la garde du pauvre petit à Vostok Muir. Et depuis, Edmond devenait paranoïaque. Oh, ils avaient joué, cet après-midi... À cache-cache ; ce qui avait dû être un enfer à vivre pour Vostok... En fait, depuis qu'il avait démembré Alexander devant tout le monde, Vostok était au yeux d'Edmond un monstre assoiffé de sang payé pour le tuer... Il n'avait pas arrêté de revoir la scène, encore, et encore. Il avait transformé Alexander en un petit pantin désarticulé et avait joué avec lui un instant... Juste un instant.

Edmond se moquait d'être le pantin de Vostok. Après tout il était celui de Graëchen depuis sa naissance et il s'y était habitué. Il aimait même ce rôle. Un soutien caché, inconnu, mais réel... Graëchen ne se rendait juste pas compte de la chance qu'elle avait d'avoir un frère comme lui ! Non, ce qui effrayait d'autant plus Edmond, c'était de savoir qu'après avoir été le pantin de Vostok, ce dernier n'aurait plus qu'à jouer au docteur Maboul avec son petit corps encore vivant... Comme il l'avait déjà fait sur Alexander... Il l'avait fait une fois, il pouvait recommencer.

Edmond avait décidé de fuir, de se cacher (mais de ne jamais arrêter de filmer / note : il fallait que je la sorte, pardon). Il serait bien rentré à la maison, mais le fait même de sortir dans la rue (ou de se retrouver dos tourné au moment où Vostok lui bondirait dessus pour lui arracher chaque viscère un par un) le tétanisait. Il avait donc entrepris de se cacher. Si Vostok n'avait pas dû se fouler pour le chercher, Edmond avait inventé des planques de plus en plus ingénieuses... Il fuyait le psychopathe comme la peste.

Quand Graëchen était rentrée (enfin !) Edmond fut soulagé. Il s'attendait déjà à devoir passer la nuit seul, enfermé dans le lycée, avec le démon rodant autour de lui. Il aurait fini par s'endormir et se serait réveillé le lendemain matin avec des organes en moins, mis dans des pots en verre devant lui... Ou alors il ne se serait jamais réveillé... Mais Graëchen était revenue ! Si elle revenait, c'était pour travailler, et par conséquent, elle s'enfermerait dans la Salle... Edmond avait saisi sa chance et s'était précipité vers la porte fermée, mais déverrouillée. "Elle a dû oublier", songea-t-il innocemment, tout en sachant pertinemment que Graëchen ne laissait jamais rien au hasard.

Il ouvrit la porte pendant que Graëchen était en train de choisir une bouteille... de vin. "Mais c'est idiot, elle aime pas le vin..." songea à nouveau Edmond, avant de capter la soldate assise sur la paillasse. Graëchen releva la tête au bruit de la poignée de métal grinçante. Elle foudroya son frère du regard. Frère qui se demanda si finalement il n'aurait pas préféré que Vostok lui tombe dessus... Le regard haineux de Graëchen était à la fois une torture et aussi une promesse de mort atrocement douloureuse... Pire que ce que Vostok pourrait lui offrir... Mais Edmond n'était pas stupide. Il savait que Graëchen ne ferait au pire que le frapper zet qu'en plus elle ne pouvait se décrédibiliser devant une soldate. Amie ou ennemie. Alors il se laissa un peu aller.

- Vous plaisantez ?! Même moi j'ai pas le droit de venir !

Graëchen ne se laissa pas démonter pour autant. Si son frère s'était mis à se désaper devant elles, là elle se serai posé des questions (comme par exemple : "mais dans quel monde parallèle je suis tombée... ?"). Elle posa bruyamment la bouteille et fusilla son frère d'un regard encore moins clément mais moins insoutenable.

- Où est-Il, Edmond... ?

Bien sûr Edmond n'avait rien à répondre en dehors d'une mimique gênée d'excuse...

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MessageSujet: Re: [CLOS] Assemblée Générale Extraordinaire. [24/12 dans la soirée]   Jeu 27 Jan 2011 - 20:38

Chaperonner les mioches vous savez, ça peut-être une passion ! Le chapon, d'ailleurs, c'est très bon. Mais avant que ce foie jaune qu'on a confié à sa garde se change en quelque chose approchant l'âge adulte, il va falloir l'élever.

Et entre toutes méthodes d'élevage, celle que préfère un démon foudroyant (hormis les électrochocs), c'est la croissance rapide aux stéroïdes. La zootechnie est simple : Toute la journée, laissez gambader la volaille. De temps en temps, venez lui administrer une taloche au cul pour qu'elle reprenne son vol. Puis, quand le muscle est un peu plus ferme, faire saisir le tout dans une bonne dose d'acide lactique ; celui qui jute à gros bouillons quand on se prend une pétoche d'enfer.

Et l'enfer justement, c'est sa spécialité. Vostok tourne lentement à l'angle d'un mur. Son faciès s'étire d'un large sourire que certains pourraient référencer dans les radiateurs pour mercedes. Son inséparable fusil en pogne, il glisse tout doucement dans ce nouveau couloir dont les échos témoignent encore fraîchement du passage du gamin.

Ce n'est pas très loin. Il fait quelques pas, souple et mobile, content comme un imbécile. Il y a de vieilles chiottes sur la droite. Avec du savon piqué au bout d'une tige en métal et tout…
Vostok s'arrête dos au mur, il tend l'oreille. Et d'un coup, pivote et se retrouve face à une salle inexplicablement vide.

- Oh oh oh, comme la vie est faite de surprises.

Le poulet est rusé. Il apprend à mieux cavaler, signe qu'il régresse au stade de proie odorante. Les proies sont toujours celles qui raisonnent, qui évoluent, qui grandissent mentalement mais pas physiquement. Pour sûr que la patronne serait jouasse de voir son protégé prendre un peu de plomb dans la cervelle.

Par jeu, le démon arme son fusil d'un claquement sec. Le plomb aussi, est une spécialité de la maison. Une onde statique de ce plaisir anticipé lui remonte l'échine et fait onduler légèrement ses mèches noires et blanches.
Ce n'est pas tant que Vostok a envie d'écharper Edmond, c'est juste qu'il est très dévoué à sa tâche. Et puis, aussi, parce que c'est très très marrant.

Et justement, du coin de l'œil il note un rai de lumière sourdre par une mince ouverture. Ah ah ! Le bout du couloir ! Le bureau de la patronne. L'endroit où il va y avoir correction. Tibia cassé, c'est la fessée, jambe foutue...
Le démon cliquette du baudrier pour se mettre en position. Non trop près. Il recule de trois pas supplémentaire et retient sa respiration.

Five, four, truie, two, one… ignition!

Coudes au corps, il s'élance comme à la charge soviétique. Ses bottes claquent lourdement sur le sol, alertant bien entendu le frêle occupant illicite de la pièce… mais c'est ça qui compte justement.

Cinq mètres.

Vostok discerne une sorte de mouvement par l'embrasure. Il accélère.

Trois mètres.

D'un barouf de tous les diables ! Ça claque dans tout les sens. Une de ses canettes d'huile mal ajustée se décroche et roule sur le carrelage, le précédant pendant quelques microsecondes avant qu'il ne l'éclate sans vraiment faire attention d'un coup de talon. Le projectile déchiré perdant son liquide graisseux vient valdinguant contre la porte massive dans un jet gargouillant.

1 mètre et 42 centimètres.

La collision est inévitable, Vostok rugit et … et… et… rien. Derrière la porte, nul doute que la volaille à dû pondre un œuf. Bloqué aux fers, un doigt sur les gonds, il ne bouge plus. Puis compte jusqu'à 3 et demi et repousse la porte d'un geste sec. Il lui faut un battement de cil pour repérer la silhouette de sa proie favorite.

- T'es ferré, Jonas !

Il est déjà en train de bondir par-dessus la paillasse lorsqu'il remarque les deux autres silhouettes. Waaah ! La patronne est rentrée !

Ses bottes percutent le sol sans ménagement, il se ramasse sur la paume à quelques centimètres d'Edmond et tourne la tête vers la troisième personne de la pièce.

Une femme. Mais il y a plus grave : elle est du code rouge. Le rouge le plus appétissant qu'il soit. Cette femme, est rayonnante de conductivité. Aucun doute, elle est branchée… et ça va pulser !
Sans perdre une seconde, il se relève d'un coup et braque son arme en direction de la rouquine (rouge !) en veste militaire (rouge !!), remarquant qu'elle a l'air troublée comme une ado timide (rouge !!!). Et quelque part dans son esprit, le programme déroule son instruction prioritaire :

> if foe = soldier, then
>> loop (proceed with {extreme prejudice ; pain from 4 – 11})
>> If target survive, then
>>> shoot again !
>> loop until death.
>> endif
>> else, enquire superior approval.
> endif
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Sick Z. Wonderfully
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MessageSujet: Re: [CLOS] Assemblée Générale Extraordinaire. [24/12 dans la soirée]   Ven 28 Jan 2011 - 10:35

Graëchen se faisait un plaisir de scalper mentalement son frère du regard lorsque le fameux "Il" déboula au pas de course pour se jeter sur Edmond. Bien sûr, le gnome, ayant craint cette rencontre une bonne partie de la journée, se mit à hurler. Momentanément... Edmond savait bien à quel point sa soeur détestait le bruit. Il n'empêche que Graëchen avait envie de les massacrer tous les deux. Seule la présence policière de Melicerte lui permettait de ne pas ouvrir Vostok en deux et de lui fourrer des morceaux de son frère à l'intérieur. Ca, et le fait qu'elle sache pertinemment que Vostok ne se laisserait probablement jamais faire... Mais Edmond avait grandi, il avait appris à avoir le sens de l'initiative :

- Graëchen, wer ist das ? à l'attention de la soldate qu'il ne connaissait pas.

Traduction : "Graëchen, mais qui est-ce ?".

- Eine freundin.

Traduction : une amie. Et bien entendu, imaginez la tête d'Edmond juste pour cette phrase.

- Gesellschafterin.

Traduction : une associée. Edmond se calma.

- Kaanst du um ihm, aufzustehen bitten ?

Traduction : "tu peux lui demander de se lever ?".

Ca avait beau être sympa de parler en langage codé... Graëchen avait deux choses à dire, en français. La première, en se tournant vers Melicerte :

- Tu vois ce que je voulais dire par "droit" ?

Et de montrer l'espèce de tas démoniaco-humain devant elles. Et sans attendre, parce qu'elle ne voulait pas se lancer dans un débat philosophique à propos du terme "droit". À Vostok :

- Surtout, ne vous relevez pas avant qu'il ne soit bleu.

- Graëchen ! protesta Edmond.

Mais ça, encore, c'était la face visible de l'iceberg...

* * * * *

Car oui, nous n'étions pas loin, Zetch et moi. Si j'avais eu mon apparence féminine je serais rentrée dans la pièce et lancé un énorme "coucou !", mais pour le moment c'était l'heure de gloire de Zetch et il était hors de question que je le ridiculise. En fait, cela faisait quelques heures que nous suivions Melicerte Kérozène, l'étrange soldate au comportement contre-productif. Zetch ne lui jetait pas la pierre, lui non plus n'était pas vraiment un fanatique de l'armée ; ce n'étaient que des types qui ne comprenaient rien à une dégénérescence complète de la ville. Mais quand même, il n'avait rien à faire, on lui avait demandé de la suivre, alors il le faisait.

Bien sûr elle avait failli nous semer dans le marché noir. Dans la masse grouillante des gens qui faisaient leurs courses de dernière minute... Zetch l'avait même perdue quelques minutes. Seulement, un uniforme rouge, en train d'annihiler un pauvre croissant qui ne lui avait rien fait (Note de moi : j'ai vraiment quelque chose contre les croissants...) ça se remarque. La rousse semblait complètement désoeuvrée, et je la comprenais. Bosser pour l'armée, moi aussi ça me saoulait, heureusement que Zetch était plus tolérant...

- Plus tolérant ? Euh... Gamine, toi aussi tu t'es trompée de monde parallèle...

- Ta gueule Zetch.

Bon, il n'était pas plus tolérant, mais en tant qu'homme, il devait se sentir moins oppressé par les blagues incessantes à propos des jeunes filles qui tombaient dans les griffes de certains types...

- Là c'est mieux comme formulation.

Ce qui nous avait scotchés complètement, ce fut l'intervention de la blonde. Elle avait l'air cool, je serais bien allée lui dire bonjour. Toutefois, Zetch lui, ne la sentait pas. C'était comme un serpent cette fille. Elle allait mordre puis mourir. Mais on sentait à sa démarche qu'elle mordait tout. Ce qui le marqua, c'était l'air que Graëchen avait de s'opposer systématiquement à tout le monde. Autrmeent, dit, il préférait les garder à l'oeil toutes les deux. Ceci ne voulant pas forcément dire qu'il irait cafter à ses chefs... Il "oublierait" probablement.

- Ouais "probablement"...

Nous les avons suivies, pour finalement voir qu'elles avaient déjà une relation à un stade avancé... Moi, je ne me déshabillais en pleine rue que devant les gens que je connaissais.

- Fais comme moi, ne te déshabille jamais.

Mais le plus troublant, nous ne le vîmes pas : le changement de propriétaire de l'alpha. Peu après, elles sont reparties, direction le lycée. Je n'avais jamais eu la chance d'y foutre les pieds. Moi j'avais une gouvernante qui me faisait royalement chier et que je fuyais comme la peste. Heureusement, j'ai eu le temps d'apprendre à lire. À l'intérieur, se tenait une réunion en petit comité. Après la séance de déshabillage lesbien dans la rue, on avait droit à un cours de reproduction homosexuelle. Décidément, Melicerte traînait dans des endroits peu recommandables.

Zetch s'est avancé. La porte était grande ouverte. Histoire que les gens le voient bien, je me raclais la gorge bruyamment. Pourquoi fîmes-nous cela ? Aucune idée. Peut-être une légère envie de participer, ou juste de les faire se calmer. La blonde à l'allure de serpent avait l'air ulcérée. Moi ça me faisait marrer. Zetch aussi.

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Edgar Allan Doe
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MessageSujet: Re: [CLOS] Assemblée Générale Extraordinaire. [24/12 dans la soirée]   Ven 28 Jan 2011 - 21:31

J'arpente un ciel obscur.
Sous mes yeux, l'infinie étendue d'une puissance dévastée par son propre gigantisme. C'est un organisme grouillant, tentaculaire, moribond mais encore alerte qui, faute de nouveaux aliments est en train de d'auto-digèrer.

Heaven, la polémique est déjà conclue. En fait il n'y a jamais eu de polémique. Juste des hics dans une partition déjà lardée de couacs. Les gens s'entrecroisent sur les fils d'une mesure à quatre temps : manger. dormir. travailler. copuler.
Et même si leur chairs se serrent parfois compulsivement, ils ne produisent rien de nouveau. Vous pouvez toucher le bout de leurs doigts gris ou tressauter sur un claquement de talon, ça ne change rien, ils sont déjà partis.

Les gens arpentent une mélasse noire qu'ils connaissent mieux sous le nom de quotidien. Et leur labeur gestuel, dans cette bulle carcérale, prend des allures de pantomime angoissante. Chacun répète consciencieusement ce qu'il a apprit mécaniquement. Ils vivent, ils construisent et se battent mais le cœur de la cité lui, ni ne vit, ni ne construit… ni ne bat.

Et dans le fond, c'est un symptôme de…

Hum de quoi au juste ? Nan. Nan. Nan ! On ne va pas encore tout remettre sur le dos d'une société individualiste ultra-modernisée. Non, il manque quelque chose…
Egarée, ma main se porte sur la flasque. Non ce n'est pas ça. Mais quoi d'autre ? Combien de fois me suis-je laissé tenter par cette facilité absurde. L'alcool n'est qu'un moyen frusque et grotesque de se décoller de la médiocrité quotidienne. Et en plus, pour un écrivain, picoler, c'est un lamentable cliché. C'est idiot !

Saisi d'un instinct romantique, je décide donc de balarguer le flacon dans le canal… là bas tout en bas. Satisfait, je me décolle de la rambarde et relève les yeux sur ma destination : l'école.

Je suis au pied de l'édifice. Il n'y a pas grand-chose à ajouter Edgar.


- Mon vieux, mon ancien ennemi, mon frère de souffrance, nous sommes faits pour nous nuire mutuellement. Seulement cette fois, ce sera différent, dis-je sans pudeur à ma timidité.

Lucie en a peut-être marre de m'entendre marmonner à tout bout de champ. Mais Lucie n'est pas là.
Je le sens bien, elle regrette qu'on soit venu s'enfermer ici. L'ivresse des espaces lui manque. Mais quoi ? Traîner la guimbarde par les routes de campagne ne change rien. Je suis tenté de marmonner à nouveau.

Ce soir, Lucie est partie peindre le bouclier. Moi, j'ai décidé que j'allais m'offrir un cadeau de Noël.

Comment j'en suis venu à cette idée farfelue un soir de 24 décembre ? Il faudrait que je revienne quelques heurts en arrière pour y penser et ça ne me plaît pas.
Du bout de ma pantoufle usée, j'écrase un peu de neige sur le bord du trottoir.

- Oui, je suis en pantoufle, on en conviendra, c'est absurde mais je ne reviendrai pas là-dessus tu m'entends.

Oh et puis merde. C'est ma famille après tout !
Resserrant la ceinture de ma robe de chambre, frissonnant dans l'air glacial mais réchauffé par la divine présence d'un élixir moelleux dans les veines, je franchis enfin les quelques mètres qui me séparent de la grille et pénètre dans le bâtiment.

Je devrais peut-être m'annoncer ? Ce genre de chose est rituel. Mais je ne connais pas assez Graëchen. Je suis du genre délicat mais je n'aime pas encaisser de refus. Si elle me dit "nan Edgar, je suis occupée", je ne vais encore rien trouver à répondre. Le mieux reste donc d'adopter une attitude complètement erratique et de la prendre comme elle viendra. Et puis, dans le pire des cas, je lui dirais que je viens chercher Edmond [en robe de chambre et pantoufles ??].

Je me recoiffe du bout des doigts et je pousse la porte… pas fermée ! J'entre. Maintenant, il me reste plus qu'à trouver cette paire de demi-fratrie. Peut-être par là, à gauche… essayons.
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Graëchen Doe
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MessageSujet: Re: [CLOS] Assemblée Générale Extraordinaire. [24/12 dans la soirée]   Ven 28 Jan 2011 - 22:19

En fait, j'hésitais entre deux démarches : me pendre ou tuer tout le monde. Ou alors, j'utilisais ma montre, juste un peu trop, et je me tapais un petit voyage à l'hôpital pour Noël. Encéphalogramme plat, je méritais au moins un cadeau de cette taille. Car il est temps que je me mette à vous parler de ma montre. Comme vous aurez pu le remarquer j'ai mal quand je porte cette montre. Pour avoir essayé de m'en débarrasser un jour, je peux vous dire que c'est toujours moins pire que lorsque je ne la porte pas. Je n'ai jamais réussi à l'enlever.

Petit flash back :
C'était Edmond qui m'avait offert cette montre. Le bijou était ancien, il s'était dit que ça me plairait de l'avoir, moi qui aimais tant les choses anciennes. Oh oui ça avait un beau cadeau. Mortifiant et probablement mortel. Merci petit frère, vraiment. C'était à cause de ce cadeau empoisonné qu'il acceptait de se faire marcher dessus depuis. Enfin bref, j'ignore ce qu'il s'est produit, mais j'ai reçu un choc au niveau de la poitrine. Si je n'étais pas paranoïaque, je vous dirais que la montre s'est connectée à mon cœur, mais... Bref depuis, lorsque les battements de mon cœur ne sont pas exactement au même rythme que le mécanisme de la montre j'ai mal. Je voudrais comprendre et briser ce "maléfice" mais je n'y parviens pas. tous mes travaux sont basés dessus.

Bien sûr, l'avantage de la montre, et bien c'est que je peux stopper le temps un peu à ma guise. Le revers du couteau est que lorsque j'arrête le temps, toutes les personnes que je touche et moi sommes immunisées. Nous pouvons nous mouvoir. Dès que le temps reprend son cours, c'est mon coeur qui s'arrête, pour la même durée. Du coup, j'essaie de limiter la casse. Durée d'arrêt du temps inférieure à cinq secondes : "petit malaise causé par un manque d'oxygène..." J'ai des étoiles devant les yeux. Durée d'arrêt du temps inférieure à dix secondes, je ne parviens plus à bouger, mais je reste consciente. Je m'effondre mollement par terre. Durée d'arrêt du temps entre dix et trente secondes : perte de connaissance, voire coma. Et enfin : durée d'arrêt du temps de plus de trente secondes (selon mes calculs car je n'ai jamais testé) : arrêt cardiaque qui conduit à un manque d'oxygène un peu dans tout le corps, donc encéphalogramme plat. Mort clinique assurée...

Mais là, à voir cette soirée devenir de plus en plus abominable (et de voir ma crédibilité aux yeux de Melicerte diminuer fortement à chaque nouvel arrivant)... J'avais bien envie de faire un tour aux urgences...

J'aurais bien penché pour un massacre à bout portant, mais le nouveau venu masqué me perturbait profondément. Qui était-ce ? Le fiancé de Melicerte ? Non, pas possible. (Moi, égocentrique ? Non...) Le fiancé de Vostok ? Hum, peut-être... Une connaissance d'Edmond sur internet ? Oh non, pas ça... Bref. J'ai fixé ce type aux airs indéfinissables. Quelque chose me disait qu'il me rendait mes regards. J'ai tourné la tête vers Melicerte. Pour faire les présentations.

- Mon petit frère, sa nourrice... en pointant tour à tour Edmond et Vostok.

Et de me pencher vers elle, pour lui murmurer à l'oeille :

- Tu connais le type en noir...?

Franchement, il ne manquait plus qu'Edgar Allan pour compléter le tableau de mon ennui le plus total. J'aurais dû fermer cette saloperie de porte, comme je le faisais toujours. Je n'aurais pas dû changer un peu pour ne pas l'étouffer, pour ne pas reproduire la scène désagréable qu'on avait déjà vécue. Je n'étais pas seule responsable de ce qui se passait ce soir. Après tout. J'ai sorti deux erlenmeyers propres et j'ai servi le vin. Je n'aimais pas, mais j'allais boire. Quelque chose me disait que si je voulais survivre à cette soirée, il faudrait que je sois en état de coma éthylique... autant faire comme Melicerte, en attendant d'être complètement saoule et regarder le spectacle qui s'annonçait dores et déjà passionnant... Posant mon "verre improvisé" et bondissant sur la paillasse, je pris place à côté de la jeune sous-lieutenant.

Je voulais parler affaires ET être seule avec elle (vraiment toute seule, pas dans une ruelle bondée). J'avais besoin de quelqu'un, au travail, mais aussi au quotidien... Peut-être que si j'avais décrété que ce serait elle c'était justement parce que c'était une femme et qu'elle serait moins intéressée qu'Alexander (dieu, s'il existe, ait son âme)... Peut-être aussi que c'était la seule adulte de mon âge de mon environnement et que par conséquent, je cherchais à tout prix à ce qu'elle soit mienne (ou mon amie, au choix). Peut-être aussi que comme c'était une soldate je cherchais juste quelqu'un qui pourrait tout prendre dans la tronche sans que ça ne m'éclabousse trop. Peut-être que j'étais quelqu'un doté d'un cœur en état de marche, ou alors peut-être que je n'étais seulement qu'une raclure sans nom... Qui sait ? La réalité c'était que c'était les deux. Elle était accessible (et offerte) et en plus une diversion facile.

En tout cas, l'essentiel était que j'avais décidé que ce serait elle et que rien n'y personne ne pourrait rien y changer. En dehors de moi. Avant même qu'elle n'en ait pris conscience, elle était devenue mon pion et chacun de ses gestes, c'était moi qui le dictai. tout comme Edmond, tout comme Vostok (enfin lui c'est spécial, il est fou), tout comme Jude... Tout comme tout le monde. Do you want to play a game ? De toute façon vous n'avez plus le choix, vous êtes à moi, tous.

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MessageSujet: Re: [CLOS] Assemblée Générale Extraordinaire. [24/12 dans la soirée]   Sam 29 Jan 2011 - 13:53

On commence à peine qu'une voix hésitante au possible malgré les points d'exclamations un peu frénétiques brutalise l'ambiance feutrée. Mais qui c'est celui-là ??
Je hausse un premier sourcil, soudainement prise au dépourvu. Et vu le regard que vient de lancer Graëchen, j'ai l'impression qu'elle est dans le même cas. Bon, de toute évidence, elle le connaît. Et cette manière de rouler les yeux… oui on dirait bien un air de famille. Je toussote juste à temps pour me faire couper la parole par une cavalcade qui débouche du couloir :

- De qui est-ce que…

-BLAM-

- T'es ferré Jonas !

Je réprime un cri d'horreur. Merde ! Qu'est ce que c'est que ça ?! Autant l'arrivée d'un garçon… ça passe. Autant l'incursion violente de cet espèce de… de… monstre carapçonné me crispe sur la margelle.
Comprenez moi, j'ai l'habitude des difformités et dans mon labo, j'ai ma galerie des horreurs mais ce n'est pas pour ça que j'ai envie de les croiser par surprise le soir dans la rue et encore moins de les voir surgir dans ce que je pensais être une entrevue privée. Qu'ils restent où ils sont ! Dans leurs cuves de verre ! Et là, cette allure de maniaque du fil de fer barbelé ne fait rien pour arranger les choses. A peine le temps de remarquer qu'il est armé qu'il bondit déjà pour ceinturer et plaquer le dénommé Edmond au sol. Je n'y comprends plus rien, je suis comme tétanisée, figée du séant et muette de stupeur.
La scène d'une incroyable absurdité qui vient de se jouer sous mes yeux n'a pas l'air de destabiliser mon hôte plus que ça (en revanche, elle a l'air de l'irriter au plus haut point).
Le dément aux cheveux noir et blanc me regarde. Je décelle de la gourmandise dans son œil valide. Lorsque le canon du fusil se pointe alors dans ma direction, je réprime un hoquet. Ma main glisse mécaniquement le long de ma hanche droite pour trouver… rien. Mon arme est dans mon manteau, lequel est posé hors de portée. Je serre le poing. Prise dans les phares d'une voiture lancée à tombeaux ouverts, la biche s'apprête docilement à se faire écraser.

En dessous, le gamin suffoque lentement. Graëchen se retourne vers moi après un échange dans ce qui me semble être de l'allemand.

- Tu vois ce que je voulais dire par "droit" ?
Je déglutis comme je peux, une espèce de boule de mélasse et de glaire. Je hausse un second sourcil, ce qui doit sans doute aboutir à me donner une allure de chouette effrayée.
- Dois-je comprendre qu'ils font partie de tes associés ?

J'essaie d'ignorer la menace du canon qui lorgne vicieusement ma poitrine. Si ce taré prend l'idée d'appuyer sur la détente, on me retrouve étalée sur toute la longueur de la paillasse… Est-ce que ça fait partie du plan de Graëchen pour me troubler ? Non, je ne pense pas qu'elle aurait prévu une démonstration aussi violente et chaotique sans en maitriser le moindre détail. Et vu sa crispation… y'a pas que les détails qu'elle ne gère pas là. Un dément complètement cuit qui brûle visiblement de l'envie de me répandre sur le carrelage et à qui elle demande tranquillement de saisir son "frangin", cuisson bleue.

J'ai soudainement très peur. Je découvre une partie de la vie de Graëchen que je ne connais absolument pas et tout au fond de moi, un doute se crée… et si je m'étais plantée ? Ce n'est pas tant la perspective de devoir me coltiner des fous en tous genres qui m'effraie. Je suis capable de gérer ça. Même la pression d'un fusil entre les yeux. Même le regard blessé d'un gamin écrasé à qui on n'accorde même pas le bénéfice de la taquinerie.
Non ce qui m'effraie, c'est que la personnalité de Graëchen n'est peut-être pas celle que j'aimerais trouver… Et si elle était intimement différente ? Non, c'est impossible. Il faut que ce soit elle.
Un filet de sueur roule lentement le long de ma colonne vertébrale, je coulisse un regard troublé sur cette fille qui me fascine et qui me tient entre ses doigts. Je voudrais lui dire quelque chose mais rien ne vient… et comme si ça ne suffisait pas, mes oreilles captent une autre arrivée.

Pas possible. C'est un défilé. Faites moi une piqûre de diaz… Mon air complètement abruti ne peut pas échapper à Graëchen lorsque j'accepte son bécher de rouge d'une main molle. Je suis presque rassurée de la voir bondir à coté de moi. Rassurée mais pas confiante. J'aimerais hausser un troisième sourcil.

Pantalon armée… des frusques, des frusques… une silhouette engloutie sous des kilomètres de tissu. Et c'est justement l'anonymat évident de ces enrobages qui me met la puce à l'oreille. Oui je connais ce type et sa dégaine de survivant de l'apocalypse nucléaire. Ou plutôt non, je ne le connais pas mais je sais ce qu'il fait dans la vie. En revanche je ne sais pas ce qu'il fait là !

Le tombeau s'est ouvert et la biche s'est couchée dedans. Qu'est ce que je fais maintenant ? Il y a de l'hostilité de toutes parts. Est-ce un test ? Il faut que c'en soit un… sinon je ne pourrais pas continuer.
Je regarde Graëchen, sertie de glace fine et dentellée. Son frère et celui qu'elle présente comme sa "nourrice" (mon dieu)… et puis ce soldat trop étrange pour qu'on ne le remarque pas même dans une base remplie des pas pressés de bottes identiques.

Je prends mal à la tête. Ma respiration devient laborieuse.

- Lui… c'est un soldat… articulé-je d'une voix rauque avec la conviction de passer pour une crétine finie. Dans quelques secondes, Graëchen va éclater d'un rire sadique pour m'expliquer que oui, elle a d'autres contacts dans l'armée. Que je ne suis pas indispensable et que je peux aller crever sur un trottoir la gueule ouverte.

Mon cœur va exploser dans vingt secondes mais je refuse de m'avouer vaincue. Et c'est d'une main blanche et presque pas tremblante que je porte le becher à mes lèvres pour faire glisser ce vaudeville macabre d'une gorgée de liquide rouge.
Mal ajusté sur mes lèvres, le récipient laisse une ouverture. Une légère coulure de vin me chatouille la joue et vient faire pleurer, au bout de mon menton, une larme de sang.
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MessageSujet: Re: [CLOS] Assemblée Générale Extraordinaire. [24/12 dans la soirée]   Sam 29 Jan 2011 - 18:19

Graëchen se figea. "Soldat", six pauvres lettres glaciales. "Merde" songea-t-elle, "j'ai sous-estimé ce toutou.". Edmond le vit. Il vit surtout le changement de lueur dans le regard de sa grande sœur. Avant que Melicerte ne réponde, elle regardait le nouveau venu d'un air méprisant et colérique. Depuis, la haine s'était incrustée sur son visage. Une haine non pas réservée à l'attention du "soldat masqué" (Note de moi : ceux qui s'imaginent un Dark Vador peuvent sortir...) mais du fameux "toutou". Edmond connaissait ce regard. Il ne l'avait pas vu souvent : sa sœur était coincée. Elle n'avait pas prévu ceci. Elle n'avait pas prévu, elle se flagellait mentalement à cette idée, et les répercussions sur le reste du monde en seraient terribles. Qui que ce soit qui ait cherché la blondie, elle se vengerait et ce serait vraiment, vraiment, vraiment pire que si Vostok avait voulu un apéritif. D'un coup Edmond se sentait en sécurité écrasé sous le colosse armé.

Parlons un peu de sa situation. Coincé sous le démon qui tenait Melicerte coincée dans son regard de fou, son arme pointée vers elle - probablement dans une zone proche du plexus solaire, de la gorge, de la tête ou du cœur (encore que Vostok avait l'air d'aimer jouer...) - il avait réussi à réorganiser ses organes à l'intérieur de lui-même pour faire une petite place à ses poumons. Tant pis si sa prostate ou son foie en prenaient un coup, de toute façon ce n'était pas comme s'il s'en servait souvent... Il parvenait à respirer - même si il commençait à voir un peu blanc sur les bords - et à s'adapter à ce milieu. De là où il était il avait l'avantage d'être protégé du "soldat masqué". Le seul qui aurait pu le tuer... C'était Vostok lui-même, qui lorgnait Melicerte et ne se préoccupait apparemment plus que d'elle.

Il avait le loisir de regarder sa sœur. Elle ne bougeait pas. elle ne restait que figée à regarder le "soldat masqué" et ne bougeait pas. Elle était en apnée ?! En fait, Graëchen avait une crise de panique passagère. Elle réfléchissait à toute vitesse. Elle cherchait une solution à cette situation ennuyante. Une situation prête à dégénérer... Il observa sa compagne. Elle avait l'air paniquée aussi (peut-être parce qu'elle était fourrée au milieu de psychopathes, avec une Graëchen perdue et un type qui la tenait clairement en joue). Edmond se fit la réflexion que chose faite, il ne serait pas contre la présence de cette fille. Peut-être que Graëchen arrêterait enfin de se laisser approcher par des types douteux...

Mais si le temps semblai se ralentir, Edmond vit très vite que Graëchen ne trouvait pas la solution adaptée. En réalité le seul truc qu'elle eut trouvé : "jeter son erlenmeyer à la tête du type". Mais ce n'était ni suffisant ni crédible... Elle ne bougeait pas. Alors Edmond choisit de rendre service à sa sœur. Elle ne reconnaîtrait jamais avoir été coincée. Si rien ne se passait dans les quelques secondes qui venaient, alors elle serait obligée de le reconnaitre... Certes. Mais elle préférerait massacrer tous les témoins de sa faiblesse (chose qui n'arrivait qu'une fois dans une vie) plutôt que d'incliner la tête. Elle était trop fière. Elle pouvait demander au nouveau venu de se présenter. Mais elle en savait déjà assez. Edmond, lui n'en savait rien. Il tourna alors brièvement la tête vers le type. Pantalon de l'armée. Mauvais. Il fallait donc que la solution vienne de lui ou de Vostok.

Comme Vostok semblait éperdu d'amour pour la nouvelle copine de Graëchen, la solution devait venir d'Edmond. Il aurait bien utilisé la techique du "je saute stupidement sur un adversaire armé et je me fais massacrer"... Seulement il était coincé sous le psychotique de service. Alors... Que faire ?

- Monsieur... murmura-t-il à l'attention de Vostok juste assez fort pour qu'on l'entende parler.

Pause.

- Cette jeune femme est l'amie de ma sœur. Elle n'est pas menaçante...

Re pause.

- En revanche, le militaire derrière vous est envoyé ici pour nous tuer...

La technique d'Edmond était principalement de monter Vostok contre le nouveau venu. C'était une tactique à double tranchant : Vostok se lèverait (et libérerait le pauvre geek) et en plus éradiquerait le militaire comme il avait explosé Alexander Belmont...

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Vostok Muir
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MessageSujet: Re: [CLOS] Assemblée Générale Extraordinaire. [24/12 dans la soirée]   Sam 29 Jan 2011 - 19:49

Bah alors ? Et maintenant ? Pourquoi il ne tire pas ?
Instructions claires, cible facile (et même alléchante), rien en face… ni protection ni armement. Cette fille est en sursis pour quelques secondes normalement ! Est-ce qu'il trouve ça trop facile et du coup barbant ? On sait que Vostok a le goût de l'affrontement, en témoignent piteusement, les sacs poubelles aux relents de charogne évacués il y a quelques temps. Est-ce qu'il savoure sa supériorité ? Les démons, ça aime jouer avec les humains…
Ou alors est-ce qu'il pense à tout autre chose… comme par exemple, à la nature du bleu. Oui, qu'est ce que le bleu finalement ? C'est ennuyeux de voir commander par quelqu'un de faire du bleu quand on ne sait même pas ce dont il s'agit. Pour autant qu'il puisse en juger en baissant la tête, le poulet jaune est toujours aussi jaune. Quoiqu'un peu cramoisi sur les bords. On dirait qu'il essaie de manger de l'air… Enfin, son délai d'exécution a pu également être délayé par l'arrivée impromptue d'un intrus. Un du genre qui aime jouer les mystérieux ça ! Ouh, la belle affaire !

Finalement on ne saura jamais trop pourquoi le démon n'a pas tiré mais ce qui est sûr c'est que lorsque la patronne vient poser son derrière à coté de sa cible, il ne peut tout simplement plus se permettre d'appuyer sur la détente.
Le Jackhammer est une arme lourde, redoutable et d'une imprécision crasse. A cette distance, il y a fort à parier qu'il toucherait la soldate et tout ce qui se trouve dans un rayon de 30 centimètres. Il n'y a donc un risque. Faible. Mais suffisant pour interdire toute action sans approbation. Attention, nous ne parlons pas ici de scrupules. Que Graëchen, la trépidante, ne lui donne qu'un simple assentiment de menton et il arrose tout le monde de chevrotine.

Mais pour le moment donc, voyant la leader incontestée de l'Ombre se mettre dans sa ligne de mire, il repose tout bonnement son fusil contre le bureau et se frotte le menton d'un air amusé.
Et puis tout aussi étrangement, un murmure flûté parvient finalement à ses oreilles. Il se penche un peu plus bas pour projeter son haleine huilée au visage d'Edmond qui… à ce qu'il peut en juger n'est pas encore d'un "bleu" (quoique ce soit) satisfaisant.

- Hein quoi ?! Tu m'causes l'avorton ? Héhé… Viens par là, faut que je te bleuisse !

Coinçant la tête du petit geek-à-sa-soeurette dans le creux de son coude, il se relève et fait trois pas en direction du nouveau venu, un pouce passé dans un des innombrables et incompréhensibles passants de son baudrier de cuir. Quoique baudrier est un bien grand mot pour désigner ce merdier de sangles, de lanières et de boucles qui passent et s'entrecroisent un peu partout sur son anatomie déguingandée.
Edmond toujours empêtré dans ses talons, l'occasion est trop belle pour ne pas lui faire une petite savonnette !
Il s'immobilise à une allonge de bras et détaille le nouveau venu de bas en haut. Puis de haut en bas. Puis cherche à trouver la tête et les pieds. Puis se dit que tout ce noir – non vraiment – ça ne vaut pas le détour.

- Naaaan. Pfff. (Il ricane). Toi t'es pas un soldat.

Mais d'où lui vient cette clairvoyance démoniaque ? De nulle part, c'est juste une élucubration. Parce que c'est comme ça et qu'il n'engagera pas le combat tout de suite. Décidément, c'est un soir de sabbat. Si ce type est vraiment venu pour les tuer, il se serait pas pointé comme ça par la porte sans rien dire. Même un débraillé aussi foutraque que Vosotok peut comprendre ça. Le sympathique sabbatique Vostok Muir qui tapote maintenant sans pudeur ou prudence la poitrine de l'autre à coups sec d'un index d'une propreté franchement douteuse :

- Bon d'accord, t'as un nom bout de charbon ? Si t'es v'nu faire un cours du soir, tu t'es planté d'adresse. Ici on fait pas dans le détaillé. Ce serait plutôt la grosse usine t'vois. (D'une bourrade à Ed' le jaune). Hein vieux !

Puis détournant la tête (sans aucune prudence décidement) par-dessus son épaule, il accroche les deux jeunes femmes dans sa lentille artificielle… zoome, zoome… c'est bien une goutte rouge ça ??!

- Par contre ELLE c'est une soldate. Et une gradée en plus. top score ça ! Bien vu patronne… Et maintenant, une question de boutique ; vous voulez la torturer d'abord ou je la tue tout de suite ? Je demande juste… j'ai déjà vu des employeurs se vexer pour moins que ça 'comprenez. Et personnellement, ouip, je crois que j'en prendrai bien un morceau… pour ma collection personnelle 'voyez…. jolie joue.
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Sick Z. Wonderfully
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MessageSujet: Re: [CLOS] Assemblée Générale Extraordinaire. [24/12 dans la soirée]   Sam 29 Jan 2011 - 22:20

[HRP : Sick et Zetch parlent ensemble dans leur tête. Ce qui est en couleur ne peut donc pas être entendu par les autres. Si je fais parler Zetch (ça arrive rarement mais ça arrive) je le préciserais dans le paragraphe précédent.
C'est nul, je sais, mais là j'avais pas trop de matière, puisque je ne peux pas le faire parler.]


Je suis pas d'accord. Moi Sick, je n'étais pas d'accord qu'un type me parle ainsi. C'était pour cela que j'avais laissé Zetch se développer en moi ; juste pour casser la gueule aux types qui comme lui, s'approchaient trop. Je suis pas qu'un soldat, je suis aussi une femme... Son blabla me saoulait, mais vu la situation, j'ai laissé la place à Zetch, me rangeant donc à la troisième personne.

Il parlait sans cesse. Et bla et bla et bla. Pipelette de merde. Je vais le bouffer. Je vais lui exploser la tronche à grands coups du crâne du blondinet. L'armée n'est pas mon milieu naturel, mais eux, au moins, ils ne te tripotent pas quand ils le veulent. Eux au moins, ils me craignent un minimum. Mais saloperie articulée, je vais te fumer que tu ne t'en rendras même pas compte. (Note de moi : imagine un peu ce que Vostok a fait à Alexander, mais entre Zetch et Vostok.) Et le mioche, un gamin cafteur. Et menteur. Je ne suis pas là pour les tuer.

"En plus c'est Noël." me fit remarquer Sick.

La gamine avait raison, pour une fois. Le jour de Noël, je ne tue personne. Sauf que la pipelette serait mon petit cadeau. Il me touche. Ou plutôt il a tripoté la mioche. Personne touche à la mioche. En tout cas personne tripote la mioche sans se prendre au moins une balle dans la tête. Il s'est retourné pour parler de la soldate. Tss. Amateurs. Ca m'a exaspéré assez pour que je décide que quitte à passer une soirée pourrie, j'allais claquer du démon. Ni une ni deux, j'ai balancé mon point dans son joli minois. Quoi ?! Hé gamine, pirate pas mes pensées !

"Ca m'a échappé..."

Juste pour lui répondre : "Bout de charbon ça m'ira amplement. Mon nom ne lui serait d'aucune utilité. Et je n'étais pas né(e) de la dernière pluie ; je n'étais pas prêt(e) de laisser filtrer mon identité." Bout de charbon c'est sympa même. J'ai jamais eu de surnom sympathique. La plupart du temps c'est "hé poupée" ou "pétasse". Et puis quelques minutes après c'est : "ah la salope elle est armée !" voire "courrez !". Et pour finir "Aaarg...". Mais "bout d'charbon" c'était sain, c'était naturel, c'était funky.

Ne pas oublier de se reculer pour éviter la contre-attaque. En fait, ou il continuait de tenir le gnome blondinet et il ripostait au fusil (mais à une main il n'aurait aucune précision et j'avais... 75% de chances de ne pas me le prendre en pleine poire) ou alors : il lâchait le gnome et là je pouvais me prendre une baffe ou un coup de fusil (et mes chances descendaient à moins de cinquante). Autant donc profiter de mes quelques micro secondes d'avance sur lui. Et autant compter sur sa surprise (ahem...).

Et là...

J'ai eu envie de jouer.

Peut-être que je suis un démon majeur aussi. Tandis que je reprenais possession de mon corps, Zetch partit pleurer dans sa niche en me maudissant.

"Les gonzesses, toutes les mêmes..." ... "La prochaine fois que t'auras besoin de moi je t'indiquerais la cuisine."

Je l'ai ignoré. Je voulais juste m'amuser un peu avec le choupinou. Je me suis décalée sur la gauche. J'aime le risque. Le risque de me prendre une balle dans la poire pendant que je communiquais avec cet esprit - spécial - était excitant et un motif de fuite. J'ai prris ma voix la plus douce et faible possible :

- Attrape-moi si tu peux... murmurais-je.

Et de me reculer, d'attendre qu'il fasse un geste pour me mettre à courir.

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MessageSujet: Re: [CLOS] Assemblée Générale Extraordinaire. [24/12 dans la soirée]   Dim 30 Jan 2011 - 15:07

[hrp : je continue mon parcours du romantique façon "spleen parisien". Désolé c'est un peu court et hors propos mais je me chauffe pour manier ton demi-frère correctement ^^]

C'est délicat de se promener par une nuit venteuse dans un bâtiment qu'on ne connaît pas. Bon c'est vrai, le vent n'a pas grand-chose à interférer avec tout ça… mais j'aime les détails théâtraux. D'ailleurs, je pense que la scène manque cruellement d'éclairs ou de grondements orageux.
On y croise les fantômes angoissés de passants oubliés. Des élèves ? Une envie de diaboliser le sanctuaire me prend. Je suis pris d'une bouffée de haine sans raison à l'égard de ces paisibles écoliers qui prenaient chaque matin le chemin de la raison sans passion.

Alors que ma pantoufle trempée de neige sale racle les premières marches d'un escalier englouti de ténèbres, je m'imagine à la même heure, bien des années en arrière, foulant l'épais tissu d'un tapis ocre pour gravir les degrés d'un imposant manoir grinçant.

Ma sœur, ma fausse alter ego, ma confusion identitaire, que peux-tu bien orchestrer dans cet endroit plein de soupirs ? Sont-ce les carreaux monotones qui t'ont séduite ? Ou bien les couloirs tortueux qui t'ont donné envie de t'y replier comme un reptile ?

Arrivé en haut des marches, je marque un nouvel instant d'hésitation. Une main dans la poche, le regard sombre, la tête légèrement penchée de coté d'une manière qui voile mon regard de quelques mèches sombres.
La pause comme la pose, sont importantes à part égales.

Voyons… de quel coté ? J'aimerais nourrir la fécondité de mes intuitions par quelques déglutitions gouleyantes supplémentaires mais j'ai stupidement éjecté ma mignonnette dans les eaux noires de Heaven.
De frustration, je tape du pied. Bah, c'est aussi bien. De toute façon, je ne vois pas en quoi ça aurait pu m'aider.

J'en suis encore là à me demander s'il vaut mieux troquer sa vie contre une fiole ou une fille contre un vide quand je perçois un mouvement confus. Prudent, soudainement alerte d'une lucidité luciférienne (que Lucie m'envierait, j'en suis sûr), je décide de reculer dans les ombres pour aviser.

Une silhouette passe à bonds rapides. Furtive et drapée de feutré… elle ne me remarque pas. Sa folle course à enjambées lestes et silencieuses la porte déjà vers un ailleurs que je ne désire pas connaître.
Et puis c'est un frottement métallique. Le tapement sourd de semelles renforcées, des cliquètements, une respiration rauque. Je recule encore.
Une autre silhouette se découpe en ombre chinoise devant la baie vitrée. Monstre gargouillant de bruits anomaliques. Il s'immobilise un bref instant et semble ricaner. Un reflet tranchant éclaire son sourire diamantin. Il semble humer quelque chose dans l'air puis s'éloigne à son tour dans la même direction.

Une féline poursuivie par un minotaure. Je n'aurais pas imaginé mieux comme entrée en matière. Et quand bien même, la pièce principale se fait attendre…
Graëchen, quelles autres chimères dois-je rencontrer dans tes boudoirs avant de pouvoir saluer ta frimousse boudeuse ?

Une nouvelle fois, cet instinct de rage me saisit. Je voudrais la réfréner. Mais il n'y a pas d'homme ou femme qui ne puisse s'accomplir sans donner libre cours de temps à autre à ses instincts dévastateurs.
Passant dans une pièce qui fût sans doute autrefois une salle de classe, j'empoigne le dossier d'une chaise. Le bois est lourd et rugueux dans ma main. Je sens déjà l'odeur que laisseront les montants de fer dans ma paume. Je tracte l'objet dans le couloir puis, d'un élan vengeur, fier aux dents et bouillant de sang, je projette la chaise contre la vitre. La baie ne se brise pas, la chaise rebondit dessus avec un bruit sonore et claque sur le sol.

Silencieux, satisfait et repu, je contemple mon œuvre ; une étoile de verre qui partant du point d'impact s'étire de manière arachnéene vers les bords.

Puis je me détourne, remontant le couloir dans la directions d'où provenaient les mythologies.
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Graëchen Doe
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MessageSujet: Re: [CLOS] Assemblée Générale Extraordinaire. [24/12 dans la soirée]   Mar 1 Fév 2011 - 16:14

Si un jour je publie mon autobiographie, vous savez, elle commencera par : "Ceci est un jeu, vous êtes mes pions, et je vous forcerais, de ma tombe, à lire ce foutu livre." S'ensuivra probablement un paragraphe d'éloge quasi-religieuse de ma petite personne adorée, que je ne vous imposerai pas. Mais si jamais je publie ce magnifique récit de mon existence, je passerai sous silence ce CAUCHEMAR de Noël. Si je ne devais me permettre qu'une seule critique je dirais que Vostok n'aurait jamais dû TOUCHER l'homme en noir. Premièrement, quand il avait ouvert la bouche, ça avait été pour faire de la provocation ratée que l'homme en noir n'avait pas demandée. Deuxièmement, Vostok avait beau être psychotique ET débile ce n'était pas une raison pour lui que de préférer perdre une moitié de membre à tripoter ce type qui, par son silence, n'avait pas l'air commode. Bien sûr, si j'avais su que c'était une jeune blonde quasi-insupportable de sympathie, je n'aurais pas dit la même chose. Mais voilà, Vostok était loin d'être un cerveau (aussi développé que le mien) et il avait pris des risques.

Outre le fait qu'il aurait pu déclencher la fureur de notre "hôte" (mais était-il prisonnier ou maître en ce lieu...?) et tous nous faire cuire à petit feu, ça rendait la scène... Pittoresque ? Non, même plus. On avait complètement dépassé les bornes du pittoresque. Maintenant on assistait à une comédie française (et seuls les français peuvent contempler à quel point c'est une blague) de mauvais genre. C'était pathétique... Et d'un ennui monstre.

En revanche, si j'étais prête à cracher sur Vostok (et sur Edmond, mais lui ce sera pour plus tard), je ne voulais surtout pas me dire la fatale pensée que : j'aurais pas fait mieux. Je m'étais retrouvée coincée le temps de quelques échanges, et même là je ne savais pas comment faire pour relancer la partie avec mon avantage dans tous les coins. Réfléchis Graëchen.

Une petite seconde plus tard, mon génial cerveau (à croire que la folie d'un abruti et de son nouveau compagnon de jeu - Vostok et l'homme en noir - me mettaient d'humeur égocentrique) trouva la solution. Le rejet total de quelque perturbation. Premièrement, c'était une façade, du genre : "mais non Melicerte, c'est parfaitement banal tout ce que vous voyez là". C'était injuste et un peu tiré par les cheveux étant donné qu'elle m'avait probablement vue dans mon mutisme le plus total. Mais ça valait toujours mieux que mon deuxièmement. Ce dernier était plutôt basé sur une remarque à moi-même : "Faudra t'y habituer tout de suite Graëchen, parce que au fond tu sais très bien que tu ne les changeras pas."

J'ai soupiré en regardant Edmond se masser le cou. Pauvre petit. Tiens j'ai trouvé son cadeau de Noël : du décontractyl en crème...

- Officiellement des associés, mais en réalité...

En réalité quoi Graëchen ? Des larbins ? Oui, certes, mais Edmond va faire tout un débat sur sa condition si tu dis ça. Et toi, tu ne veux pas. Des "hommes de mains" ? Oui aussi. Mais si Edmond ne se révoltera pas, ce serait inexact. On a parlé de confiance tout à l'heure avec Elle... En réalité...

- Ce sont plutôt des fous furieux désespérés qui cherchent une distraction et qui se sont dit que j'avais au moins une chance de les divertir, à défaut de gagner la guerre.

Oui, bon, là, Graëchen, tu as peut-être été un peu trop directe. Mais bon, j'avais raison. Au pire, même si ça passait mal, je pouvais toujours être fière du panache avec lequel j'avais sorti cette énormité. En plus, elle se rendrait peut-être compte de plus en plus dans quoi elle s'était engagée. Car, à partir de maintenant, elle ne re-sortirait pas de cet endroit sans avoir été bien lobotomisée... Ou alors dans un sac de sport porté par Vostok...

Le petit Edmond qui se massait le cou me regarda avec de gros yeux. Entrouvrit la bouche pour protester. Chercha ses mots. Réfléchit à ce que je venais de dire. Et les ravala. Oui, il savait que j'avais raison. C'était peut-être discutable, mais dans le fond, c'était exactement ce qu'il était re-sorti de notre "réunion" du 17 décembre...

J'ai regardé ma montre, juste comme ça, observer les aiguilles qui courraient sur le cadran. Lorsque je n'avais pas mal, c'était hypnotisant de regarder le temps s'égrener selon des lois différentes des nôtres. Ces règles là que par pur esprit d'excellence et de perfection je cherchais à trouver. Le monde serait enfin juste au niveau des éléments, et en plus, je pourrais vendre ce secret une petite fortune... "Comment une blonde mégalomane a prouvé que la théorie d'Einstein ne valait rien." Titre d'un livre que j'écrirais sur moi sous un faux nom quand tout aurait été dévoilé. Il recevrait le prix Pulitzer et je disparaîtrais, seule, sans Edmond, dans un endroit calme et reculé pour "mourir comme un con dans ma datcha". Comme Staline.

Enfin, c'étaient mes projets d'avant d'avoir eu l'idée de devenir maître du monde... Ca contre-carrait un poil ce projet scientifique, mais à observer, il était tout autant délectable...

Et Melicerte dans tout ça ? Suffisait qu'elle signe un petit papier et je lui laisserais l'honneur d'écrire le blabla de ma jaquette sur un des deux livres que j'écrirais. J'aime pas les chiens... C'était un assez bon compromis...

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MessageSujet: Re: [CLOS] Assemblée Générale Extraordinaire. [24/12 dans la soirée]   Mer 2 Fév 2011 - 9:40

Je me suis trompée, visiblement l'enturbanné n'est pas au menu du soir. Du moins si j'en crois la réaction de l'espèce de timbré aux rajouts d'aciérie. Mais j'ai dû mal à "croire" que quoique fasse ce monstre déglingué soit le fruit d'une réflexion sensée. Ce dernier fait sans doute office de "protecteur". Mais protecteur de quoi ?! Certainement pas des jeunes garçons en tout cas… y'a pas une loi robotique contre l'accouplement entre l'homme et la machine ?

Je me hérisse lorsque ce fou furieux me désigne avec à nouveau dans l'œil, cette espèce de lueur de convoitise. Dents grinçantes, je serre le poing autour de mon verre improvisé, gonfle la poitrine et m'apprête à répondre pour ma propre perte. Peu importent les conséquences, personne ne discute de moi comme d'un bout de viande !

Mon coup de tête est néanmoins devancé par un coup de poing. Je ressens l'impact avec une jubilation presque physique tant j'avais envie de faire la même chose. Le dégingandé valdingue dans la salle. Première bonne nouvelle de la soirée. Je ne sais pas pourquoi enturbanné est là, mais il l'a frappé, c'est une bonne chose. Parce qu'en plus c'est lui qui en subira les conséquences.

Rideau de ce coté là, les dégénérés vont jouer au lance-flamme et à la mouche du coche dans les couloirs ténébreux de l'école. Je n'y crois pas… Consciente que ma main tremble maintenant un peu trop, je repose mon bécher à côté de moi, frustrée d'être désarçonnée aussi brutalement. Ça m'énerve.

Merde ! Quand on chevauche un tigre Méli, on ne lâche jamais prise ! Tu le sais ! Tu le savais dès le début. Tu le savais quand tu pactisais avec la démone dans la ruelle !!
Sauf que là, je viens de m'étaler dans la boue. Et maintenant, le visage encroûté, aveuglée, je cherche à tâtons ce qui me maintenait d'aplomb. Et pendant ce temps, le prédateur, alerte, tourne autour de moi. Je peux sentir sa respiration fauve.

- On dirait des gamins… marmonné-je en réponse à la définition de Graëchen qui, ma foi, m'a l'air assez correcte. Pour autant que j'ai pu en juger.

Je baisse les yeux sur le fusil abandonné par le dément. Dans sa hâte, il en a même oublié son arme. Quel genre de soldat peut-être couillon à ce point ? En attendant, il manipule un broyeur qui foutrait les chailles même à l'unité 6.
Non réflexion faite, on ne dirait pas un gamin… plutôt une poule avec un couteau. Une poule à qui on aurait tranché la tête au trois quart et qui continuerait à courir, agitée uniquement par ses nerfs, traînant son chef dans la poussière.

Je pivote d'un quart de tour et replie une jambe sur la table, comprimant mes muscles dans cette posture contractée. Menton sur le genou, je regarde cette fille qui m'a d'abord intriguée, fascinée, envoûtée et finalement séduite. Il me faut une autre gorgée de vin pour admettre tout ça. Puis je la regarde encore, avec une fixité inquiétante. Mes yeux posent l'ensemble des questions que mes lèvres n'osent pas formuler… et même plus. En fait, en ce moment mes yeux s'interrogent sur le sens de la vie, sur la mégalomanie, la destruction, la souffrance, la terreur…

Je vois des gens implorant la blonde, leurs bras levés rongés par l'acide qui s'agitent inutilement tandis qu'elle les rejette par de simple battement de cils et regarde l'heure comme si tout ça l'ennuyait profondément.

Le contraste entre cette frénésie sans queue ni tête et le dédain affiché de Graëchen fait monter une bouffée de chaleur orageuse du fond de mon estomac. Je toussote sans le vouloir, réalisant que mon volcanisme explosif est arrivé au moment où le bouchon va sauter.

Mes iris brunes pourraient virer au rouge que ça ne m'étonnerait même pas. Tournant brutalement la tête, je me mets à fixer le gamin à demi-étranglé pour ne pas regarder ma voisine.

- Des gamins… des fous furieux… (mal langue commence à se gonfler d'un torrent de feu)… NOM DE DIEU GRAËCHEN ! Tu t'es bien foutue de moi !! C'est avec cette bande de débiles que tu comptes anéantir l'armée ?!

Pompéi, 24 août 79. Je glisse au bas de mon perchoir.

- Un taré in-con-trô-lable, un gamin qui se mettrait à chialer si je lui collais une trempe - et c'est pas l'envie qui m'en manque - quoi d'autre ? Un autocuiseur doué de parole, un alcoolique en tongs, une droguée anémique allergique au bruit des corps qui se cassent ??!

Tchernobyl, 26 avril 1986. Poings sur les hanches, j'irradie d'une fureur radioactive.

- NAN c'est moi qui me casse. Tu m'as embobinée avec tes projets, tes idées ! Je pensais que tu avais quelque chose de spécial mais c'est juste CA ? DES CONNERIES ! Une espèce de secte d'ABRUTIS qui se baladent avec leurs complexes d'Oedipe ! Du gibier d'hôpital psychiatrique ! "A défaut de gagner la guerre". Merde ! On ne s'engage pas pour se divertir. On s'engage pour GAGNER ! Si tu ne comprends pas ça, qu'est ce que je fous là ??

Je suis maintenant face à ce pauvre gosse qui n'a rien demandé. J'avance sur lui mais je continue à m'adresser à sa sœur. Je ne veux pas la regarder.

- Je… j'avais confiance en toi. Je croyais que c'était sérieux. J'y ai vraiment cru…

La lave qui s'écoule de ma bouche vient de rencontrer un élément liquide. Ma voix se brise.

- Pourquoi… je… tombe… toujours… plus bas…

Inde, août 2008. Je me noie au milieu des corps boursouflés. Abdomens distendus qui montent et qui descendent doucement.
Je me tourne vers Graëchen mais ça n'a pas d'importance parce que je ne peux pas la voir. Mes yeux troublés, emplis de larmes qui s'endiguent et ne tardent pas à céder.

- ... pourquoi... toi ?!
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MessageSujet: Re: [CLOS] Assemblée Générale Extraordinaire. [24/12 dans la soirée]   Mer 2 Fév 2011 - 19:58

Un certain nombre de possibilités s'offraient à moi - pour être plus exacte : trois. Elle étaient plus ou moins compatibles les unes avec les autres. Par exemple, la première consistait à laisser faire Melicerte, et de compter ses erreurs. Ce fut ceci qui me poussa à rester sagement assise lorsqu'elle était assise. Et de me dire "tu n'aurais jamais dû me tourner le dos" lorsqu'elle le fit. Me lever en même temps qu'elle. Comme pour la retenir ? Non. Plutôt pour aller chercher mon arme dans ma poche. Enfin Son Arme. Je ne comptais m'en servir qu'en dernier recours. J'avais des tas de choses à dire. À faire. Je devrais choisir... Mais pour le moment, je ne faisais pas ce choix là. Le fait était que la situation avait changé. Dans cette petite ruelle, elle m'avait déstabilisé. Mais là, c'était mon élément. Dans la ruelle, j'avais failli céder, mais désormais, je savais gérer. Et elle non. Elle allait se faire misérablement bouffer. Et je regarderais la scène, avec un sourire amusé, avant de me détourner pour aller charmer l'homme en noir. Je n'en avais pas envie, mais c'était ainsi. Et si elle croyait que j'allais tomber à genoux pour la supplier de rester avec, que c'était l'amour de ma vie, que mon existence et mes buts allaient chavirer pour elle... Elle ferait mieux de presser elle-même la détente.

Je l'ai laissé faire tout son blabla, nullement décontenancée par sa crise de larmes. "Pourquoi... Toi ?". Oh j'avais bien une réponse toute faite pour ça. Toute faite et absolument pas classe.

- Tu n'es qu'une prostituée. Tu attendais que quelqu'un comme moi ne vienne te faire ma proposition.

Elle s'était offerte à moi en entrevoyant un éventuel salaire. Et maintenant qu'elle se rendait compte qu'elle serait soumise à des choses TRES obscènes, elle reculait. Erreur numéro deux.

- Mais va-t-en. Fuis. Tu ne vaux que ça.

Et de la scalper du regard. Tu es tombée de très haut Melicerte. Notez que je ne me mettais pas en colère. C'était une rage sourde. La même rage qui, je le savais, si elle s'en allait, me pousserait à lui coller une balle en pleine tête. La rage se lisait dans mon regard. Elle ne le voyais probablement pas. Vu qu'elle était presque en train de chialer. Ses larmes en préparation me donnaient des envies... De meurtre. Lui arracher la tête à grands coups de dents, et la lui planter sur un piquet. Je demanderais à Vostok d'aller le planter devant le Quartier des Généraux de l'armée... Ca ferait sensation... Ca les pousserait à faire une erreur, quelle qu'elle soit. En revanche, si elle croyait que je ne comprenais pas mes propres plans, si elle était conne à ce point, mais qu'elle se casse la rousse ! Elle se briserait avant d'avoir quitté le lycée. Point barre. Les hystériques comme elle, je connais. Très connes. Très fragiles. Elles se donnent une contenance, mais elles explosent au premier "poc". Et ceci était le premier d'une très longue série... Voila ce que je pensais au lieu de me mettre à hurler moi aussi. Je préférais fulminer - exactement comme la dernière fois. Je n'aurais pas dû m'attarder sur elle une seconde fois. Elle n'en valait pas la peine. Je préférais concentrer cette rage mêlée de haine plutôt que de hurler ; je m'en souviendrais et je le lui ferais payer très cher...

J'ai fait un pas vers elle. Le canon son arme remonté un peu plus. Je ne m'en étais jamais servie, quelle importance ?! Il faudrait bien que je m'en serve un jour. Et j'avais déjà fixé cette date. alors autant être préparée... J'ai donc fait un pas vers elle ; mon sourire s'étirant encore un peu plus. Vous n'imaginez pas les crampes faciales que je prends à longueur de journée...

- Elle a raison. Graëchen a raison. intervint Edmond.

Pause de sa part.

- Vous n'avez même pas écouté ses propositions, et vous fuyez ?!

Re-pause. Grands gestes des bras. Il battait des ailes.

- Vous ne valez pas mieux qu'une adolescente.

Je l'approuvais. Petit frère avait raison. Pour une fois. Et il avait le courage de donner son avis malgré les menaces qui planaient sur sa belle bouille d'ange blond. Il savait que si elle levait la main sur lui, je la tuerais. (En tout cas, il l'imaginait.) Moi, mes hommes, et Ses chefs la traquerions... Au final, elle se retrouverait assassinée dans sa baignoire, tout ça pour une crise d'adolescence. J'ai finalement désigné la porte grande ouverte du regard.

- Tu connais le chemin.

Je n'avais pas peur qu'elle "cafte" (parce que vu son comportement immature elle ne valait pas mieux que ça) à ses supérieurs. Ca ne ferait que les stimuler... Ils feraient exactement ce que je voulais. Je n'avais pas peur parce que je savais gérer ces fous. Je n'avais pas peur, parce que quelque chose me disait qu'elle ne partirait pas. Pas comme ça. Elle nous faisait juste une petite crise de nerfs. Je le savais. Si j'avais été quelqu'un de bienveillant je lui aurais préparé un verre de lait chaud OU je lui aurais jeté son verre de vin au visage pour la "stimuler". Mais je suis quelqu'un de particulièrement malveillant. Alors je n'ai fait que lui restreindre les possibilités. Elle partait et elle mourait, ou elle restait et elle me serait fidèle jusqu'à la mort. À dire vrai, j'avais aussi très envie de la tuer si elle restait. On ne me faisait pas de scandale comme ça pour des gamins préférant jouer à cache-cache avec un type de SON côté, avant d'aller se faire massacrer.

Si je n'acceptais pas les "jeux" plus ou moins glauques de Vostok et d'Edmond, j'étais tout de même assez ouverte d'esprit, MOI au moins, pour comprendre que quitte à se faire exploser par une armée surentraînée, ils préféraient profiter un peu. Certes, c'était dégueulasse, et rien que d'imaginer Edmond avec Vostok, seuls, toute la journée... Rien que d'imaginer les sévices sexuello-corporels que Vostok pouvait infliger à mon petit frère, ça me donnait... Envie de rire ET envie de pleurer. Pauvre Edmond. Hé hé hé...

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MessageSujet: Re: [CLOS] Assemblée Générale Extraordinaire. [24/12 dans la soirée]   Mer 2 Fév 2011 - 20:55

Je vais partir. Je le sais et elle le sait.
Et ça va partir. Que les larmes éclosent et coulent librement… que je remarque finalement qu'elle me tient en joue avec l'arme que je lui ai offerte sur un coup de tête. Tout ça n'a pas d'importance. Jamais personne ne m'a autant traînée dans la boue.
Le tigre m'a désarçonnée et maintenant il sourit de tous ses crocs de me voir trembler, petite amazone qu'on a désarticulée.

Je suis transpercée de part en part lorsqu'elle me traite de pute. Un éclair noir me traverse la poitrine. Mes pupilles s'élargissent. Je respire de moins en moins bien. Mon thorax secoué de hoquets se mouille déjà des gouttes salées qui trempent mes joues. Elle n'ajoute rien. Juste la menace évidente de son attitude et ce dernier camouflet à ce qui restait de ma fierté.

Et moi, comme une gamine blessée, je me replie et m'apprête à partir.
"Ah, c'est bien", voudrais-je dire avant qu'elle ne m'abatte. Dans le fond, j'ai toujours su qu'elle tirerait la première. Je voulais juste en profiter un peu avant… pauvre petit papillon qui s'est brûlé les ailes.

Adieu Graëchen. Tu ne me regretteras pas et moi… je n'en aurais plus rien à faire.

Adieu…"ah c'est toi…" mes lèvres s'ourlent, ma gorge s'englue, je transpire et pleure…

Maintenant.

Mais à ce moment là, le mioche qui pour le moment n'existait même plus dans mon univers s'immisce dans la conversation. On ne m'accordera aucun égard. Pas même celui d'être en tête à tête pour mon épitaphe avec celle qui aurait pu changer ma raison de mourir.
Mais pire, il s'attaque là où ça fait mal. Il me traite d'ado. Précisément ce que je me défends constamment d'être et donc intérieurement, ce que je redoute. Ça me fait encore plus mal que de me faire traiter de putain.

Mais il y a un énorme mais. Car si je suis totalement impuissante face à Graëchen, il n'en va pas de même pour ce gavroche envers qui je ne conçois que du mépris. En gros, elle a le droit de me détruire, je m'y suis résignée. Mais pas lui. Et en un instant, ma flamboyante bouffée de désespoir se mue en frénésie haineuse. Un jour, je vais infester ce gamin avec la pire des maladies que je pourrai concevoir dans mon labo. J'y passerai dix ans s'il le faut. J'écumerai la ville en quête de cobayes. Je viderai jusqu'à la dernière goutte de sang des habitants pour affiner le virus mais je le jure, je torturerai ce gosse plus douloureusement qu'aucune créature terrestre n'a jamais été affectée par un micro-organisme.
Il perdra ses poils, ses dents, ses gencives et ses yeux. Ses muscles fonderont. Ses viscères pourriront. Sa peau se ridera. Il souffrira. Il pleurera sans larme. Il s'arrachera les ongles à force de se gratter. Il s'arrachera le sexe pour calmer la douleur que lui causeront chacune des envies de pisser qu'il aura.

Tout ce joyeux programme passe en un instant dans mes yeux noyés et de Mélicerte la militaire, je deviens Mélicerte la veuve noire. Seulement pour ça, il faut que je vive.

Oui que je vive.

Et là, la peur me saisit. Une terreur primale, instinctive que je n'avais pas ressentie depuis longtemps. Je ne VEUX pas mourir !! Mais qu'est ce qui empêche Graëchen de tirer maintenant ?!

Visuellement, ça donne quelque chose d'assez confus.
Au début j'étais figée, résignée et prête à tourner une dernière fois le dos à celle qui allait déjà me trahir à sa première poignée de main.
Puis j'étais hébétée pendant quelque battement de cils.
Et maintenant me voilà, cataleptique de céphalalgie (nda : 3 points !), paralysée de terreur. C'est encore pire !

Et dans cette position que croyez vous que je fais ? Affronter dignement la haine froide de Graëchen ? Retourner ma veste et réintégrer le rang ? Partir en courrant ? Chercher l'affrontement ?

Et bien voilà ce que je fais :

- Graëchen… je t'en supplie (un filet de bave s'échappe de mes lèvres)… ne me tue pas.
Larve immonde ! Je suis en train de la supplier ! Rien que son instinct va lui commander de me loger une balle en pleine tête. Arrête Méli ! Arrête !
- Dis moi ce que tu veux que je fasse… mais je t'en conjure (je tremble de plus en plus fort)… non… pas ça… pas maintenant… pas comme ça…
Je voudrais encore continuer mais ça m'est impossible parce que mon ego vient d'envahir la citadelle délabrée de ma fierté. Dans sa charge sourde de taureau écumant, il me fait haleter comme une bête sauvage. Je ne peux pas reprendre mon souffle sans un "Grhhhin" rauque et veule. Je ne peux pas expirer sans postillonner un "Theu" malsain.

Last chance to evacuate your mind before it is recycled.

***

Et pendant ce temps, en arrière plan, on entend le bruit d'un pas frottant. Un pas hésitant. Un pas qui ne sait pas encore trop s'il doit franchir le Rubicond ou rester sur la rive droite.

[hrp : coupure dramatique ! Enchaîne avec Sick, je répondrai avec Vostok et puis... Edmond - Edgar - Graëchen ?]
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MessageSujet: Re: [CLOS] Assemblée Générale Extraordinaire. [24/12 dans la soirée]   Jeu 3 Fév 2011 - 18:30

HRP : je sais, c'est vachement centré sur Graëchen, CEPENDANT je peux difficilement faire autrement vu que de tous les points de vue (outre peut-être Vostok) elle est le centre du monde. J'espère que tu ne m'en tiendras pas trop rigueur.

Si la scène entre Graëchen et Melicerte (et Edmond) était pittoresque, celle entre Vostok et moi était ridicule. On avait fait un tour dans le lycée sans le savoir. Descendre les escaliers, remonter les escaliers, courir courir courir, remonter, redescendre, traverser la cour, remonter les escaliers, courir un peu, passer à l'intérieur d'une salle, bondir par dessus un bureau qui traînait au milieu, descendre des escaliers, les remonter, et nous voilà... Dans le bureau que nous venions de quitter. Certes, Vostok courrait vite. Certes, il était bruyant. Mais les quelques secondes d'avance que j'avais sur lui, et l'intervention miraculeuse du bureau - je ne sais pas comment il a fait pour se coincer les pieds dedans - me firent arriver en pleine scène d'execution avant lui. Je vis Graëchen armée, prête à tirer, sur Melicerte Kérozène.

D'un sens, ça me faisait presque "plaisir" de voir cette traînée traîtresse se faire vulgairement descendre froidement par une blonde électrique, d'un autre côté... On était du même bord, et si elle mourait, je me retrouverais le prochain sur la liste des meurtres de l'Ombre. L'Ombre ne m'effrayait pas, mais la blonde électrique était dangereuse... Trop dangereuse. Le seul moyen que j'aurais de me débarrasser d'elle serait de lui rendre une petite visite entre blondes électriques. Elle savait, elle savait, j'ignorais comment, mais elle savait... J'avais presque envie de fuir face à elle et de laisser Melicerte à son triste (ou pas... Héhé...) sort. Je suis entrée à pas de chat dans la pièce.

Je suis arrivée exactement au moment où Graëchen tira. Instinctivement, j'avais sorti un de mes Beretta. Je ne tirerais pas avant d'avoir vu qui mourait. Je fus surprise de voir le gamin blond tomber. J'ai fait la moue sous mes quelques turbans noirs. Balle dans l'épaule droite. Un règlement de comptes sans grande envergure. Dommage. Le blondinet a hurlé, tant de surprise que de douleur. Puis au sol, se tenant l'épaule touchée, se rendant compte qu'il saignait, poussa un cri de douleur. Pauvre gosse. La blonde électrique, elle avait une lueur de haine dans le regard. De haine et... D'amusement ?

Elle s'approcha de la pauvre soldate, humiliée, en larmes, et lui murmura quelque chose dans le creux de l'oreille, arme toujours en main. Je n'entendis pas ce qu'elle marmonna mais dans un souci du détail :

- N'oublie jamais que j'aurais toujours une longueur d'avance sur toi et tous tes petits copains en kaki.

Je m'approchais, ne sachant pas quelle démarche adopter. Mon dieu, je voulais juste prendre mes jambes à mon cou avant qu'elle ne se mette en tête de me tuer. Elle, elle fit demi-tour. Salope manipulatrice. Elle savait que je n'oserais pas lui tirer dessus par derrière. Elle retourna calmement vers son verre de vin. S'asseyant sur la paillasse. On aurait dit qu'une brèche temporelle s'était ouverte et qu'elle y avait enfermé les quelques minutes qui venaient de s'écouler. J'avais beau me dire qu'il ne fallait pas la laisser faire, je me retrouvais comme Melicerte et le gamin blond : inerte, à attendre qu'elle me donne l'autorisation de mourir. J'aurais dû tirer. Elle sirota son vin calmement, tenant son verre d'une main et son arme de l'autre.

- Et vous ? demanda-t-elle apparemment à mon intention.

Elle tourna la tête vers moi seulement APRES avoir parlé. Ses yeux me fixaient. J'ai vu qu'elle savait. Il fallait que je me tire. Que je file. Je ne dirais rien, elle ne dirait rien sur moi. Mais dans tous les cas elle me tenait. J'avais des choses contre Melicerte. J'avais des informations sur sa base. Mais sur elle je n'avais RIEN. Elle, en revanche, avait TOUT sur moi. Un serpent. Elle se mit à rire.

- Tu vois ? dit-elle à Melicerte. Tu vois pourquoi je sais que j'y arriverais ?

Elle m'a montré(e) d'un geste du menton.

- J'ai deux soldats dans mon bureau et ni l'un ni l'autre ne peut quelque chose contre moi.

Pause.

- Et si tu savais ce que j'ai contre tes supérieurs...

Et de boire une gorgée de vin. Je me suis empourprée. J'ai avancé de deux pas vers elle, bien décidée à la tuer, remontant mon arme vers sa tête... Je me rappelle... À quel point elle avait l'air exaspérée. Elle savait que je ferais ça. Elle savait qu'il ne se passerait rien ; car elle savait que Vostok arriverait en trombe. Je hais cette femme.

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MessageSujet: Re: [CLOS] Assemblée Générale Extraordinaire. [24/12 dans la soirée]   Ven 4 Fév 2011 - 13:56

Le pétron a vraiment eu l'air de déstabiliser Vostok. Pas vraiment comme s'il ne s'y attendait pas, mais disons qu'il l'a encaissé sans vraiment y être préparé. Comme s'il pouvait se préparer à quelque chose de toute façon.

La droite du bout de charbon l'envoie proprement tituber en arrière. Dans son déséquilibre, il libère malencontreusement le poulet jaune de son étreinte suffocante. Puis, dans un enchaînement chaotique et brouillon, percute un angle de bureau, secoue la tête et s'éponge le coin de la lève. Un filet de sang frais se sépare en deux sur la ligne de sa mâchoire.
Il n'a pas l'air choqué. Pas le moins du monde. Et pourtant, pendant un instant, il a l'air d'hésiter, le démon. Pourquoi ? Tout simplement par ce qu'il détecte. Probable que lui seul l'ait entendu…

"Attrape moi si tu peux". Une voix de fille. Mais d'accord ! S'ébrouant à la manière d'un animal, le grinçant énergumène se met immédiatement en branle, surgissant à une vitesse fulgurante de son angle du ring.
Son poing avide ne se referme que sur du vide. Il ricane et sans se soucier de savoir ce qu'on attend de lui, talonne sa proie à toutes jambes.

Il connaît bien les couloirs. Il pourrait en profiter pour tendre un piège à sa cible dans le noir… mais ce n'est pas comme ça qu'il fonctionne. Aux embuscades furtives qui font trépasser dans un soupir, il préfère de loin les folles courses bruyantes qui font dézinguer dans le sonore, le dégueulasse et la souffrance la plus abjecte.
Voilà, c'est ça qui lui fait cogner le battant contre la poitrine.

Et le charbon est agile ! Une vraie petite boule de suif. Ziguant quand il l'attend à droite et feintant quand il pense le coincer.
Mais il n'en perd pas la trace. Juste un instant, il s'immobilise près d'un escalier.
Il y a là quelqu'un. Un type qui se croit sans doute très malin, qui se croit planqué mais dont il ressent parfaitement la présence. Vostok reste là le temps de renifler et d'essuyer le sang qui suinte de sa lèvre fendue. Hum, pour le moment, la poursuite l'amuse et passe en premier plan de ses priorité alors ce nouvel intrus... ça attendra.

Du coup il repart, il jongle entre les salles obscures et finit par décider que c'est bien assez. Prenant appui sur une estrade, il replie les genoux et se propulse en avant pour ceinturer sa cible. Mais… conséquence de ses frusques mal ajustées, une sangle se coince entre l'angle d'un bureau poussiéreux et le dossier d'une chaise.

- Nouiiiif !!

C'est la chute de la pile de casseroles. Coupé en plein élan, le grand gognant s'étale maladroitement entre les meubles. Jurant, pestant, il lui faut encore quelques secondes pour libérer son baudrier. Entre temps, bien entendu, Boule de Charbon a mis les bouts.

- Hey BdC ! T'impatiente pas, je vais te coller le museau dans la fange !

Il se fait craquer les phalanges et crache sur le carrelage. Tournant à l'angle de la pièce, il perçoit le tapement discret de semelles de velours au dessus de sa tête. Elle est remontée.
Il enfile les marches quatre à quatre, tordant pratiquement la rambarde légère en tournant au coin. Vosotok n'est pas particulièrement costaud mais quand il décide d'être rapide, il génère assez de cinétique pour défriser une vache frigide.

Habile, très habile. BdC est remontée du RdC pour mieux se débarrasser de la menace potentielle qu'il incarne. Mais ça ne lui laisse qu'une fenêtre de quelques secondes et défoncer les fenêtres… c'est justement sa spécialité.
Faisant appel à tout ce qu'il peut y avoir de fulgurant dans un organisme dopé à l'électricité, Vosotok développe des enjambées proprement inhumaines. De larges balancements des bras, le dos voûté, ses bottes ferrées semblent presque ne pas toucher terre.

Il se rapproche dans son dos ! Pourquoi elle ne se retourne pas ? Il repère la forme oblong d'une arme à feu. Un crache rouge ? C'est l'heure de faire un peu de Couture Mécanique.
Rugissant par pur plaisir, pour la beauté de la chose, parce qu'il est dément, parce que ça déstabilise et parce que mine de rien, ça relève des choses que l'on attend d'un membre de l'Ombre, il lève le bras gauche à hauteur de tête, écartant largement les doigts.

Il bondit !

Il percute Bdc en plein dans l'épaule, ressentant le choc onduler le long de ses muscles avec un plaisir bouffon. La porte entrebâillée claque magistralement contre le mur tandis que les deux corps tombent en avant. Son poing droit s'écrase dans le creux de ses reins, là où ça compte tandis que de son bras gauche, montent des bruits inquiétants. Comme si quelque chose cherchait à en éclore ! La peau se déchire, le sang explose dans une gerbe de gouttelettes. Les tendons se séparent. Puis une série de coulissements métalliques, comme une crémaillère.

Vostok enfonce son genou dans le dos de Boule de Charbon, il relève le coude. Son bras gauche n'est plus qu'un amas de chair déformée rougeâtre duquel émerge bientôt ce qui ressemble à une tête d'isolateur pour pylône à haute tension. Une série de petites assiettes métalliques alignées concentriquement le long d'une tige fine. Un petit canon Gauss, juste au diamètre de l'avant bras qui vient de le délivrer, se pointe maintenant sur la nuque de BdC.

- Tout ceux qui s'opposent à l'Impératrice doivent mouriiiiiir !! lâche t-il avec une jubilation exagérée.

Et de partir d'un rire parfaitement malsain. Son visage maculé de sang arbore en cet instant une expression de quasi-fanatisme dont on ne sait pas trop finalement si c'est juste pour accompagner la rigolade ou parce qu'il est en rogne de s'être fait balader comme un péquin.
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Edmond Doe
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MessageSujet: Re: [CLOS] Assemblée Générale Extraordinaire. [24/12 dans la soirée]   Ven 4 Fév 2011 - 20:17

HRP : bon désolée, j'ai tendance à faire bouger essentiellement Graëchen, mais Edmond avec une balle dans l'épaule peut pas faire grand chose.
Désolée de te forcer à faire venir EA, m'enfin quand même...

"Mais qu'est-ce qu'il se passe...?" songea Edmond au moment où la balle le toucha. Projeté en arrière, il atterrit un mètre plus loin. Il se mit à hurler, mais il n'entendait que le son de la déflagration, qui semblait persister même après l'impact. Il hurla à deux reprises. Un des cris provoqué par la stupéfaction de voir sa soeur tirer alors qu'elle n'en avait aucune raison. Il ne s'attendait pas à ce que Graëchen tire et encore moins sur lui. Le deuxième cri fut causé par la douleur sourde et vicieuse causée par la balle. La douleur sourde de la trahison de sa soeur. La douleur sourde de cette balle intruse dans son épaule. Il ferma les yeux, n'entendant pas ce qui se passait. Ses cris se faisaient de moins en moins bruyants... Lorsqu'il les rouvrit, il y avait du sang partout. Sur lui. Sur le sol. Sur son visage. Sur Vostok.

"Mais que...?" se demanda le blondinet en voyant la désintégration progressive de sa "nourrice".

Il se jucha sur la bras droit, essayant de ne pas utiliser son épaules meurtrie. L'homme en noir gisait sous Vostok, face contre terre, immobilisé et prêt à mourir. Son arme à feu avait glissé loin de lui, le laissant seul face à une mort certaine. Une arme plaquée contre sa nuque... Une arme tout droit sortie du bras de... Vostok. Ce dernier ne semblait pas outre mesure dérangé par tout ce sang qui dégoulinait de son corps si étrangement foutu. Edmond, malgré la douleur, eut un sourire crispé : "Impératrice". De là, il ferma les yeux, et s'effondra dans un abîme noir, reposant : le coma.

Pendant ce temps, Graëchen pestait contre Vostok. "Il aurait pas pu intervenir AVANT que je me sois assise ?" Mais d'un autre côté, c'était un type brillant... Il avait pas inventé l'eau chaude, mais quand même... Et l'Impératrice se releva lentement, posa son verre improvisé sur la paillasse, s'avança vers le soldat immobilisé, le claquement de ses tallons sur le carrelage annonçant la sentence. Elle se pencha vers l'arme, ce qui faisait qu'elle en avait désormais deux. Puis, finissant le trajet, s'accroupit au près du type en noir.

- Bien, bien, bien... Alors, que cache-t-on derrière ce voile ?

Et de lui arracher d'un geste sec et décidé. L'homme en noir, ou plutôt la fille aux cheveux blonds, avait les larmes aux yeux, donc était dans le même état que Mélicerte.

* concernant l'homme en noir ou la jeune fille aux cheveux blonds :
C'était le nom que j'avais donné d'avance au dernier chapitre de l'histoire de Sick, que j'avais vachement avancée. On découvre tout au fil de l'histoire l'Homme en noir ET la jeune fille aux cheveux blonds pendant tout le récit, et patatra, on découvre qu'il s'agit de la même et unique personne...

Graëchen poussa un long soupir.

- C'était trop facile...

Heureusement, elle avait eu la sagesse de ne pas dire tout haut ce qu'elle pensait tout bas : "Encore une adolescente en larmes... L'armée me déçoit vraiment." Sick se débattit un instant.

- Serpent...

Graëchen jeta un regard à Melicerte :

- Lieutenant, que faire d'elle ?...

Graëchen l'aurait bien fait descendre ; cette travestie aurait servi d'exemple pour les autres militaires.... Mais ça, c'était sans compter l'arrivée impromptue de... Oh non, pas lui !

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MessageSujet: Re: [CLOS] Assemblée Générale Extraordinaire. [24/12 dans la soirée]   Ven 4 Fév 2011 - 21:52

[hrp : c'est bon pour moi ^^]

Cet endroit est habité par les démons ! Quelle est cette folie ?! Je suis en train de m'asperger un peu d'eau sur le visage lorsqu'une détonation déchire le calme relatif de l'école.

Et voilà que le golgoth surgit à nouveau. Il passe juste devant les toilettes où je suis réfugié, soudainement tremblant de trouille. Un vacarme innommable s'en suit. Il y a un certain nombre de bruits lovecraftiens parfaitement dégoûtants. J'en prends une violente crampe qui me glace le bide.

Et tout aussi soudainement, il faut que j'étanche ma curiosité. Il faut que je sache pourquoi dans cet endroit, il se passe des choses qui défient les lois et les normalités. Le cœur au bord des lèves, tout palpitant d'un attrait narcissique et malsain pour l'horreur, j'apparaît lentement dans l'entrée de ce qui semble être le bureau du docteur Jekyll.

J'identifie immédiatement la source du carnage. Un démon à la crinière diatonique s'apprête à rendre un dernier outrage à sa proie.
Uas-yib, H'keghau, Ekrllarlos… quelque soit le nom de cette créature, elle ricane et se gondole du plaisir malsain qu'elle prend à dominer sa victime.

Me décalant légèrement, j'aperçois le visage de Graëchen. Concentrée, jubilatoire d'un sadisme trop longtemps refoulé et portant définitivement les marques d'une passion en train d'être assouvie. Elle ne m'a pas encore remarqué, ce qui me permet –rapidement- d'achever mon tour d'horizon.

Et c'est là que je repère les blessés. Hormis la silhouette féline terrassée au sol, il y a une rousse dévastée. Son visage serait peut-être séduisant s'il n'était en cet instant marqué par des émotions contradictoires : la haine, le chagrin, la douleur, le soulagement et peut-être même, la jouissance. Oui, je ne comprends pas pourquoi mais… on dirait.

Et derrière… oh, Edmond. Comprimant une blessure au bras dont personne ne semble se soucier. Eternel geek. Forever alone. Forever a stone. En cet instant, c'est ta solitude renfrognée qui joue contre toi. Une bouffée de déraisonnable compassion me saisit mais je me reprends aussi sec lorsque mon regard retombe sur la scène sanglante qui se joue par terre… et croise celui de Graëchen.

Je racle le sol d'une pantoufle maladroite et hésite entre plusieurs attitudes. D'un côté mon instinct me commande de quitter les lieux. Faible parmi les innombrables voix qui m'enjoignent de poignarder le Cthulhu dans le dos, de réconforter la rousse ou de regarder le visage de la silhouette noire. Etrangement, plus rien en ce qui concerne Edmond. Bah… chacun son destin. Ainsi conspirent les Parques. Et ainsi de suite.

J'avance mécaniquement d'un pas, manque de glisser sur la flaque sombre qui dégoutte au sol et porte une main à l'intérieur de ma robe de chambre pour attraper un petit paquet rectangulaire emballé de (love)kraft grossier.

- Joyeux Noël Graëchen ! dis-je en lui tendant le cadeau.

Je sens bien que j'ai gâché l'ambiance.
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Graëchen Doe
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MessageSujet: Re: [CLOS] Assemblée Générale Extraordinaire. [24/12 dans la soirée]   Sam 5 Fév 2011 - 0:22

HRP : j'aimerais qu'on fasse un rythme bizarre : Meli - Graechen - Meli - Sick - Vostok - Edmond - Edgar ... En fait je voudrais régler la conversation graechen - Meli avant de recommencer... Désolée s'il y a des fautes... Finalement j'arrivais pas à dormir donc j'ai fait ma rep sur l'ipad...

Une mise au point s'impose, alors je propose de faire un tour de table :

En premier, Melicerte :
Dans la rue, nous nous étions mutuellement séduites. Depuis, j'avais totalement perdu le contrôle. Ça me faisait bien chier d'ailleurs. Ça ne devait pas se passer ainsi... J'avais envie d'être son amie. J'avais envie qu'elle m'aime, un peu. Oui, je sais, c'est égoïste, mais avouez-le, ça ne vous surprend pas plus que ça, venant de moi... Et puis bon, en France, le mariage gay n'est pas autorisé... Mais j'aurais voulu que nous devenions amies... J'avais simplement besoin de me dire que mon grand frère en chaussons et peignoir mal fermé (j'aurais aimé ne pas en deviner autant) n'était pas la seule personne à me souhaiter un joyeux Noël spontanément. Même Edmond ne me l'avait pas souhaité (et vu son état il ne me le souhaiterait probablement pas...). Je ne voulais pas que ça se passe ainsi.
Car pour moi, et uniquement parce qu'elle n'avait pas réagi au bon moment (vachement trop tôt), Melicerte était une ennemie. Si elle ne mourait pas ce soir, elle mourait plus tard... Elle avait craqué quelques minutes avant d'en avoir le droit. Ça suffisait pour que je me braque. Comprenez, devant tous les autres, je ne pouvais pas céder sur certains terrains... Et l'autocuiseur parlant était de trop. Je suis capricieuse. Je ne voulais pas qu'elle soit mon ennemie. Il fallait qu'on parle...

Après, Edmond :
Pauvre petit frère. Je n'étais pas désolée le moins du monde de lui avoir tiré dessus, mais ça n'était pas de sa faute si je l'avais fait. J'avais besoin d'éliminer un peu la pression. Il avait le prétexte pour éviter à Melicerte de le faire elle-même et de ne se faire tuer par Vostok. N'empêche, je ne pouvais pas grand chose pour lui : j'étais physicienne, pas chimiste. Et puis même si j'avais des notions d'anatomie, j'avais quatre autres chats à fouetter. Et la chimiste, elle, ne semblait décidée à rien de bon à son sujet. Alors, il attendrait ou il mourait. Tiens bon Edmond. Je t'ai pas supporté tout ce temps pour me résigner à t'abattre d'une balle dans l'épaule...

Vostok :
C'était le seul qui faisait du bon boulot. Et même s'il pouvait se gratter pour entendre ces mots : merci pour tout. Il pouvait se gratter parce que je n'étais pas du genre à prononcer ce genre de phrase (encore moins en public, malgré l'inconscience de son protégé) et aussi parce que cette soirée cauchemardesque était en partie son oeuvre.

Le soldat :
Son cas restait en suspens. D'ailleurs :

- On réglera ça plus tard, dis-je en me relevant pour saluer mon frère.

Et enfin pour Edgar Allan Doe :
Saloperie de bordel de merde de salaud de bâtard parasitaire que je t'enverrais volontiers nager avec les petits poissons (et les cadavres) dans l'océan... Et de lui jeter mon sourire carnassier-hypocrite (digne d'une grande politicienne, en fin de compte, un sourire à la Nicolas Sarkozy) à la gueule. J'ai dû lui balancer un "comme ça fait plaisir de te voir, Edgar !" mais ça sonnait tellement faux que je ne me suis pas entendue... Je lui ai fait face, sans lui faire la bise ni lui tendre la main... S'il savait où il pouvait se le mettre son cadeau...
En règle générale, je n'avais rien contre lui, mais là ce n'était vraiment, mais alors vraiment, pas le moment. Mes deux armes m'emmerdaient alors j'en au pris une au pif (celle de Melicerte) et je l'ai glissée momentanément dans mon décolleté et j'ai pris le cadeau comme s'il s'agissait de la peste elle-même. Retenir mon soupir. Retenir mon envie de lui claquer la porte à la gueule. Et de m'apercevoir qu'avec les allées et venues des deux chauds lapins (j'ai nommé la fille aux cheveux blonds en noir et Vostok), la porte n'y ressemblait plus. La tôle était froissée. Mais comment avaient-ils pu faire ça ?!

- Edgar, ce n'est pas le moment. Alors ou tu te rends utile et tu fais quelque chose pour ton frère, ou tu rentres chez toi... Et si tu sais pas où aller, prends les clefs de ma maison dans mon sac...

Je devais avoir couvert toutes les possibilités. Bien sûr, j'étais certaine que c'était trop facile ainsi, mais j'avais un dernier chat à fouetter avant de pouvoir reprendre mon existence... J'ai balancé le cadeau sur le bureau et ai repris mon arme (froid, froid, froid !). J'ai fait signe à Melicerte de me suivre dans le fond de mon laboratoire. Il fallait qu'on parle, qu'on mette les choses au clair. Tout de suite. Et apres, je voulais bien inviter tout Heaven à venir s'asseoir sur mon visage, juré...

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MessageSujet: Re: [CLOS] Assemblée Générale Extraordinaire. [24/12 dans la soirée]   Sam 5 Fév 2011 - 11:29

Je suis glacée, pétrifiée d'effroi et de honte. Lorsque la détonation a retenti, j'ai cru –espéré peut-être- que c'était pour moi. J'ai même tressailli comme sous l'impact, les muscles contractés, une grimace sur le visage. Je crois avoir laissé échapper un cri, je ne suis plus à ça près.

Mais nan, c'est cet enfoiré qui a pris la dragée ! Incroyable. J'ai vraiment du mal à piger ce qui se passe dans la tête de Graëchen. La pause fournie par l'entrée (le retour) du soldat noir me permet d'y réfléchir. S'en suit pas mal de merdier auquel j'assiste en spectatrice fantomatique. Désincarnée.
Je mets à profit ce court instant pour me remettre a peu près d'aplomb ; écraser les larmes sous mes paumes, réprimer les hoquets et redresser les épaules.

Graëchen ne m'a pas tuée.

Pas encore du moins. Bon sang, je n'arrive même plus à avaler ma salive. Trop pâteuse, trop chargée de muqueuses grasses. Je renifle. Ça n'arrange pas les choses.
Sur le coté, le petit frère se tortille comme un anguille dans le sel. Il a mal et sa souffrance et un gentil palliatif à mes propres maux. J'ai envie de crier, "bien fait pour ta gueule ! La prochaine fois tu la boucleras compris ?!". Et j'intuite que c'est un peu le message que la tête de 9mm a fait passer dans son épaule.
Graëchen n'est pas partageuse. Quand elle tient le crachoir (ou à plus forte raison, quelqu'un), personne n'est autorisé à mettre les pieds dans le plat.

Et puis elle me demande mon avis. Il n'y a pas à s'y méprendre, "lieutenant" ça ne peut pas être cet espèce de gorille tout luisant de fluides divers qui vient d'enfoncer porte, épaule, délicatesse et de renverser la situation.
Je regarde le soldat au sol. Je suis étonnée de croiser le regard d'une fille. Mais vu le milieu dégoulinant de testostérone où il… pardon elle… évolue, ce n'est pas forcément étonnant. J'ai déjà vu des donzelles pas trop formées faire la même chose.

Situation de merdre pour elle. Elle n'a aucune raison de repartir en un seul morceau maintenant. Peut-être que je pourrais glisser un mot pour l'aider. Mais alors quoi ? Je ne sais pas.
Je n'ai rien à répondre alors je ne dis rien. Je ne suis pas en état d'évaluer la situation et d'ailleurs, je suis presque certaine que Graëchen ne me demande ça que pour la forme. Ou pour me titiller, ce qui revient au même.

Mais Graëchen ne m'a pas tuée.

Ce qui ne veut pas dire qu'elle n'en a pas l'intention. Mais j'ai peut-être encore quelque chose à faire avant. Mais quoi ? Va-t-elle m'obliger à m'humilier encore plus ? Est-ce un rituel d'asservissement ? J'ai envie de massacrer tous les témoins de cette scène et de repartir à zéro. Juste elle et moi. On s'explique, on se galoche ou s'entretue et on en parle plus.

Et justement, voilà qu'un autre figurant déboule dans la scène ! Alors lui soit il n'a rien pigé, soit il est dingue, soit il est parfaitement insouciant et sûr de lui. Vu la dégaine, j'opterai pour les deux premières. D'ici, je vois les marques de l'alcool dans ses yeux. Pas ivre mais imbibé. Assez pour faire une connerie comme… tendre un cadeau à Graëchen ?

Le plus étrange c'est qu'elle ne le descend pas directement. Je suppose qu'elle aussi arrive à cette forme de saturation où l'on réalise que flinguer les gens un par un à mesure qu'ils entrent ne règlera pas le problème de la surpopulation de la pièce. Surtout si toute la ville a décidé de se donner rendez-vous dans son bureau… ce qui semble bien devoir être le cas.

Graëchen m'a épargnée… ultime humiliation ? Au japon médiéval je me serais suicidée pour laver mon honneur.

Je localise l'énorme fusil posé près du gosse qui se tortille par terre. Un Pancor Jackhammer automatique, 240 coups/min en calibre 12. Bien, je connais mon manuel. Mais je ne saurais pas m'en servir. Tout ce que je sais, c'est qu'à cette distance, je pourrais hacher tout le monde en pièces.
Seulement… il y a le monstre… et cette tête de bobine qui vient de lui crever le bras. Répugnant. Combien d'autres armes il peut planquer sur lui comme ça ?? Et surtout où ?? Je guigne bien involontairement l'endroit que les hommes considèrent comme leur 'arme absolue' ce qui me met très vite mal à l'aise.

Je reviens à la silhouette cintrée de Graëchen. Raide et tendue mais jolie à sa manière. Ça me tue. Elle reste stable dans ce chaos insensé. Une présence dominante et incontestablement en prise avec la situation. Alors que moi, je suis de plus en plus perdue…

Graëchen m'a gardée pour son quatre heure.

Alors, je suis presque soulagée quand elle me fait signe. D'accord. Passons directement au moment où on abat nos cartes.
Si on ne peut pas étriper tout ce petit monde, le mieux c'est sans doute de tirer notre révérence en effet. Mais est-ce prudent de laisser un dingue, un blessé, un espion et… un… heu ahuri… dans la même pièce ? A vrai dire je m'en fous.

Nous passons dans cette seconde salle obscure que je me souviens avoir traversée lors de notre précédente entrevue. Je me mordille encore les lèvres, consciente que je devrais dire quelque chose mais incapable de me décider entre le ridicule, l'absurde ou l'idiot.

D'un autre côté, je sais que Graëchen se refusera à me courtiser. Je dois –à nouveau- prendre une décision seule.
Je renifle bruyamment. Tout ce petit moment où j'ai été mise à l'écart m'aura au moins permis de retrouver une partie de mes esprits. Voilà pourquoi je commence directement :

- Je n'ai besoin de savoir qu'une seule chose Graëchen. Est-ce que ça en vaut vraiment la chandelle ?

De m'avoir laissée en vie. De rassembler ce ramassis de cinglés. De continuer à nous fréquenter. De m'acharner à essayer de trouver en elle, ce qui me manque atrocement au point que j'en suis réduite à ça… mendier pour ma vie, mendier pour qu'elle m'accorde mieux qu'un sourire factice ou un battement de cil. Réduite à un stade de préadolescence où je m'interroge sur ma sexualité, sur ma vie, mon avenir et les gens qui détermineront ma personnalité.
Maintenant que la rage rouge est partie, que l'hystérie humide a séché, j'arpente le sol dur, très dur, d'une résolution en acier trempé. Forgée à l'une et solidifiée à l'autre. Je suis prête à nous tuer l'une et l'autre si sa réponse ne me plaît pas. Je suis plus forte et plus rapide, je n'aurais aucun mal à la désarmer et à faire ma besogne de militaire.
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MessageSujet: Re: [CLOS] Assemblée Générale Extraordinaire. [24/12 dans la soirée]   Sam 5 Fév 2011 - 15:08

HRP : quoi que tu fasses, je le rappelle : je refuse de la tuer. ><"

J'ai haussé les épaules. Je me trouvais à la fois hilarante et complètement timbrée de faire ça en tenant deux armes à feu, dont au mois une qui n'avait pas son cran de sécurité, mais au final, je l'ai fait quand même. En réalité, je n'avais rien à dire à Melicerte. Est-ce que ça en valait la chandelle ? Oui, sinon je ne le ferais pas. Mais si elle ne croyait pas en mon intelligence supérieure, non ça n'en valait pas la peine. Mais bien sûr, elle était trop rationnelle, probablement, pour me confier son existence juste parce que j'avais la prétention de dire qu'à l'armée, c'étaient tous des gros cons... Sans vouloir vexer personne, bien entendu. Mais d'un autre côté, un simple haussement d'épaules ne suffirait pas alors...

- Ca dépend de toi...

Mais si je voulais lui parler, ce n'était pas de ses problèmes existentiels. Si elle avait besoin d'une épaule pour pleurer, je voulais bien me la jouer, APRES notre conversation. Je me répète : tout Heaven pouvait venir s'asseoir sur mon visage, je m'en taperais l'oreille gauche avec une babouche. Bon, je leur ferais grassement payer... Après. Je voulais aborder le sujet de son adhésion ou pas à l'Ombre. Soyons claires : Je la voulais. C'était une exigence. Mais je n'allais pas lutter pour l'avoir. Premièrement je ne savais pas comment le faire, deuxièmement ça n'était pas mon genre et troisièmement : j'avais la flemme. Mais elle ? Qu'est-ce qu'elle voulait à la fin ? Elle voulait être avec moi, dans MON camp, ou elle voulait juste que quelqu'un lui témoigne un peu d'affection ? Non parce que s'il s'agissait en fait de ça, je pouvais toujours lui indiquer le bar où nous avions sympathisé : quelque chose me disait que le travesti bourré qui l'avait accostée attendait encore...

J'ai poussé un soupir silencieux. Juste un soupir d'exaspération vis-à-vis de la scène qui se déroulait derrière nous. Entre Vostok et la gonzesse qui semblaient sérieusement amourachés (à moins que la lueur dans son regard à elle ne soit de la haine et du dégoût...), Edmond et Edgar Allan (un nom ridicule ; mon père avait été sérieusement stupide à son époque) de l'autre côté. Mon dieu, si Edgar se mettait à faire du bouche à bouche à Edmond, je me tirais une balle dans la tête. J'en avais assez vu pour aujourd'hui. Je voulais que ça CESSE. Regardant la scène de cet oeil sérieusement désabusé, je me retournai vers elle et posai l'arme de la blondie travestie sur la première surface solide qui passait par là. (Que de travestis dans mon entourage...)

- Tu as raison, ce sont des gamins. Mon frère n'a pas seize ans, pourtant je sais qu'il peut entrer dans n'importe quelle base de données. Le type étrange dont on ignore ce qu'il est vraiment est sérieusement stupide mais pourtant fidèle et efficace comme cinq personnes. Et si je n'ai pas "d'autocuiseur parlant", j'ai un rat complètement dégénéré... Laisse-leur une chance.

Pause.

- Laisse-moi une chance.

Au marché noir, j'avais dit : "j'ai besoin de toi". Je n'avais pas dit "l'Ombre a besoin de toi". Non, moi et seulement moi. Alors si on devait régler nos comptes, je le ferais en mon nom et pas en celui de l'Ombre (bien que l'Ombre ne soit pas très loin derrière). Mais maintenant changeons de registre. Maintenant, je reste moi-même, mais tout de même, je lui montre que je sature. Maintenant, je la teste carrément. Et ou ça s'arrête là, ou elle nous rejoint dans la minute.

- Je n'ai pas envie de lutter contre toi.

Pause. J'ai pris son arme par le canon et la lui ai tendue.

- Alors si tu dois me trahir, fais-le maintenant, on gagnera du temps... et de l'énergie...

Je me suis posée contre la paillasse et ai fermé les yeux... J'aurais pu m'endormir. Ne pas me réveiller. Reprendre mes travaux de scientifique, trouver le mystère de ma montre, et par conséquent construire une maquette de l'espace-temps REELLE... Mon côté mégalomane évadée de prison me pousserait peut-être à trouver comment contrôler l'espace temps. Et j'y arriverais, parce que quelqu'un comme moi peut tout faire (et même foutre l'armée hors d'Heaven avec trois ou quatre dégénérés notoires ; regardez, Hitler a bien réussi à convaincre les allemands de massacrer sans distinction les juifs...). Je vendrais le secret aux américains (ou aux chinois) et je serais milliardaire. Et je me ferais bien chier aussi... Mais partant de là, je pourrais enfin mourir en paix.

Et si elle tirait ?

J'ai toujours su que je mourais prématurément. À la rigueur, je préférais que ça se passe ainsi.

- Je suis fatiguée.

Ce bluff général me fatiguait vraiment. En fait, je ne savais rien à propos de personne. Mais les gens, je ne sais pourquoi, terminaient toujours par me confier leurs secrets, leur existence, et ses retrouvaient à poil devant moi. C'était une capacité que j'avais affutée avec le temps... N'empêche que c'était éreintant de le faire à longueur de journée... Surtout qu'avant le seul en droit où j'étais vraiment peinard c'était dans cette saloperie de bureau... J'aurais pu fondre en larmes, mais depuis le temps que je ne l'avais pas fait, mes glandes lacrymales étaient à sec.

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MessageSujet: Re: [CLOS] Assemblée Générale Extraordinaire. [24/12 dans la soirée]   Sam 5 Fév 2011 - 17:49

hrp : suspens !

Je ne lui ai pas demandé de putains d'explications… juste une certitude à me caler sous les molaires pour ne pas remâcher le goût amer de ma récente crise de nerfs. Ça et le besoin de réconciliation que j'ai... comme un couple après une engueulade. Bon sang, on a même pas couché ensemble ! Je n'ose imaginer ce qui se passerait si c'était le cas. Venant de n'importe qui d'autre, j'aurais sans doute rétorqué par une paire de claques mais venant de Graëchen il me faut bien admettre qu'il doit s'agir d'un effort particulièrement pénible.

J'ai un bref aperçu de sa lassitude. Du combat intérieur qu'elle mène pour rester à flot et de ses propres égarements psychotiques. Ça me rassure. Non pas qu'elle ait des faiblesses, ça je le savais déjà. Mais qu'elle s'en ouvre ainsi devant moi. Voilà ce que je voulais savoir. Et cette bouchée emporte le gâteau comme disent les anglo-saxons. Oui, voilà exactement ce dont j'avais besoin. Cette... petite... étincelle.

Mes doigts se referment presque machinalement sur la crosse de l'arme qu'elle me tend. Cette arme que j'ai manipulée pendant si longtemps que j'en reconnais la moindre éraflure sur le canon. Je me rapproche d'elle, pas après pas, le visage exprimant tour à tour l'abandon, l'inquiétude et une autre forme de sentiment trop personnel pour que je puisse l'assumer.

Bordel oui ! J'exulte littéralement par tous les pores de ma peau de tenir ainsi Graëchen à ma merci. Dire qu'il ne me suffirait que d'appuyer sur la détente… Le pistolet est chargé. Je le sens au poids. Ce n'est pas du bluff de ce côté. J'appuie le canon entre ses seins, sans trop forcer. Juste pour lui en faire sentir la présence… et peut-être arriver à sentir les battements de son cœur par l'entremise de ce bout de métal glacé.
Je suis maintenant très proche. Trop proche pour garder la tête froide.

- Je suis fatiguée aussi, dis-je en échos à ses propres mots. Fatiguée d'être trop faible.

Mes sourcils froncés, des rides qui me plissent le front, je me sens vieille. J'ai besoin de force. Mais pour moi, Graëchen est-elle une source ou une sangsue ? Je suis prête à accepter qu'elle se serve de moi si j'en retire ce dont j'ai besoin. Je suis prête à m'avilir si elle me laisse l'approcher encore comme cette nuit. Si elle se livre à moi et m'offre la sensation d'être importante. Car plus elle est forte… et plus j'aurais la sensation moi-même d'être forte en épousant intimement les contours irréguliers de sa face vulnérable non ?

J'ai besoin de le croire. J'ai peut-être juste besoin d'un doute…
Je recule à présent jusqu'à pouvoir tendre le bras droit devant moi. Je tiens toujours Graëchen en joue. Je ne pipe mot, me contente juste de soutenir mon poignet comme on me l'a enseigné, pour compenser le recul.

Mon index raccourcit la distance entre la vie et la mort… et au dernier moment, j'annule tout. Non, ce n'était juste qu'un manière d'écluser ma nervosité. Je n'ai pas vraiment envie de tout foutre en l'air juste pour le plaisir douteux de savourer ma supériorité. Dubitative je tapote maintenant le canon de l'arme au creux de ma paume, donnant sans doute l'air d'hésiter sur la conduite à suivre.
Finalement, avec un soupir, je presse un bouton situé sur le flanc du Beretta pour le démonter. Le canon glisse avec un raclement. J'inspecte le tout d'un oeil critique avant de réassembler les pièces machinalement.
Puis je repose l'arme à côté de l'autre sur la table et regarde la jeune scientifique à qui j'ai donné mon âme droit dans les yeux.

- Cette arme. Entretiens là.

Je pourrais presque esquisser un sourire mais c'est bien la dernière chose que j'ai envie de faire.

- Il ne faut pas laisser la poussière s'accumuler ainsi ou elle te pètera à la figure. (Je ne peux pas m'empêcher de me rapprocher à nouveau) Je ne voudrais pas que tu me donnes des ordres avec trois doigts en moins et une vilaine cicatrice sur le visage.

Notez que je n'ai rien précisé à propos d'une trahison éventuelle... non pas que j'y pense. Mais je n'ai pas oublié le coup de "pute" qu'elle m'a servi sans ciller. Qu'elle rumine donc un peu à ce sujet, ça ne pourra que nous rapprocher. Et en cet instant, j'ai tellement envie d'être proche d'elle que je crois que je pourrais me changer en suée pour tremper sa peau de moi.
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MessageSujet: Re: [CLOS] Assemblée Générale Extraordinaire. [24/12 dans la soirée]   Sam 5 Fév 2011 - 20:50

HRP : oui je ressors mon dictionnaire petit à petit. Ca me fait réviser mon français. Merci.
J'espère que ça te va, sinon, je modifie avec plaisir.
On repart sur du Méli - Sick - Vostok - Edmond - EA ?

J'aurais pu mal prendre ses remarques sur l'entretien de l'arme, mais tout de même... Je n'allais pas pousser. Ca aurait pu très mal se passer, reconnaissons le. Premièrement, elle aurait pu me tuer, mais elle aurait aussi pu tout simplement tirer à côté... Et ce serait reparti pour un tour d'angoisse. Je serais revenue vers elle (peut-être parce que MOI au moins j'agis comme une adulte, ou peut-être juste parce que la scène lui aurait ordonné de se cacher plutôt que d'oser m'adresser la parole - voilà le revers de la médaille) et on aurait recommencé, en boucle. J'avais lu un auteur, il y a quelques années, qui avait écrit une nouvelle oppressante intitulée : "Cette impression qui n'a de nom qu'en français". Ca parlait d'une femme vivant un parcours horrible en cauchemar, et se réveillant en sursaut juste avant le départ du parcours... Seulement, elle le vivait réellement. Jusqu'à ce qu'elle se réveille... Et il tenait peut-être quarante pages à réécrire quasiment la même chose à chaque fois... Ca rend fou. Mais, ça s'était bien passé. On avait ravalé la partie immergée de notre fierté tout en ménageant la partie submergée. Je ne pouvais que lui en être redevable. Et peut-être qu'ainsi on pourrait parler affaires. Et ça ne serait pas trop tôt.

Pendant ce temps, dans la pièce d'à côté, on entendait aucun bruit. J'ai eu la flemme de me tourner pour regarder. En plus, je ne voulais pas qu'elle s'enfuie pour aller sauver/exécuter sa copine travestie. Quand même. Soit, elle voulait de l'importance (À mes yeux ? Aux yeux du monde ?), ça tombait bien, j'avais prévu de lui en donner une bonne dose. Seconde en chef. Avec les responsabilités, les avantages, l'importance, et cerise sur la gâteau, la possibilité que je l'appelle toutes les dix minutes pour un détail. Vive la promiscuité. Vivent les nouvelles technologies permettant de joindre n'importe qui à n'importe quelle heure avec n'importe quel motif et dans n'importe quel but. Je sentais que j'allais m'amuser autant avec elle que j'avais pu jouer avec le téléphone d'Alexander Belmont (Dieu - s'il existe - aie son âme).

- Je voulais...

Mais j'avais la bouche pâteuse, la langue lourde et sèche me faisait presque mal. J'ai regretté mon erlenmeyer de vin là-bas, si loin sur ma paillasse. J'étais gênée. C'était toujours très intense, avec elle. Est-ce qu'on était homosexuelle ? Moi je ne m'étais pas posé la question. Toutefois, si être homo me permettait de me blottir dans ses bras, alors pourquoi pas. Mais je pensais juste qu'on était très seules, très en manque et qu'on se rabattait l'une sur l'autre par pur instinct (grégaire ?).

- Quand je t'ai proposé de m'aider, j'étais à la recherche de quelqu'un pour me seconder...

"Je serais ravie que ce soit toi." Ca j'aurais voulu le dire, mais ça ne voulait pas sortir. Ca n'était même pas coincé dans ma gorge. La seule idée de m'entendre dire ça me glaçait le sang et me donnait de sérieuses envies de meurtre... J'ai déglutit longuement. Je cherchais mes mots, et ma voix devenait rêche.

- Ca... Hum ! Ca impliquerait de... M'aider à gérer les "enfants".

Pause. Poser mon index droit sur la joue correspondante. J'avais les mains moites aussi. Rentrer à la maison, prendre une bonne douche.

- Et d'autres choses... Mais ça dépendra de si tu restes "là-bas" ou si tu désertes.

Pause... Non elle ne s'en tirerait pas comme ça. Mais il fallait que je la prévienne tout de même d'un détail.

- Mais je dois te prévenir : j'aurais tendance à te faire confiance mais si tu choisis d'y rester, je te ferais surveiller. Question de survie...

J'allais mourir prématurément (question de statistiques qui me donnaient moins d'une chance sur cent mille), mais si je pouvais atteindre mes vingt ans avant... Ce serait à la fois agréable, et pratique. J4avais encore un petit espoir de fonder une "famille" (une famille contenant d'autres enfants que mes frères et Vostok). Et puis, ça me permettrait d'avoir plusieurs espions dans l'armée. Mes préférences ? Qu'elle tranche complètement. Qu'elle passe ses journées avec moi à sombrer lentement dans une mégalomanie sévère. Qu'on fasse une thérapie de couple. Qu'on trucide le psychanalyste... Ensemble.

Toutefois il restait une dernière chose que ma moralité (en sérieuse hausse à son contact) m'imposait de lui communiquer. Et encore une fois, je me répétais. (Exaspérante existence où personne ne comprenait rien du premier coup...)

- J'ai besoin de toi.

J'ai tourné la tête vers la scène. La blonde me foudroyait du regard. Elle imaginait avec délice comment elle m'écharperait. J'étais dans un bon jour et j'aurais tendance à examiner la possibilité de la soudoyer. Mais ce serait à Melicerte de décider. J'étais aussi dans ce genre de bons jours où je laisse mon prochain agir un peu par lui-même. J'espérais qu'il n'était pas encore minuit et que je ne me trainerais pas comme ça toute la journée de Noël. En plus j'avais un cadeau à ouvrir.

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